Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Sécurité : le CECOS entre en action

Pascal Soro

2 Août 2005


Abidjan — La lutte contre le banditisme passe à la vitesse supérieure pour rassurer les populations.

Les ministres Bléou et Amani (de la droite vers la gauche) ont assisté à l'installation du colonel Guiai Bi (à gauche) en présence des généraux Mangou et Bombet.

Le Centre de commandement des opérations de sécurité (CECOS) a été officiellement installé hier et mis sous le commandement du colonel Guiai Bi Poin par le ministre de la Défense, René Amani. La cérémonie, haute en couleur, s'est déroulée au Camp Galliéni, en présence du ministre de la Sécurité, Pr Martin Bléou. Le commandant du CECOS, le colonel Guiai Bi Poin et les éléments composant cette structure, ont donc officiellement pris fonction depuis hier. Une entrée en scène fortement marquée par un important défilé pédestre et motorisé des troupes, sous le commandement du chef d'escadron Aka N'Dri.

Le 10 juin dernier, dans une adresse à la nation, suite à son séjour à Guitrozon et Petit Duékoué qui avaient été attaqués, le Président de la République annonce la création d'une unité spéciale chargée de lutter contre le banditisme et la grande criminalité dans le district d'Abidjan. Puis le 2 juillet, Laurent Gbagbo signe le décret numéro 2005 - 245 du samedi 2 juillet 2005 portant création du Centre de commandement des opérations de sécurité (CECOS). Placée sous la tutelle unique du ministre de la Défense, la nouvelle unité a pour principale mission de "lutter, sans relâche, contre le grand banditisme et la criminalité urbaine". Une mission bien perçue par le colonel Guiai Bi Poin qui, le 5 juillet, lors de la présentation de la structure aux Forces de défense et de sécurité (FDS) au camp Galliéni, a déclaré: "L'ambition du CECOS est d'installer l'insécurité chez les malfaiteurs et de faire naître la sécurité au sein des populations abidjanaises". Le CECOS est composé de 1 700 hommes dont 600 gendarmes, 300 militaires et 800 policiers.

Le MIDH réagit

Le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) a, dans une déclaration, condamné la récurrence de la violation de l'intégrité physique des citoyens, des tortures morales, psychologiques et des atteintes portées à leur dignité et honorabilité. Dans ses recommandations, il invite l'Armée républicaine à s'atteler à ce pourquoi elle a été créée, à savoir la défense des intérêts de la République et à éviter le jeu des politiciens. Le Mouvement ivoirien des droits humains demande qu'une enquête indépendante soit diligentée afin que les coupables soient identifiés et punis conformément à la loi.

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