Colette Djayou (Stagiaire)
22 Juillet 2005
Le Syndicat des instituteurs fait un diagnostic de la situation.
«L'éducation de base est malade au Cameroun dans sa gestion, ses infrastructures, ses hommes chargés de la faire avancer. Ces maux font en sorte qu'elle ne peut pas pleinement assumer le rôle qui lui est assigné. Cela est lié à la démission totale de l'Etat, qui n'assume pas ses fonctions, en instituant une éducation libre pour permettre à tous d'avoir accès à l'éducation, en donnant des moyens à tous ceux chargés de l'enseignement de pouvoir bien travailler». Parole du secrétaire général du Syndicat national indépendant des enseignants de base (Snieb), Ngollo Ngollo. C'était le 20 juillet dernier, au Norbert Kenne Memorial Peace House du service oecuménique pour la paix, lors de la séance d'ouverture du 4ème congrès du Snieb, dont le thème principal est «La crise de l'école primaire au Cameroun et ses conséquences pour un développement durable».
Au cours de ces assises, il a été question de poser les problèmes qui minent l'environnement éducatif au Cameroun, de montrer ses conséquences et de proposer une ébauche de solutions à l'égard de cet épineux problème. Parlant des difficultés, l'on a relevé, tant du point de vue administratif, pédagogique, qu'endogène, le manque de qualification des enseignants, la non précision dans les textes, la gratuité de l'école primaire et maternelle, le favoritisme et la corruption dans le recrutement des enseignants, la rétention et la gestion occulte des frais d'Association des parents d'élèves
A en croire le secrétaire général de Snieb, le redoublement des échecs scolaires, la déscolarisation massive, la croissance de la délinquance juvénile, le gangstérisme, la prolifération des sectes, la prostitution, la «feymania» sont autant de conséquences inhérentes à la crise de l'école au Cameroun. Car, «Un enfant bien formé acquiert vite des capacités et des compétences qu'il peut mettre à profit, non seulement pour se prendre en charge soi-même, mais pour se mettre au service de la société toute entière», a mentionné, Moïse NJiké, délégué statutaire du Snieb.
Pour remédier à ces difficultés, quelques suggestions ont été émises : la révision systématique des politiques en matière d'éducation, la traduction dans les faits de la gratuité de l'école primaire, la revalorisation de la profession enseignante par un traitement salarial à la hauteur des devoirs, la sanction sans faiblesse ni état d'âme des gestionnaires indélicats, l'assurance d'un financement suffisant et direct aux écoles primaires, l'accélération du processus d'intégration à la Fonction publique des instituteurs vacataires, sans condition d'âge et en tenant compte de leur ancienneté. Ce dernier point s'avérant par ailleurs être une urgence; ce d'autant plus que le Snieb relève un déficit de près de 40.000 enseignants sur l'ensemble du territoire national.
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