Dieudonné Gaïbaï
2 Août 2005
Depuis hier matin le radier qui sert de passerelle au pont de Salak est surplombée par les eaux.
Ce lundi matin, de part et d'autre du pont de Salak à l'entrée de Maroua, des gros porteurs sont immobilisés. Le radier qui dessert la ville depuis bientôt quelques mois, est submergé par les eaux du Mayo Boula. " Une pluie s'est abattue sur les localités environnantes de Salak et depuis trois heures le radier est impraticable puisque des camions ont commencé à s'immobiliser tôt ce matin", confie Oumarou un habitant de la localité.
Situé à près de 25 Km de la ville, le pont de Salak présente des signes de vieillesse. Les responsables des travaux publics y ont interdit toute circulation afin d'éviter tout effondrement de cet ouvrage qui date de l'époque coloniale. C'est pourquoi un radier a été bâti en attendant qu'un nouveau pont sur le Mayo-Boula soit construit. Depuis lors, rien n'a été fait. Le radier est aujourd'hui sollicité puisque tous les véhicules de transport de personnes et de marchandises y passent.
Hier matin, les agences de voyage observaient un repos forcé. "Aucun de nos véhicules ne peut arriver ni à Garoua, encore moins à Ngaoundéré", laisse entendre le chef d'agence de Touristique Express. Même se déplacer pour le Mayo-Kani et le Mayo-Danay est impossible. Les voyageurs assis à même le sol dans les agences attendent que les eaux tarissent pour espérer atteindre leurs différentes destinations.
Mais pour l'instant, les propriétaires des cars de transport " Hiace " ont trouvé un terrain fertile pour leurs activités étant entendu qu'ils sont seuls autorisés à traverser le pont de Salak. Autour des gros porteurs qui sont dans l'attente quelques activités économiques se sont développées. Des femmes et enfants ont tôt fait d'apprêter des mets qu'ils proposent.
Au moment où nous quittions les lieux, le niveau de l'eau était entrain de régresser. Toutes choses qui font croire que la circulation pourrait être rétablie ce jour. Une dépendance à l'égard des caprices de la nature qui dénote de la légèreté avec laquelle les autorités gèrent cette situation depuis que le pont de Salak, jugé dangereux a été déclaré hors d'usage. Pourtant, cette infrastructure est d'une importance capitale tant d'un point de vue social qu'économique. Principale porte d'entrée de cette province en provenance du Sud du pays, le pont de Salak auquel on a substitué un radier en attendant, est incontournable dans les échanges avec des pays voisins que sont le Tchad et le Nigeria.
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