Kinshasa — Manifestation économique annuelle aux multiples facettes, la Foire internationale de Kinshasa ouvre ses portes au public, le samedi prochain dans son site habituel de la commune de Limete, qui depuis bientôt un mois, était transformé en véritable chantier.
Réfection des pavillons, installation et équipement des stands, érection des kiosques, la Fikin a créé des emplois temporaires pour charpentiers, électriciens, décorateurs intérieurs et même pour des enfants de la rue, appelés " Shegués ". Des banderoles par-ci, des pancartes et des guirlandes par-là, des panneaux publicitaires et des hauts-parleurs surgissent dans les ruelles et nombreuses allées où passent et repassent des messages publicitaires. Un décor de fête foraine s'installe et tout ici annonce l'ambiance qui va y régner d'ici peu.
Selon le programme établi par le comité de gestion de cette entreprise publique, la présente édition va privilégier les efforts des entreprises aussi bien publiques que privées, de grande taille ainsi que les PME de toutes tailles dans la relance de l'économie congolaise. Un accent particulier sera mis sur la paix, en tant que facteur qui conditionne la reprise effective de l'économie nationale et la stabilité des institutions de la Transition.
Avant l'ouverture officielle de cette manifestation, Le Phare a remonté dans le temps, pour retrouver dans le passé, les réalités de cette vitrine de l'économie congolaise à travers la diversité de ses productions agricoles, minières, culturelles, scientifiques et autres.
Un passé à la mesure de la santé économique du pays
A son lancement en I969, la Foire internationale de Kinshasa, véritable fleuron de l'économie congolaise, avait pu accueillir une cinquantaine d'entreprises étrangères venues exposer leurs produits. A cette époque, des entrepreneurs congolais avaient su nouer des relations d'affaires avec des partenaires extérieurs. Ce fut l'occasion de faire la promotion des produits locaux jusque-là inconnus du public. Des joints-ventures avaient pu voir le jour, comme des contrats de représentation ont été signés lors des manifestations foraines. Des opérateurs économiques de provinces avaient réussi une grande percée sur le marché de la capitale et même sur le marché extérieur. Grâce à cette manifestation commerciale, certains producteurs soumis à une forte concurrence, étaient contraints de s'adapter aux rigueurs de la compétitivité, par l'amélioration de la qualité de leurs produits.
Au plan commercial, les entreprises congolaises avaient appris beaucoup sur le savoir-faire de la concurrence qui accorde une place prépondérante à la recherche et à l'innovation. Les éditions suivantes qui avaient abrité plus de 100 entreprises étrangères venues de divers horizons, furent gravées à jamais dans la mémoire des Kinois. On retiendra pour l'essentiel, l'apport particulier du parc d'attraction, la pièce centrale de divertissement pour les enfants.
Des spectacles aux mille couleurs, tels l'homme moto, Toubi, l'homme le plus gros du monde, la Troupe acrobatique chinoise, des cirques et autres acrobates, des prestidigitateurs de renom et autres magiciens, avaient su émerveiller des milliers de visiteurs de la Fikin. Aujourd'hui, ces tours d'équilibristes et vendeurs d'illusions venus d'autres cieux, sont inconnus de nouveaux spectateurs de la foire.
Les pillages de triste mémoire
La Foire internationale de Kinshasa comme les autres entreprises de l'époque, subirent le raz de marée des pillages de 1991 et de 1993. Le gigantesque parc d'attraction, certains pavillons et kiosques furent rasés jusqu'au niveau des fondations. Certains audacieux envisageaient même d'emporter le batteur de tam-tam, la grande statue qui surplombe le site de la foire.
A la suite de ces pillages et de la mise sous embargo de la RDC par la communauté internationale, la Fikin s'était éteinte pour des décennies. Il a fallu attendre la volonté de relance de l'économie congolaise par les nouveaux gouvernants , trois ans après l'instauration du régime de l'AFDL et la reprise de la coopération structurelle entre la RDC et les institutions de Bretton Woods, et celle entre notre pays et ses partenaires extérieurs pour assister à son exhumation.
La Fikin et ses multiples facettes La Foire internationale de Kinshasa est un véritable centre d'affaires aux multiples facettes. Au plan économique, elle permet de présenter au public, toute la gamme des ressources agricoles, minières, forestières et énergétiques de notre pays, dans le but de susciter des échanges commerciaux, attirer des investisseurs locaux et étrangers, favoriser la promotion de certains produits, de certains services, bref créer un esprit de compétitivité.
Sur le plan culturel, le concert des orchestres des jeunes, la production de certains groupes folkloriques et troupes théâtrales, l'exposition des ouvres d'art, des ouvrages scientifiques récents, tout comme les conférences à caractère économique et scientifique, favorisent l'émulation entre artistes.
La foire est aussi un haut lieu de découverte des innovations réalisées par les entreprises congolaises . On y vante de nouveaux procédés de fabrication et de nouveaux produits. Etudiants, journalistes et autres chercheurs y trouvent matière à réflexion, des idées nouvelles s'y affrontent, et des interrogations y trouvent souvent des réponses des spécialistes.
Sur le plan ludique, la disparition du Parc d'attraction est difficilement compensée de nos jours, avec des jeux vidéo, des tombola, quelques balançoires ou tours à vélo. Quelques jouets électriques, des ballons d'air, des véhicules en miniature, exposés à même le sol ou vendus par des commerçants ambulants, ne manquent pas de captiver les tout petits.
Le souhait de tous les visiteurs de cette manifestation économique est de voir la Fikin remplir toutes ses fonctions, à savoir économique, commerciale, culturelle, promotionnelle et ludique, pour ne citer que cela.

Comments Post a comment