Abdoulie John
30 Juillet 2005
En soufflant les deux bougies qui marquent son existence, l'association en a profité pour tenir une journée de réflexion à l'auditorium de l'Ecole Nationale de Développement Social et Sanitaire. Le public a pu suivre des exposés suivis d'échanges sur l'asthme de l'adulte et de l'enfant. Cela a eu l'avantage d'offrir une large palette d'opportunités aux malades, parents et autres participants pour débattre de la maladie, des difficultés liées à la prise en charge, de l'accessibilité des médicaments, etc.
Maladie héréditaire, l'asthme se manifeste chez le malade par des difficultés à inspirer et surtout à expirer l'air contenu dans ses poumons, comme s'il respirait à travers une petite paille. Un sifflement accompagne cette gêne et témoigne du rétrécissement de ses bronches. L'air est emprisonné dans la poitrine, le thorax est bloqué. Cette sensation s'accompagne d'une toux irritante et quelquefois d'un sentiment d'anxiété. Elle ne peut pas se comparer à l'essoufflement dû à l'effort, bien que l'exercice puisse provoquer une crise chez certains asthmatiques.
Considéré souvent comme une maladie imprévisible, l'asthme, d'après ce qui s'est dégagé des discussions fort intéressantes, impose à ceux qui en souffrent une vie affligeante. Si ce n'est pas des crises d'intensité variable (courte durée ou plusieurs jours), les malades sont confrontés, surtout chez les plus âgés, à un essoufflement persistant, qui peut devenir permanent et plus ou moins intense. Un tel état se trouve exacerbé par ce que le Dr Mariam Ly appelle « des facteurs déclenchant ». En fait, l'asthme est dû à une sensibilité exagérée des bronches à plusieurs facteurs dont l'environnement n'en joue pas moins un rôle déterminant. Dans une ville comme Dakar, où la pollution atmosphérique est en train de prendre une envergure dangereuse, il est clair, révèlent les participants à la journée de réflexion, qu'un asthmatique se trouve installé de facto dans la hantise de piquer une crise qui pourrait lui être fatale. Avec les « tas de ferraille roulants » que compte Dakar et qui traînent derrière eux beaucoup de fumée toxique, il devient clair que les malades seront sujets à de nombreuses crises.
Absence de statistiques et problèmes liés à la prise en charge
Au Sénégal, où les statistiques fiables ne sont pas encore disponibles, la maladie n'en continue pas moins de se développer à un rythme inquiétant. Ã- ce propos, l'Ansas rappelle que durant la journée de consultations gratuites, organisées le 4 septembre de l'année dernière, plus de 600 personnes se sont révélé être des asthmatiques. Pour les organisateurs, si les statistiques hospitalières étaient disponibles, il serait aisé d'avoir l'exacte mesure de la situation et d'avoir une visibilité. Par conséquent, ils soulignent qu'une stratégie de lutte n'est viable que si elle est articulée à la réalité des chiffres.
Concernant la prise en charge, le nombre infime des pneumologues fait que les asthmatiques sont dans une situation de laissés pour compte. En dehors de Dakar, les patients vivant dans les régions se trouvent exposés du coup à la mort subite. En fait, en cas de crise d'asthme, ils se fient le plus souvent à leur bonne étoile pour s'en sortir. De l'avis du Dr Mariam Ly, secrétaire à l'organisation de l'Ansas, « il s'agit de développer une campagne de sensibilisation en vue d'amener les personnes, présentant les signes, à se faire consulter et à suivre un traitement. Étant donné que l'on naît asthmatique et que l'on meurt avec, il demeure important, pour le président de l'Ansas, Elhadji Khar Mbaye, « de commencer à nouer des partenariats avec les associations internationales ». Ã- l'en croire, son association s'est déjà inscrite dans la dynamique et compte, dans les mois qui viennent, s'arrimer les organisations internationales pour non seulement bénéficier d'assistance et de conseils, mais également d'aide en médicaments.
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