Par Mamadou Seye
29 Juillet 2005
éditorial
Les faits ! Apparemment, la clameur publique avait trouvé un nouveau refrain, même lorsque la réalité la plus têtue lui imposait d'ouvrir ses yeux sur la vraie histoire des chantiers de Thiès : la lumière sur l'argent du contribuable sénégalais. L'enquête ouverte sur les travaux de la cité du Rail a passionné une certaine foule arc-boutée sur cette seule et même expression : « Que reproche-t-on à l'ancien Premier ministre Idrissa Seck ». Cette fausse obsession des faits cache mal une politisation d'une affaire judiciaire. Ce glissement a failli créer la situation tant rêvée et consistant à faire du maire de Thiès un prisonnier politique. Idrissa Seck, entendons-nous bien, est un détenu de droit commun. La Justice est en train de faire son travail.
Le document exclusif que Le Soleil vous propose n'est pas une vérité à géométrie variable. Il n'est pas taillé dans l'étoffe d'une humeur changeante selon les intérêts. Il a été confectionné par des hommes de l'art à la confluence de toutes les vertus fondant ce grand bouclier contre l'aventurisme et la démesure : la République. Le texte est un projet de bonne gouvernance articulé autour des concepts de la transparence. Il est surtout signe de la bonne santé de notre système de vérification de la régularité des actes posés par les gouvernants.
Les faits ! Apparemment, la clameur publique avait trouvé un nouveau refrain, même lorsque la réalité la plus têtue lui imposait d'ouvrir ses yeux sur la vraie histoire des chantiers de Thiès : la lumière sur l'argent du contribuable sénégalais. L'enquête ouverte sur les travaux de la cité du Rail a passionné une certaine foule arc-boutée sur cette seule et même expression : « Que reproche-t-on à l'ancien Premier ministre Idrissa Seck ». Cette fausse obsession des faits cache mal une politisation d'une affaire judiciaire. Ce glissement a failli créer la situation tant rêvée et consistant à faire du maire de Thiès un prisonnier politique. Idrissa Seck, entendons-nous bien, est un détenu de droit commun. La Justice est en train de faire son travail.
Le document exclusif que Le Soleil vous propose n'est pas une vérité à géométrie variable. Il n'est pas taillé dans l'étoffe d'une humeur changeante selon les intérêts. Il a été confectionné par des hommes de l'art à la confluence de toutes les vertus fondant ce grand bouclier contre l'aventurisme et la démesure : la République. Le texte est un projet de bonne gouvernance articulé autour des concepts de la transparence. Il est surtout signe de la bonne santé de notre système de vérification de la régularité des actes posés par les gouvernants.
Les inspecteurs généraux d'Etat, charpentes d'un corps forgé comme sentinelle de la bonne gouvernance, ont passé au peigne fin la conduite des chantiers. Fait important, la parole a été donnée à Idrissa Seck, aux ministres Abdoulaye Diop et Salif Ba. Les trois ont apporté des réponses. Ces explications ont été prises en compte dans le texte final produit par les inspecteurs généraux d'Etat. C'est bien plus tard qu'une certaine opinion a déploré « l'acte d'accusation unilatérale » formulée par le Premier ministre Macky Sall. Pourtant, l'actuel chef du Gouvernement n'a fait que reprendre les termes des conclusions de ce rapport dans lequel, comme vous le verrez, Idrissa Seck donne sa version des faits. Cette procédure contradictoire est conforme aux normes du travail de vérification.
Toutefois, il faut souligner que les faits - rien que les faits ! - révèlent l'utilisation de positions de pouvoir pour procéder à des décaissements. Des documents ont été signés par des personnes incompétentes. Même ministres, cette fonction ne les empêche pas de se conformer aux règles de gestion des affaires publiques. Ces manquements ont fait de ces décaissements des « actes inexistants » en droit budgétaire. Ce droit budgétaire sénégalais réfute tout engagement de dépenses sans couverture budgétaire. Le recours au préfinancement, sans ambiguïté possible, est condamné par le Code des marchés publics.
D'autre part, le rapport révèle une gestion des affaires publiques batie sur l'amitié, les connexions multiples, les « coïncidences » troublantes, la surfacturation, le gré à gré, etc. Un scandale dans un pays où encore, des régions ont été spoliées de leurs fonds pour satisfaire la boulimie injustifiée d'un maître des travaux et de ses petits copains prompts à snober les règles de bonne gestion. C'est dans ce cadre qu'est intervenu ce que les inspecteurs généraux d'Etat ont appelé le « détournement irrégulier des objectifs » du Programme triennal d'investissements publics (PTIB). Destinés à toutes les régions, ces fonds publics se sont retrouvés dans le gouffre sans fond de « Thiès 44 ».
Objectivement, devant des faits aussi graves, l'Etat pouvait-il faire comme si rien ne s'était passé ? Non ! L'option prise par les pouvoirs publics n'a jamais été de tomber dans le piège du ping-pong politique et des humeurs partisanes. Le traquenard est posé par ceux-là qui pensent noyer un matelas de milliards sous une fine pluie d'états d'âme. La réalité est plus froide : il est question de transparence sur les deniers publics. Le mérite du système judiciaire sénégalais, aujourd'hui, est de montrer que la fonction dans un parti, un appareil d'Etat ou une commune ne constitue pas un bouclier contre la rigueur et la neutralité du Droit. C'est plutôt la probité morale et l'orthodoxie qui constituent la parade contre des errances dans les choix de gestion. Le chef de l'Etat a montré la voie en transmettant le dossier d'enquête à la Justice. Il n'y avait pas matière à s'affoler si tant est qu'aucun centime n'a été planqué quelque part. Les agités, sans doute, avaient quelque chose à se reprocher. L'instigateur de Tout, sentant de plus en plus la menace qui devait désormais peser sur lui, a ameuté la République et proféré des menaces, affirmant sa volonté, plus tard mise à exécution, de divulguer des « secrets » d'Etat, offensant au passage l'honorabilité du président de la République. Toute choses qui appelaient son interpellation immédiate. Donc de protection, il n'est point question pour qui que ce soit. Il se trouve seulement que la Justice ira à son rythme et intégrera, dans sa démarche, tout fait nouveau susceptible de concourir à la manifestation de la vérité. Aussi la volonté du président de la République de faire la lumière ne souffre-t-elle d'aucun doute. Contrairement à ce qui a été avancé çà et là, il n'a jamais été question, pour lui, de protéger ou de blanchir qui que ce soit, dans cette affaire de milliards. Dans ce débat public sur la justice sociale, il a saisi le Conseil d'Etat pour que le dossier sur les chantiers de Thiès, lourd de plusieurs milliards, soit connu des Sénégalais.
Ce Sénégal-ci, véritablement, a foi aux valeurs de droiture et de respect des institutions. Cette option diffère du bavardage moribond d'un compact disc et des lettres prétendument « libérées » de prison. Ce Sénégal-ci est debout, fier, digne et résolument tourné vers son avenir. Il est porté par le chef de l'Etat, épaulé de tous les hommes de bonne volonté, de quelque bord qu'ils soient. Dans cette marche vers le futur, le Gouvernement donne la cadence, selon un tempo défini par le président de la République. Hier, en Conseil des ministres, le vainqueur du 19 mars 2000 a délivré un satisfecit à son Premier ministre et à ses ministres.
De la part d'un homme d'Etat qui refuse d'ériger la complaisance en style de gestion, ces félicitations ont une haute portée. La République consolide l'ère des grandes réalisations, hors du seul cadre institutionnel. A preuve, ce jour, le Premier ministre lance les travaux de l'autoroute à péage Dakar-Diamniadio, bol d'air d'un décongestionnement de la capitale et facteur d'amélioration de la productivité et de la rentabilité. En langage allégorique, le Sénégal est sur l'autoroute du progrès.
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