2 Août 2005
L'assemblée générale élective de la Société civile des arts audiovisuels et photographies (Scaap) s'est donc tenue samedi dernier à Yaoundé. Et malgré les belles affiches de Jean-Claude Tchuilen et Balthazar Amandagoleda, ainsi que l'assurance de Gervais Mbarga, c'est le très discret Daouda Mouchangou qui a remporté le scrutin. Haut la main d'ailleurs, puisqu'il a plié le match dès le premier tour et sans bourrage des urnes.
Mais la grosse affaire de cette assemblée générale n'était pas tant que ça l'élection de l'ancien réalisateur de la Crtv, que le refus de la qualité d'auteur d'émission télévisée, opposé à Albert Mbida, ancien journaliste à la Crtv, et qui figurait sur la liste de Gervais Mbarga. En pleine opération électorale, c'est un membre de la Scaap, dont on va commencer à connaître le nom à partir de cette affaire, un certain Ekani, qui a en effet brandi une lettre du ministre délégué auprès du ministre de la Communication, un certain Gervais Mendo Ze. Dans cette missive, l'ancien boss de la Crtv précisait que l'émission "Antenne Libre" n'est pas une création de l'ami Albert Mbida, qui avait seulement été appelé à la présenter par sa hiérarchie. Et voilà comment le Mbida en question a été démasqué et logiquement écarté de l'affaire...
Maintenant, comme l'ancien présentateur de "Antenne Libre" conteste cette version des faits, il faut peut-être organiser un concours spécial de création audiovisuelle, entre Mendo Ze et Mbida. Comme ça, un jury international viendra dire qui est le vrai auteur de production télé entre les deux. Et la Scaap sera alors obligée d'en tenir compte lors de sa prochaine assemblée générale. Sans préjudice sur le résulat du week-end dernier qui n'a été contesté par personne. Même pas par Albert Mbida...
Rétention
La vague d'installation des nouveaux gouverneurs de provinces ne va certainement pas tarder. En attendant, " promus ", " mutés " comme " maintenus " n'arrêtent pas de faire la fête au champagne, dans un pays où, comme on le sait, ce ne sont pas forcément ceux qui travaillent bien qui sont récompensés. A contrario, ce n'est pas sûr qu'on est toujours sanctionné du fait qu'on ait mal fait son boulot. Sinon, l'un des " mutés ", anciennement gouverneur dans la province de l'Est, aurait quand même eu quelques soucis à se faire.
Dans une zone frontalière en proie depuis de nombreux mois à des turbulences de toutes sortes, avec une armée camerounaise mise à rude épreuve par les rebelles tchadiens et centrafricains, notre chef de terre avait choisi de " quitter derrière les problèmes ". Les journaux, citant des sources informées, révelaient des morts dans les affrontements, mais M. le gouverneur démentait avec la dernière énergie, allant même jusqu'à affirmer dans Cameroon Tribune qu'il n'y avait pas de problème dans sa circonscription de commandement.
Cela n'a évidemment pas empêché qu'il soit muté à Garoua, où l'activité est encore plus intense. Mais Marafa Hamidou Yaya, le patron des gouverneurs de province, est averti: c'est dès maintenant qu'il faut l'avoir à l'oeil. Pour ne pas être surpris que, dans quelques jours, il apprenne à ses chefs que, par exemple, aucun élève camerounais n'a traversé la frontière pour aller faire le rattrapage du Bac tchadien. Il est trop fort...
Inspection
Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce, est l'un des rares membres du gouvernement de Popaul, qui donne véritablement de la consistance à sa fonction. Alors qu'au moment de sa nomination, nous au quartier, on se moquait de lui en disant que le boss lui a filé un pain sans croûte ni mie, le gars montre chaque jour la grandeur de son ministère, qui ne peut pas seulement se mesurer à l'épaisseur du budget.
L'autre jour, le ministre du Commerce a donc effectué une énième visite sur le terrain à Yaoundé. Il s'est notamment rendu sur les marchés de Mvog-Mbi et de Biyem Assi, pour se rendre compte de ce que les commerçants camerounais exagèrent aussi: ils vendent du poisson pourri aux clients, ils haussent les prix des denrées en désordre et ne s'avisent même pas d'afficher ces prix, comme l'exige pourtant la réglementation en vigueur. Est-ce que nous on connaissait même tout ça? Et si Luc Magloire Mbarga Atangana n'était pas arrivé, on allait même faire comment?
Nous sommes vraiment contents de l'action de notre grand ministre du Commerce, même si nous nous interrogeons sur l'efficacité globale de son travail. L'autre jour à Mvog-Mbi, il a scellé une poissonnerie indélicate, et il a négocié à la baisse le prix des poulets (de 2300 à 1500 Fcfa) chez un vendeur, qui a vu aussitôt son panier se vider en un temps record. Très bien, mais monsieur le ministre va-t-il accompagner toutes les ménagères du Cameroun au marché pour s'assurer que les commerçants ne les bluffent pas? Et, commerce pour commerce, il faudra qu'il se penche aussi sur le cas du commerce des lopins de terre à Yaoundé, où entre la fronde, les dame-jeannes de vin rouge et les machettes tranchantes, les acquéreurs ne savent plus où donner de la tête.
Apparition
Les organigrammes ne doivent pas avoir la même signification ou la même importance dans toutes les entreprises, c'est connu. Et on comprend bien que d'une structure à l'autre, un poste donné n'ait pas la même envergure. C'est encore plus criard quand il s'agit d'Etats, et donc de présidents de Républiques, de Premiers ministres ou même d'autres membres du gouvernement. Et on a bien remarqué que, selon l'importance de l'Etat, le président français peut se déplacer lui-même, envoyer son Pm ou un membre de son gouvernement pour accueillir son invité à l'aéroport.
Jusque-là, on pensait que la France, dans sa " grandeur " sublime, ne réservait ses accueils au rabais qu'aux chefs des républiques bananières d'Afrique au sud du Sahara et au nord de Johannesburg. On a donc noté, avec un brin de sourire, que le Premier ministre israélien, le tout puissant Ariel Sharon, en visite officielle en France, a été accueilli au bas de la passerelle, non pas par Jacques Chirac ou même son Premier ministre, Dominique de Villepin, mais par un sous ministre au porte-feuille peu connu. Evidemment, il faut mettre cette réaction à la suite des déclarations tenues il y a peu par ce même Ariel Sharon, qui demandait aux ressortants juifs de France de revenir en Terre Promise.
Jacques Chirac, qui a donc fini par recevoir son encombrant hôte, est de toutes façons prévenu de ce qui pourrait l'attendre s'il décidait de se rendre ces prochains jours à Tel Aviv. Mais à ce rythme, malheur au prochain chef d'Etat africain qui se rendra à Paris. Il pourra bien être accueilli par un chef de bureau...
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2005 Le Quotidien Mutations. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.