Notre Voie (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Après l'adoption des lois de Marcoussis par ordonnance, le chef-rebelle Chérif Ousmane : "Je n'accorde aucun crédit à la déclaration de Gbagbo

Koukougnon Zabril,(envoyé spécial à Bouaké)

18 Juillet 2005


"En tant que com-zone, je n'accorde aucun crédit à la déclaration de Gbagbo. Nous sommes arrivés pour déloger un pouvoir et nous nous y attelons. Notre branche politique fait de la politique. Nous, nous n'avons pas abandonné", a déclaré le chef- rebelle Chérif Ousmane, samedi dernier, au cours d'un meeting organisé au quartier commerce à Bouaké.

En compagnie de Koné Amadou, directeur de cabinet de Soro Guillaume, avec qui il co-animait ce meeting, le chef militaire de la rébellion a dit que le désarmement est concomitant et que, pour lui, FANCI et groupes d'autodéfense sont un seul et même ennemi. "Je suis le porte- parole de tous les chefs de guerre. Ce que je dis, c'est ce que nous pensons tous", a-t-il soutenu devant la foule rassemblée en face de la nouvelle librairie de Côte d'Ivoire.

Amadou Koné a affirmé qu'il était là pour réparer une faute, celle de n'avoir pas pu informer la population depuis son retour de pretoria. S'exprimant avant le com-zone de Bouaké, il a refusé de se prononcer sur la déclaration du chef de l'Etat. "Nous attendons, avec le "G7", que des actes soient posés. Nous attendons des faits", a-t-il dit. Il a, ensuite, informé son auditoire qu'avant de venir à ce meeting, il a eu un long entretien avec le rebelle-ministre Issa Diakité. "Il vous demande d'accueillir les agents de l'institut national de la statistique et de vous inscrire très massivement sur les listes électorales. Vous devez le faire sans aucune exception".

Selon une rumeur savamment entretenue, le pouvoir d'Abidjan se préparerait à attaquer les rebelles sur leurs bases, une fois rassemblés dans le cadre du préregroupement. Amadou Koné a demandé, à ce propos, aux populations de ne rien craindre. "Si nous sommes attaqués pendant le préregroupement, nos éléments positionnés à Abidjan vont entrer en scène. D'ailleurs, le désarmement est concomitant".

Evoquant le problème devenu crucial de l'eau et de l'électricité, Amadou Koné a regretté le fait que ce sont les cuves de l'ONUCI qui servent à ravitailler la population. A Bouna, la situation est plus grave. "Là-bas, une épidémie de choléra a fait plus de 100 morts. Je suis pour que vous payez l'électricité et l'eau que vous consommez", a-t-il conclu.

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