Le Pays (Ouagadougou)

Burkina Faso: Le grand mensonge

F Balemans

2 Août 2005


analyse

Le ministre de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques (MAHRD) a écrit dans le Pays n°3326 que entre 1998 et 2003, le pourcentage de la population vivant dans une situation de pauvreté avait diminué de 8 points.

Attention! La prévision de 1998 était qu'en 2003 54,6% de la population serait dans une situation de pauvreté absolue. Qui a établi cette prévision? En réalité, seulement 46,3% de la population était dans une situation de pauvreté en 2003 : vérité ! Donc, les 8 points de recul de la pauvreté annoncés sont un mensonge. Le gouvernement a lui-même publié en 1998, 45,3% dans la situation de pauvreté, en 2003, 46,3% dans la pauvreté, donc 1 % de plus, c'est ça, la vérité, confirmée d'ailleurs par d'autres sources. Ce n'est pas moi qui ai trouvé ces chiffres mais l'INSD du gouvernement. Donc en clair, le Burkina Faso a développé la pauvreté entre 1998 et 2003, avec 1 %. Une augmentation de la pauvreté de 1 %.

Mais c'est quand même triste que durant 5 ans de règne de Blaise Compaoré, le nombre de gens vivant dans une situation de pauvreté ait augmenté à 120 000 personnes. Si vous voulez que cela continue, votez pour Blaise Compaoré.

Il y a eu quand même des progrès. Entre 2000 et 2004, le PIB a augmenté de plus de 23%.

Pour être précis, de 2001 à 2002, le PIB du Burkina Faso est passé à 190 milliards de francs CFA: vérité. Donc, dire que le PIB par personne a augmenté de 16 000 francs est un mensonge. Tout le monde sait qu'au Burkina Faso la corruption existe. Disons que 1% de la population profite de la corruption: ce n'est quand même pas exagéré! Chaque fraudeur empoche en moyenne 7 000 FCFA par jour: c'est-à-dire sept mobylettes qui brûlent le feu rouge et qui sont rendues; ce chiffre n'est pas exagéré.

Dans ce cas, tous les autres Burkinabè s'appauvrissent de 1 000 FCFA. L'estimation du nombre de fraudeurs vient de moi, les autres chiffres, eux, viennent de la BCEAO.

"Où est la vérité ? Où est le mensonge ? "

L'exemple du Burkina a été salué à Rome par la FAO où notre président a dit que le Burkina Faso jouissait d'un recul de la pauvreté rurale de 10% (in Sidwaya n° 5300). Le ministère de l'Agriculture avait trouvé, quant à lui, seulement 8 points, mais un président est plus qu'un ministre. Dans ma province natale, on aurait dit «Celui-là n'est pas mort de son premier mensonge. » A la même réunion de la FAO, le président Compaoré a dit que depuis dix ans, les besoins alimentaires du Burkina étaient couverts par la production nationale. Mais alors, je me demande pourquoi le gouvernement accepte encore de grandes quantités d'aide alimentaire qui cassent le prix rémunérateur pour le producteur burkinabè; plus de 3 milliards de francs CFA d' aide alimentaire octroyé par an. Où est la vérité? Où est le mensonge?

Le président Compaoré (interview nov. 2004) affirme que dix sept années de règne ne sont pas fatigantes, s'il y a des résultats: vérité pour lui; mensonge pour les pauvres, qui sont plus nombreux, et pour ceux qui sont traités injustement à la suite de la corruption: eux ils sont fatigués.

Si le gouvernement du Président Blaise veut lutter contre la corruption, il peut réussir à 82%. Seulement le Niger et la Sierra Leone sont derrière le Burkina, révèlent les indicateurs de développement humain (PNUD), un appareil judiciaire dans lequel la population n'a plus confiance: les tribunaux sont les domaines les plus en vue dans les mauvaises pratiques (REN-LAC).

Pour Norbert Zongo ...

Voici quelques résultats du gouvernement de Blaise Compaoré : Sur le changement de constitution, Monsieur Compaoré a dit : « Chaque pays a son processus original." C'est vrai, mais que ce processus soit original pour le Burkina, c'est un mensonge car Le Togo, l'Égypte, le Gabon, le Cameroun ont fait la même chose pour la même raison, c'est-à-dire servir leurs présidents pour que ceux-ci restent au pouvoir.

Sur la question qui le motive. Blaise Compaoré, dit : "il reste beaucoup à faire » : vérité !

Pour Norbert Zongo, Monsieur Compaoré dit : « Il faut laisser les juges faire leur travail" . Refrain mensonger !

Monsieur Bilé Kiswendsida Zongo dit sur le progrès du Burkina Faso: « L'annulation de la dette de notre pays est une reconnaissance par le G8 du travail abattu depuis plus d'une décennie ». Mensonge grossier: la dette a été remise parce que nous sommes punis comme étant les plus pauvres.

Faisons quelque chose pour notre pays: consommons burkinabè.

Bonne nouvelle: l'objectif spécifique n°1 de la politique agricole commune de la CEDEAO est de garantir la souveraineté alimentaire: cela veut dire que chaque Etat a le droit de protéger sa propre production sur son marché national.

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