31 Juillet 2005
communiqué de presse
" Salut, chers compatriotes, directeurs de publication d'organes de presse. Nous(citoyens burkinabé vivant à New York) vous remercions d'avoir publié notre 1er article en mai passé. Une fois de plus nous apportons notre modeste contribution pour l'animation du débat politique. Bien que résidant à des milliers de kilomètres de notre chère patrie, nous sommes préoccupés par l'avenir de celle-ci avec laquelle nous entretenons des liens sacrés.
Nous écrivions à la date du 10/05/2005 une lettre demandant au Président Blaise COMPAORE de tirer, par sagesse, sa révérence en novembre 2005 compte tenu de son bilan socio-économico-politique négatif. Cependant le Congrès extraordinaire du parti majoritaire l'a désigné comme son candidat qu'il veut transformer en " Roi du pays des hommes intègres ". Mais quoi de plus normal quand on sait qu'il n'y a aucune esquisse de " dauphinat " dans ce "ruling parti".
Contrairement à l'UMP ( Union de la Majorité Présidentielle) où SARKOZI ne cache point son ambition de succéder à CHIRAC au CDP nul n'ose prétendre à la succession démocratique au Capitaine ; cela nous semble également normal, car les bonzes de ce parti se souviennent des évènements du 15 octobre 1987 qui les convainquent d'une chose : en éliminant ses compagnons à cause du fauteuil présidentiel , en disgraciant ceux qui convoitent sa place dans son entourage, en liquidant les éléments dangereux pour son règne et en s'entourant d'une garde prétorienne régulièrement filtrée, Blaise lie sa vie au Naam ; il n'a pas risqué sa vie à deux reprises pour céder son fauteuil à qui que ce soit avant sa mort. C'est cette conviction qui distingue les premiers responsables du CDP de ceux de l'UMP.
En d'autres termes, COMPAORE a dompté les militaires et les civils de son sérail tout comme il a apprivoisé les fauves qu'il nourrit à coup de millions dans son fameux parc animalier à Ziniaré. Et tout cela nous paraît normal.
Cependant, lorsqu'il tente de dompter l'opposition, quand il essaie de la modeler à sa guise, cela est simplement antidémocratique voire diabolique.
Les révélations récentes qui ont parcouru le monde faisant état du financement des responsables de l'OBU par le président du Faso sont plus que scandaleuses : aucun démocrate sérieux, fut-il d'une autre galaxie, ne ferait une telle offre, et aucun opposant sincère n'accepterait une proposition de ce genre.
A la lumière de ces faits, COMPAORE et ses soi-disant opposants sont disqualifiés moralement pour les compétitions de novembre 2005. Le peuple burkinabé ne saurait confier son gouvernail à de tels individus : le premier étant animé d'un esprit machiavélique et les seconds d'appétit gargantuesque. Des individus de cette espèce sont déclarés" persona non grata" par la conscience collective.
En croyant et en proclamant que le président COMPAORE est de bonne foi lorsqu'il propose de soutenir financièrement certains opposants pour les rendre forts et tranchants, c'est raisonner par l'estomac plutôt que par la substance grise. S'il était animé d'une bonne intention, il aurait suivi le circuit officiel en augmentant, par les voies légales qu'il n'ignore pas, le financement des partis politiques. S'il voulait de l'existence d'une opposition, aurait-il programmé et exécuté le ralliement du parti de l'éléphant à sa cause ? Non, évidemment ! Il a simplement sacrifié, par la corruption, l'avenir de ce parti et, pire, celui du jeune chef de file de l'opposition. Mais revenons particulièrement sur la question de l'éligibilité de Blaise COMPAORE en novembre 2005.
Le silence artistique du Capitaine et ses oeuvres acrobatiques (marches, meetings, campagnes médiatiques subtiles, corruption d'opposants etc.) achèvent de convaincre, même les plus incrédules, que celui-ci, après ses dix huit sombres années de règne, nourrit l'intention honteuse de rester accroché au pouvoir. De là, nous voulons encore attirer son attention sur un fait : Contrairement aux arguties des défenseurs du régime, ces soi-disant juristes, une éventuelle candidature de Blaise serait illégale.
Nonobstant la modification de la lettre de la Constitution de juin 1991, malgré le remodelage de l'article 37, l'esprit de la Loi fondamentale demeure intact. Il est explicite d'ailleurs pour ceux qui ne la comprennent pas quand il exclut tout pouvoir personnel.
Nul ne peut effacer de l'histoire les deux septennats déjà consommés par Blaise COMPAORE. Les faits sont têtus et leur évidence s'impose à tous. On veut nous faire croire que DEUX plus UN font Un : ce qui est absurde. Mais, pour mieux comprendre la situation d'inéligibilité de l'enfant terrible de Ziniaré, prenons un exemple plus simple de l'application de la loi.
Si un couple s'unit sous une loi permettant la polygamie et qu'au fil du temps on adopte une nouvelle loi interdisant ce régime matrimonial et consacrant l'adoption exclusive de la monogamie, le mari peut-il se prévaloir de l'ancienne loi pour prétendre à un second mariage sans tomber dans l'illégalité ? Non naturellement ! Car il est déjà marié et nul ne peut encore lui permettre cela puisque tous les citoyens naissent égaux en droit et en devoir. Que l'on soit président ou paysan, la loi s'applique à tous.
Cette illustration révèle, aux yeux de tous, le caractère illégal d'une éventuelle candidature de Blaise COMPAORE. Si le président du Faso veut de la démocratie, il doit se soumettre à la loi. Au cas contraire, qu'il décrète le Parti unique comme ce fut le cas en 1978 sous la IIIè République. Ainsi il fera plaisir au Guide de la Révolution d'EL FATEH qui est très allergique à la démocratie et suggère une pirouette acrobatique à ses pairs africains. Quant au peuple burkinabé, il assumera les responsabilités qui sont siennes.
Mais, en attendant, nous croyons, en toute honnêteté, que le président de la cour constitutionnelle, malgré son amitié supposée avec le président du Faso, dira le droit même au risque de sa carrière. Car l'avenir du processus démocratique au Burkina Faso dépendra de la décision que son collège prendra en toute dignité. Nous ne le disons point dans le but d'agir sur quelques consciences que ce soit. Nous rappelons simplement à chacun son devoir duquel dépend l'avenir du pays. Nous voulons que chacun sache qu'il est en poste pour servir la nation et non un individu ou un régime.
Quant à l'opposition vraie, son devoir est d'oublier les discordances passées pour donner une chance à l'Alternance porteuse d'espoir pour le Faso. Nous pensons que rien n'est perdu si elle garde à l'esprit que ses adversaires sont ceux qui gouvernent le pays actuellement. Partant de là, même la multitude de candidats et la diversité des programmes ne constitueront, aucunement, un obstacle à des actions conjuguées et à des alliances salvatrices pour le Burkina.
L'opposition doit rester lucide et vigilante pour conjurer les manoeuvres de division dans lesquelles excellent leurs adversaires. Mieux, elle doit cultiver un esprit grégaire pour vaincre, par les urnes, les ennemis de la démocratie véritable. Nous croyons toujours en elle. Qu'elle ne nous déçoive pas.
Pour le club, le président du mois : GUELBEOGO Abdoul Rachid "
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