La Presse (Tunis)

Tunisie: Un plan d'action pour réduire les effets nocifs

Chokri Gharbi

2 Août 2005


Les industries chimiques constituent l'une des activités qui font travailler un grand nombre de personnes en Tunisie.

Celles-ci peuvent être exposées à des risques d'accidents et de maladies professionnelles si les moyens préventifs nécessaires ne sont pas mis en place. Le but étant de protéger le travailleur contre toute substance qui pourrait porter atteinte à sa santé. Même si au niveau réglementaire des pas importants ont été franchis, il n'en demeure pas moins que la prise de conscience doit être totale au niveau des travailleurs pour éviter la propagation des maladies dues aux substances chimiques. Car ces maladies professionnelles entraînent un arrêt plus ou moins long de l'activité du travailleur pour se soigner.

Lors des IVes assises internationales en santé et sécurité au travail sur le thème "La gestion du risque chimique en milieu professionnel" qui ont eu lieu du 24 au 26 mai à Tunis et dont les actes ont été rapportés par la revue Santé, sécurité et travail, éditée par l'Institut de santé et de sécurité au travail, du mois de juillet 2005. D'importantes informations ont été données à ce sujet.

Estimation approximative

En Tunisie, la branche chimique concerne plusieurs activités comme l'industrie, l'artisanat, le commerce, l'agriculture voire les services touristiques. Les quelque 700 entreprises exerçant dans le secteur de l'industrie chimique avec plus de dix salariés ont intérêt à adopter des méthodes de travail adéquats pour assurer un tant soit peu la sécurité de ces derniers. Les données disponibles ne permettent pas, cependant, d'avoir une idée approfondie sur la population exposée mais juste une estimation approximative.

Le secteur de la chimie dite légère est représenté par les activités de fabrication de peintures, solvants, pesticides, insecticides, détergents, produits de parfumerie qui emploient plus de 40.000 salariés. Quant à la chimie "lourde", elle est représentée par les secteurs de production d'engrais, les activités d'exploitation, le raffinage, le traitement des hydrocarbures et la production de gaz industriels faisant employer 20.000 salariés. Certaines activités professionnelles comme la teinturerie, le textile, le cuir et les chaussures, le bâtiment et les travaux publics (BTP) ont recours aux substances chimiques.

Les impacts des industries chimiques ne concernent pas uniquement la santé humaine mais aussi l'environnement naturel, surtout si les rejets chimiques se font en pleine nature. Le traitement de maladies dues aux produits chimiques sont généralement chroniques et coûteuses, d'autant plus qu'elles touchent des organes sensibles et dégénèrent en asthme, angine de poitrine, infractus, ulcérations, eczémas et même en polynévrites, troubles psychiatriques, tremblements, hépatites, néphrites... Aussi, les rejets industriels non ou mal contrôlés sont à l'origine de la pollution atmosphérique et celle de la nappe phréatique.

Ne pas se limiter aux textes

Ce n'est pas pour rien que le secteur de la chimie occupe les devants de la scène, même au niveau international, puisqu'en 1992, lors de la conférence des Nations unies sur le développement à Rio, les 150 pays ont jugé nécessaire de réussir "une gestion rationnelle des produits chimiques". Même au niveau européen, une directive européenne 07/548 relative à la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses a été promulguée.

La Tunisie essaye toujours de s'inspirer de ce qui est fait au niveau mondial dans ce domaine sensible. Ainsi, la gestion repose sur les fondements juridiques, une organisation structurelle pour pouvoir protéger la santé des travailleurs et, partant, améliorer la productivité et protéger l'environnement. Au niveau législatif et réglementaire, les premières mesures furent appliquées depuis 1966 avec l'avènement du Code du travail. Ensuite, plusieurs lois, décrets et circulaires sont entrés en vigueur. En effet, à défaut de textes spécifiques (pour l'utilisation des produits chimiques), la législation et la réglementation évoquent un minimum de garantie relative à la protection des travailleurs sur les lieux du travail.

Etant donné que les textes à eux seuls ne peuvent pas limiter les accidents et maladies professionnelles, des services de prévention ont été créés à l'intérieur des entreprises ainsi que les services médicaux de travail, les services de sécurité au travail, les comités de santé et de sécurité au travail, les structures d'assistance et de conseil, celles de l'inspection et de contrôle...

Les problèmes qui restent posés, cependant, ont trait à la difficulté de recensement des populations exposées, notamment auprès des PME où il y a une méconnaissance du risque encouru. On dénonce aussi une insuffisance de diagnostic concernant l'identification et l'évaluation des dangers et les nuisances professionnelles, la relative fiabilité des indicateurs épidémiologiques relatifs au risque chimique, l'insuffisance des méthodes d'investigation permettant d'estimer la prévalence et l'intensité d'exploitation.

La stratégie globale d'identification, d'évaluation et d'élaboration des plans d'action doit être bien préparée, et ce, depuis la phase de préparation jusqu'à l'élaboration d'un plan d'action.

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