Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: >La Fécondation In vitro (FIV) - Pr Kouakou Firmin, gynécologue : "Je dis non, stop"

Bakayoko Zeguela

5 Août 2005


Abidjan — Les vendredis en quinze, un avis contraire ou favorable sur une pratique vous sera proposé.

La procréation artificielle est jugée immorale par le professeur Kouakou Firmin, gynécologue en service au CHU de Treichville. Ce qui l' a ammené à ne plus la pratiquer.

Gynécologue obstétricien, enseignant à l'unité de formation, de recherche au centre médical d'Abidjan, et en fonction au service de gynécologie au Cchu de Treichville, le professeur Kouakou Firmin est revenu de ses deux années sabbatiques avec en plus de sa spécialisation aux techniques chirurgicales chez la femme notamment dans le traitement du cancer, des enseignements sur la procréation médicalement assistée. En face du service de cancérologie où il a fait son stage à Lyon, il y avait un centre de prises en charge des problèmes d'infertilité. C'est là que le professeur Kouakou Firmin a pratiqué la fécondation in vitro ou la FIV, la méthode la plus élaborée de la procréation médicalement assistée. Deux ans d'apprentissage en marge de la spécialisation gynécologique qu'il était allé faire.

Quoi de plus normal une fois de retour au pays en 1988 de mettre en pratique surtout aux services de ses concitoyens ce qu'il a appris. Tout ce qu'il a appris. Surtout qu'il avait été convaincu de la finesse technologique de la FIV qui demande une maîtrise de la biologie de la reproduction. " C'est d'ailleurs ces derniers qui ont permis l'avancée des techniques de la procréation artificielle, c'est-à-dire la maîtrise de la physiologie de la fécondation", comme le dit le professeur Kouakou Firmin.

Mais cette technique séduisante qu'il a commencé à pratiquer à la PISAM où il y avait selon ses termes " un embryon de structures " ne l'a pas séduit pendant longtemps. A peine une année de pratique a suffi au professeur Kouakou Firmin de renoncer à la pratique de la fécondation in vitro. Une année au cours de laquelle il n'a fait que deux tentatives de FIV .Pourquoi ?

" Mais il faut dire que l'expérience n'a pas été très longue parce que assez rapidement je me suis rendu compte finalement de plusieurs choses. "

D'une, le professeur Kouakou s'était rendu compte que les résultats étaient mauvais. Et cela parce que le recrutement des femmes était un peu biaisé en terme de résultats. Et pour cause.

" C'est une technique qui donne son plein rendement chez les femmes qui sont des bonnes pondeuses, c'est-à-dire celles dont les ovaires sont de bonne qualité et qui peuvent être stimulables ". En effet avec la fécondation in vitro on stimule les ovaires qui sont ainsi amenés à produire beaucoup de follicules.

Or les ovaires vont à la longue vieillir. Au début-ils ont leur forte potentialité parce qu'ils produisent normalement des ovules, tous les cycles. Mais à la longue, le capital ovocytaire, folliculaire, la ponte des ovules va se réduire, s'amenuiser avec l'âge, le vieillissement ovarien.

Si bien qu'à partir de 40 ans, l'ovulation est aléatoire, même la stimulation, c'est-à-dire la prescription de produits pour forcer un peu la nature n'est pas assez performante parce que les ovaires ne sont plus stimulables. Le capital folliculaire étant ainsi réduit. Mais paradoxalement, c'est à partir de cet âge où la production des ovaires est ralentie que les femmes ont souvent les moyens de leur politique. Celle de pouvoir enfanter à tout prix. La FIV pour une seule tentative revenait à l'époque à environ deux millions et demi de FCFA. Une folle somme pour des résultats biaisés, pour peu de chance de réussite. Une grande déception pour le professeur Kouakou Firmin. Dont l'admiration pour la technique éprouvée de la FIV s'est encore émoussée lorsque : " Je me suis rendu compte qu'on entrait dans un cycle infernal de manipulation embryonnaire. " En effet, les embryons qui n'ont pu être transférés dans l'utérus, étaient forcement détruits parce qu'ils ne servaient plus à rien.

" En tout cas, moi, j'ai accédé à cette démarche sans avoir eu cette ouverture que finalement mon action n'était pas une action bienfaitrice pour elle pour la simple raison que c'est un manque de respect qu'on doit à l'embryon que de manipuler ces gamètes et surtout de détruire ces embryons. C'est ce qui m'a le plus choqué. "

Le professeur Kouakou Firmin n'a pas admis que la même technique mise au point pour aider les gens à avoir des enfants permette paradoxalement de détruire les embryons parce qu'on considère qu'ils sont de trop. " Et cela pour éviter que ces femmes demandeuses d'enfant fassent des grossesses triples ou quadruples. Si on doit accompagner la vie et dans le même temps mettre fin à cette vie, je dis non. Stop. "

Le professeur Kouakou Firmin a donc mis fin à sa pratique de cette technique " immorale ", en contradiction avec sa foi, " qui contourne les problèmes d'infertilité du couple au lieu de les résoudre. "

" Je considère qu'avec les manipulations qui sont faites que c'est un manque de dignité qu'on doit à l'embryon. Qui de par sa conception jusqu'à ce qu'il devienne un homme ou une femme, a droit au respect qu'on ne lui donne pas puisqu'on est dans les laboratoires et on fabrique des hommes et des femmes. "

La fécondation in vitro, cette technique qui permet de faire que la rencontre entre les ovules et les spermatozoïdes ait lieu en dehors de la femme dans des boîtes n'est pas suffisamment expliquée aux femmes, estime le professeur Kouakou Firmin. " On met en contact des gamètes femelles, c'est-à-dire, des ovules de la femme et le spermatozoïde de l'homme. La fécondation a lieu dans des boîtes, et une fois que l'embryon est constitué, on va le mettre dans l'utérus de la femme. "

De l'avis du professeur Kouakou Firmin, les femmes et les couples en général ont des informations disparates sur la chose. " Ils veulent un enfant, mais quand on creuse un peu et qu'on leur dit que c'est un enfant qu'on va essayer de former dans des boîtes avant de le mettre dans l'utérus, il y en a qui considèrent alors que ces manipulations peuvent poser problème. "

Appendice

Cadre législatif : il y a les effets pervers de cette technique qui conduisent à faire des avortements, des interruptions embryonnaires à même de tuer des embryons en surnombre qu'on n'a pas transférés, qu'on n'a pas implantés. En Europe, on garde les embryons pendant environ cinq ans dans la glace et puis si le couple considère qu'il n'en a plus besoin on les donne à d'autres. Ici on les détruit, il n'y a aucun cadre législatif en Côte d'Ivoire de la pratique, de la mise en oeuvre des techniques de procréation médicalement assistée. Il faut que les juristes légifèrent, qu'ils encadrent cette activité. Les gens sont dans leur coin, chacun fait ce qu'il veut . L'information se fait de bouche à oreille. Tout cela est un danger. Les Européens ont donné un cadre législatif à cette technique, qui qu'on le veuille ou non, existe dans notre pays. Il faut légiférer. Triomphalisme médical : L'avantage, si on peut le considérer comme tel, c'est de procurer le bonheur à un couple qui est désireux d'avoir un enfant, de mener à terme son projet parental. Cela effectivement on peut le considérer comme un avantage du point de vue du couple. Même du point de vue des médecins. Et c'est cela, le risque aussi, car bien souvent derrière cela il y a comme un triomphalisme médical. C'est-à-dire qu'on met en place une technique, ça marche, le couple a un enfant. Et on est le plus souvent heureux d'avoir mis une technique en place.

Les malformations : Les taux de malformation sont plus importants dans une démarche de FIV que dans le cadre d'une fécondation naturelle. Toutes les statistiques le disent, cela aussi il faut le dire aux gens. Le taux de grossesse multiple est aussi élevé. Les problèmes liés aux interventions chirurgicales sont aussi réels. Une femme qui est enceinte à l'issue d'une FIV a cinq à six fois plus de chance d'être césarisée qu'une femme qui a une grossesse normale. Donc, il y a l'incidence en terme de risque chirurgical quand on mène la grossesse jusqu'à son terme. Les risques d'avortement sont plus importants parce qu'on est obligé des fois de faire des interruptions embryonnaires. Et puis enfin, le risque de grossesse extra utérine est plus élevé. Le choix de la prévention : En toute chose il y a la prévention. Adopter des comportements qui n'exposent pas aux risques. Je ne dis pas que tout peut être prévenu pour éviter l'infertilité, mais beaucoup de choses peuvent être faites pour éviter l'infertilité. Quand je pense aux avortements, beaucoup de choses peuvent être faites. On peut traiter les ovaires, les altérations de spermogrammes etc. Mais la médecine n'a pas suffisamment fait dans ce sens-là, c'est-à-dire la thérapeutique des causes. On en fait plutôt trop pour le traitement en aval.

Sida, santé et société : un colloque pour consolider les trois S

Sida, Santé et Société ". Tout un programme dont l'association ivoirienne de formation universitaire et professionnelle (AIFUP) a voulu contribuer à l'édification, sinon à sa consolidation en le choisissant comme thème de son colloque du mois de Juillet. Le VIH/SIDA fait partie des mineurs de la santé car il est la 1ère tueuse en Côte d'Ivoire. La santé qui fait de plus en plus défaut à la société, qui pourtant doit s'impliquer davantage pour tuer cette tueuse qu'est le Sida et apprivoiser la santé, en faire un acquis pour toujours.

Pour que le sida soit bouté hors de ce pays et que la santé soit, toute la population doit s'impliquer. Avec à sa tête les ministères de la Santé et de la Lutte contre le sida.

C'est au nom de cette implication souhaitée et recherchée pour " tuer " le Sida pour que la Santé soit, que le colloque " Sida, Santé et Société " initié par l'AIFUP dirigé par le professeur Yangni Angaté Hervé a été placé sous la présidence scientifique du ministre de la Lutte contre le sida et la co-présidence de son homologue de la santé et de la recherche scientifique .Et elle a été une tribune d'échange entre justement cette société et ceux qui doivent tirer la locomotive dénommée mobilisation.

L'épidémie à VIH/SIDA compromet le développement économique de la Côte d'Ivoire et désintègre son tissu social. Des programmes et des activités sont menés sans discontinuité, mais la tendance du mal tarde à s'infléchir. L'exposé fait sur " Les stratégies de lutte multisectorielle contre le Sida en Côte d'Ivoire " par le représentant du ministre de la Lutte contre le sida à ce colloque, l'inspecteur Zamblé a montré comment la mobilisation de la société est organisée pour traquer le VIH. Une organisation soutenue par une politique dite multisectorielle qui met à contribution tout le monde (public, privé, société civile). Avec des organes de coordination.

Mobilisation, engagement certes mais la santé se fait aussi et surtout par les médicaments, surtout dans nos pays où la prévention semble se résumer à la vaccination. A ce colloque sur " Sida, Santé et Société ", le docteur Memain Yenou du programme de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA a exposé sur l'aspect médicament avec: " La politique du Médicament Générique dans la prise en charge du Sida ". Une politique instituée pour permettre une bonne accessibilité financière et de bonne qualité aux médicaments quelle que soit la pathologie notamment pour les antiretroviraux (ARV).

Ainsi depuis Décembre 1994, près de 700 médicaments génériques dont 20 ARV ont été enregistrés après avis de la commission technique dans les conditions requises pour une garantie de qualité irréprochable après l'atelier de consensus sur les ARV génériques (2001).

Cette politique du médicament s'accompagne d'une amélioration de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Dont 11763 sont sous ARV. Mais la Côte d'Ivoire enregistre un taux de 37% de résistance aux médicaments après seulement un an de traitement, selon le professeur Serge Eholié qui a exposé à ce colloque sur " les aspects épidémiologiques du Sida en Côte d'Ivoire. "

Au moins 500 médecins sont outillés aujourd'hui pour une bonne prise en charge du VIH/SIDA, première cause de mortalité ; néanmoins cette pandémie connaît une tendance à la baisse notamment au niveau des nouveaux donneurs de sang et des femmes enceintes, selon l'exposé du professeur Serge Eholié . Qui a prévenu sur cet autre couple maudit que peut former le VIH/SIDA avec la situation de crise que connaît notre pays, après celui fort réussi avec la tuberculose puisque 46% des tuberculeux sont porteurs du virus du sida.

Ce colloque qui a décidé d'explorer le VIH/SIDA dans tous ses aspects, n'a pas manqué de présenter ses impacts sociologiques et anthropologiques avec le docteur Blibolo Auguste. Qui a montré les déterminants sociaux limitant tant le succès des préservatifs que de l'abstinence, des méthodes qui avec la fidélité doivent toutes passer par le dépistage à un moment donné ou à un autre.

Le VIH/SIDA peut être transmis par exposition au sang en milieu de soins. Le colloque a choisi le professeur Bonny Jean Sylvain du Chu de Yopougon pour sensibiliser à la question notamment en matière de législation.

On a parlé du Sida au colloque de l'AIFUP en lui donnant un visage humain avec Cyriaque Ako Yapo du réseau ivoirien des personnes vivant le VIH venu exposer sur la part prise dans la lutte par son organisation.

Vrai ou faux

On ne doit pas laisser marcher les tout-petits pieds nus Faux.

Les spécialistes du pied que sont les podologues recommandent au contraire de laisser souvent les petits marcher pieds nus le plus possible. Jusqu'à cinq ans, expliquent-ils, le pied grandit rapidement, environ un cm par an. L'Union française pour la santé du pied et la podologie remettent aussi en cause une idée reçue entretenue par les vendeurs et fabricants de chaussures, selon laquelle les enfants auraient besoin d'un soutien plantaire. Au contraire, l'ajout d'un soutien plantaire artificiel n'a aucune justification médicale, affirment ces spécialistes. D'autant plus que les enfants notamment africains ne développent pas ou très peu de voûte plantaire. La plupart ont les pieds plats et s'en portent très bien. Evidemment, les enfants ne peuvent pas aller pieds nus n'importe où. Pour les protéger, préférez des chaussures légères, à la semelle assez souple. Chez les 12 à 36 mois, choisissez un modèle montant pour maintenir la cheville avec un galbe du talon de un cm.

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