Fraternité Matin (Abidjan)
Bakayoko Zeguela
5 Août 2005
Abidjan — La circoncision qui est souvent pratiqué dès le jeune âge dans nos contrées peut reduire le risque de transmission du VIH. Mais attention elle ne doit pas se faire chez les "ahoussa".
L'ablation du prépuce (circoncision) pour ne pas contracter le virus du sida ? C'est presque tout comme, même s'il faut observer un optimisme prudent.
Une étude du rôle de la circoncision dans la réduction du risque de transmission du virus HIV du Sida a été présentée à l'occasion de la troisième Conférence de l'International AIDS Society (IAS) à Rio de Janeiro . L'enquête a été menée entre 2002 et 2005 sur plus de 3000 jeunes hommes en bonne santé et sexuellement actifs, âgés de 18 à 24 ans.
La moitié des sujets ont été circoncis par des professionnels de santé, les autres ont conservé leur prépuce.
Tous ont reçu des conseils de prévention du sida, mais après 21 mois, 51 des sujets du groupe non circoncis ont contracté le VIH, contre 18 pour les circoncis. La circoncision a " évité six à sept infections potentielles sur dix ", estime le Dr Bertrand Auvert, membre de l'Agence nationale Française de recherche sur le Sida, (ANRS).
Mais l'étude, a t- il précisé, n'avait pas analysé l'effet de la circoncision sur la transmission de l'homme à la femme ou encore la protection à long terme. Certains scientifiques ont toutefois accueilli ces conclusions avec un optimisme prudent. " C'est très prometteur, mais nous devons replacer ces résultats dans un contexte élargi pour voir les bénéfices entiers de la circoncision. Nous avons donc besoin de nous pencher sur les résultats d'autres études ", a souligné le Dr Charles Gilks, directeur et coordinateur du traitement et de la prévention du sida à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Un point de vue que soutient l'ONUSIDA pour qui : "Même si cette étude montre les effets préventifs prometteurs de la circoncision pour réduire la contagion du virus, d'autres études doivent être réalisées pour confirmer que ces résultats se répètent et s'ils peuvent avoir une application plus générale", a estimé Catherine Hankins, représentante de l'ONUSIDA.
Au moins trois autres enquêtes sont en cours sur l'ablation du prépuce.
Deux ont été lancées, en Ouganda et au Kenya, avec l'appui de l'ONUSIDA. Celle de l'Ouganda financée par l'agence américaine de la santé, porte sur 5000 sujets. Les conclusions sont attendues pour 2007.
"S'il est prouvé que la circoncision a un effet de prévention dans la contamination du Sida dans les trois études, elle pourrait être utilisée au côté d'autres instruments de prévention déjà avérés comme les préservatifs masculins et féminins", de l'avis du Dr Bertrand Auvert.
Les résultats des travaux de cette nouvelle étude viennent appuyer celle menée en Inde et qui a démontré elle aussi que la circoncision apportait une protection certaine contre le SIDA
En effet, de 1993 et 2000, 2.298 personnes séronégatives qui consultaient pour une infection (virus herpès, gonocoque, tréponème), ont été suivies dans ce pays. Au sein de cette population, 62% des sujets étaient circoncis, de confession musulmane, tandis que les non circoncis étaient majoritairement hindouistes. Après analyse, les auteurs constatent que la circoncision n'apporte aucune protection contre le virus herpès, le gonocoque, le tréponème ou le VIH2. En revanche, le risque d'être contaminé par le virus du Sida VIH1 est 6,7 fois plus faible, comparé à celui des sujets non circoncis. Parallèlement, la fréquence des ulcérations génitales ou des muqueuses ne modifie pas cette observation.
La protection offerte par la circoncision serait due à la disparition des cellules cibles du VIH lors de l'acte chirurgical. Quant aux autres agents infectieux, ils utiliseraient une autre voie d'entrée pour pénétrer à l'intérieur de l'organisme. Cette hypothèse expliquerait pourquoi la circoncision protégerait uniquement du virus VIH1.
La diminution du risque infectieux ne concerne donc qu'un type particulier de virus et il ne s'agit que d'une diminution, pas d'une protection. C'est pourquoi l'ABC demeure toujours de mise. A savoir : abstinence, fidélité et préservatifs ou Abstinence, Be faithful, Condoms.
Bon à savoir
Timbre contraceptif plus pratique que la pilule
L'agence française d'accréditation et d'évaluation en santé (ANAES) vient de donner son feu vert au timbre contraceptif distingué notamment pour sa facilité d'utilisation. Il offre la même efficacité que la pilule et sa colle résistante autorise bains, activités sportives
Alors que la pilule contraceptive se prend tous les jours et ne tolère guère les décalages, le patch présente moins de contraintes. Il suffit en effet d'y penser une fois par semaine. En cas d'oublie, on dispose encore de 48 H, car le timbre reste efficace deux jours après la date indiquée pour son remplacement. Le timbre contraceptif contient les mêmes hormones que la pilule et oblige au même arrêt d'une semaine tous les 21 jours.
Les études ont montré une meilleure tolérance avec le timbre qu'avec la pilule et il est apprécié par 70% des utilisatrices.
Actu santé
Cancer du sein : régime alimentaire anti-récidive
Le rôle de l'alimentation dans la prévention des cancers commence à être documenté. Concernant le cancer du sein, il vient d'être démontré, pour la première fois, qu'un régime pauvre en graisses permet de réduire de 25% le risque de récidive.
Un cancer est une maladie grave, dont les traitements sont très lourds. Et même une fois la rémission obtenue, le risque de voir ressurgir une tumeur est important. Pourtant, selon cette étude, une bonne partie des risques de rechute peut être prévenue, simplement par un régime alimentaire. Comme bien souvent, les graisses sont incriminées. Cette étude a été réalisée à partir de 2.400 femmes âgées de 48 à 79 ans. Tous ces sujets ont été victimes d'un cancer du sein diagnostiqué à un stade précoce et ont subi une ablation chirurgicale de leur tumeur. Ce n'est qu'un an après l'intervention qu'elles ont été incluses dans cet essai clinique.
En plus de la prise en charge classique, la moitié d'entre elles a reçu une solide formation diététique, visant à obtenir une réduction conséquente de leur consommation en graisses alimentaires. Cet enseignement, prodigué par des nutritionnistes expérimentés, a permis aux volontaires impliquées dans ce programme de réduire d'un tiers leurs apports lipidiques par rapport au groupe témoin.
Cinq ans plus tard, les volontaires ayant bénéficié de cette intervention diététique présentent un risque de récidive diminué de 25%. Ce pourcentage est considérable, surtout au regard du type d'intervention employée, c'est-à-dire non médicamenteux et totalement exempt d'effet indésirable. Par quel mécanisme l'alimentation influence-t-elle le cancer du sein ?
Après la ménopause, les femmes en excès de poids ont un risque accru de 30 à 50% de souffrir d'un cancer du sein. Tout gain de poids important constitue donc un facteur de risque, tandis qu'inversement certaines études ont montré qu'une perte de poids pouvait entraîner une diminution de ce risque.
Il semblerait qu'au moins une partie du mécanisme soit hormonale. En effet, les femmes ménopausées et en excès de poids présentent un taux d'oestrogène dans le sang plus important que les minces. Un régime pauvre en graisses contribuerait à réduire la production d'oestrogènes et la densité des seins à la mammographie, soit deux facteurs importants du risque de cancer du sein. En conclusion la diététique étend, encore, ses indications à la prévention du cancer du sein. Cette " prise en charge ", qui consiste à modifier ses habitudes alimentaires, est particulièrement intéressante au regard de cette maladie particulièrement grave. Contre les cancers, bougez-vous !
La sédentarité ne provoque pas seulement les maladies cardiovasculaires et le diabète. Elle augmente aussi les risques de cancer. Pour preuve, l'activité physique réduit le nombre de tumeurs du sein et du côlon, dans des proportions non négligeables : 20% de cancer du côlon et de cancer du sein en moins !
L'étude prospective baptisée EPIC est remarquable par son ampleur et sa durée. Elle a porté sur près de 500.000 personnes âgées de 35 à 70 ans, suivies durant cinq ans en moyenne dans dix pays européens. En comparant les taux de cancers du côlon survenus chez les sujets actifs et les sédentaires, cette étude montre que se dépenser en faisant du sport ou en réalisant des activités quotidiennes à la maison (ménage, jardinage) ou au travail, réduit jusqu'à 20% le risque de ce type de cancer.
C'est le cas de ceux qui produisent les efforts les plus rigoureux (2 à 3 heures de sport par jour), tandis que les modérément actifs voient leur risque chuter de 14%.
Inversement, les personnes en excès de poids (indice de masse corporelle élevé et adiposité abdominale) développent davantage de cancer du côlon. L'augmentation peut aller de 50 à 100%.
Concernant le cancer du sein, la réduction du risque de tumeur se situe autour des 20%, également chez les femmes qui se dépensent très régulièrement. Il est très important de maintenir une activité physique au moment de la ménopause. Certes, l'intensité joue un rôle, mais la quantité et la régularité sont primordiales (marche rapide, vélo, montée des escaliers ).
A savoir que les femmes qui prennent plus de 15 kg entre l'âge de 20 et 50 ans ont un risque accru de 50%.
Plusieurs hypothèses sont proposées. Pour expliquer la protection vis-à-vis du cancer du côlon, on peut supposer que l'activité physique, en diminuant le transit intestinal, réduit le temps de contact avec certains carcinogènes alimentaires.
Pour le cancer du sein, les effets de l'activité physique peuvent passer par la réduction de l'excès de poids, lequel provoquerait des cascades de réactions hormonales à l'origine des processus de cancérisation au niveau du sein.
En conclusion, l'activité physique doit faire partie intégrante de notre mode de vie. Notre organisme est fait pour bouger, respectons ce besoin élémentaire
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