Le Messager (Douala)

Cameroun: Emile Toukam, naturopathe " Le cancer peut se soigner proprement "

Alexandre T. Djimeli

8 Août 2005


interview

On assiste aujourd'hui à une montée fulgurante du cancer dans la société camerounaise. Les statistiques des hôpitaux de référence de la République sont alarmantes. Au moment où les malades vivent une peur de ne jamais trouver la guérison, M. Toukam Emile, naturopathe, propose un traitement. Il explique sa formule, montre l'ampleur de la maladie, relève les facteurs à risque, et sensibilise le public à la prévention.

Il est communément admis que le cancer est une maladie incurable, ou du moins qu'il est difficile de le soigner. Pourtant on annonce depuis quelque temps des exploits du Cabinet médical le Big-Bang dont vous êtes le directeur. Qu'en est-il exactement.

Notre cabinet a effectivement mis sur pied une formule de traitement du cancer et les premiers résultats sont, pour l'essentiel, satisfaisants. Si pour le moment seuls nos patients peuvent nous croire, je pense, eu égard aux préjugés que l'opinion véhicule généralement sur cette maladie, que ceux qui les rencontreront seront probablement émerveillés. Je sais que chez nous il y a toujours des blocages du genre " les Africains ne peuvent rien trouver de bons là où les Blancs se cherchent encore ". Mais je peux assurer que les modestes connaissances des naturopathes locaux sont un trésor qui peut permettre aux Africains de préserver ou de retrouver leur santé. J'y crois fermement et mes recherches se situent dans cette logique, parce que nous autres avons à coeur de sauvegarder le savoir médicinal ancestral avec cette obligation de l'améliorer, de l'adapter aux exigences de la modernité, afin d'apporter l'alternative là où les pratiques thérapeutiques d'importation occidentale ou asiatique manquent d'inspiration comme c'est justement le cas avec le cancer.

Pouvez-vous parler du processus thérapeutique de votre formule et évoquer des cas précis auxquels vous avez fait face.

D'une manière générale, le traitement (par phytothérapie) que je propose a pour rôle de détruire les cellules cancéreuses. D'abord, les produits que le patient prend empêchent les cellules déjà attaquées de se multiplier et de se propager dans le sang ainsi que dans les autres parties du corps. Ensuite, ils stimulent la production d'enzymes protecteurs. Enfin le système immunitaire qui reconnaît et détruit les cellules anormales est fortifié. De même, ce traitement ralentit la dégradation de l'Adn (acide désoxyribonucléique) et permet au malade de fabriquer davantage de cellules vigoureuses qui tuent les cellules cancéreuses, etc. Il serait en tout cas difficile d'énumérer ici toutes les propriétés de ce traitement car le travail effectué par notre équipe d'évaluation a de très riches résultats que n'importe qui peut consulter.

J'ai déjà fait face à de nombreux cas et celui qui m'a le plus marqué moi-même c'est cette dame d'Akonolinga. Elle souffrait d'un cancer du sein et avait refusé qu'on ampute une partie de son corps comme on le fait souvent à l'hôpital. Au moment où on nous saisissait, elle en était au stade terminal de la maladie. Ses seins, parsemés de plaies puantes et saignantes, étaient en état de putréfaction très avancé, dégageant des odeurs nauséabondes. Elle avait des ganglions au cou, ce qui l'empêchait de faire un simple mouvement de rotation de la tête. Elle ne faisait plus pratiquement les selles et manquait d'appétit ; ce qui l'entraînait inexorablement vers une mort certaine. Il était difficile de rester auprès d'elle. Sa propre famille ne supportait plus sa présence car bien que vivante, elle pourrissait déjà aux yeux de ses proches. L'échec de guérison par la " médecine conventionnelle " était confirmé. Nous l'avons prise en main et aujourd'hui, elle est sortie de la phase terminale de la maladie et évolue vers une guérison.

Que représente, pour la société camerounaise, l'espoir de guérison d'une maladie qu'on assimilait jusque-là à la mort ? Autrement dit, le phénomène est-il si important aujourd'hui pour que votre proposition soit un progrès significatif pour la santé humaine.

Le phénomène atteint déjà des proportions inquiétantes. Faites un tour à l'Hôpital central de Yaoundé, à l'Hôpital Lanquintinie de Douala, dans les hôpitaux généraux, etc. Vous allez vous rendre compte du taux de pénétration du cancer dans la société camerounaise en regardant le nombre de cas déclarés sur une année : les statistiques sont alarmantes ! C'est pourquoi je peux dire qu'une piste de guérison représente un progrès significatif pour la société camerounaise, si on ne s'en tient qu'à l'ampleur du phénomène.

C'est, je crois, un ouf de soulagement : premièrement pour les malades qui endurent les pires souffrances dans les cas compliqués, deuxièmement pour ses parents et amis qui savent ce qu'il faut mobiliser pour suivre un malade, troisièmement pour la société dont l'évolution est si souvent retardée par ces maladies qui frappent d'invalidité des bras capables d'impulser son progrès.

On entend aujourd'hui parler de cancer de la peau, du poumon, du sang, du sein, Combien de types de cancer existe-t-il au juste et comment les attrape-t-on.

Il existe environ 300 types de cellules dans le corps humain, chacun d'eux pouvant donner naissance à un cancer particulier. Notons cependant que le cancer prend généralement le nom de l'organe dans lequel il s'est déclaré : cancer du poumon, du sein, du foie, du rein, des os, du sang, etc. Dire comment le cancer s'attrape peut-être un exercice périlleux ; nous dirons plutôt que des facteurs génétiques, hormonaux, et d'autres liés à l'environnement seraient impliqués dans le déclenchement de la maladie. Quand elle se déclenche, on observe soit une tumeur ayant tendance à s'accroître, à détruire les tissus voisins et à donner d'autres tumeurs à distance de son lieu d'origine ; ou alors une simple prolifération anormale et anarchique des cellules sans qu'elle ne prenne la forme d'une tumeur (cas de la leucémie ou cancer du sang). En tout cas, comme le dit Hamburger, les cancers sont des " maladies du code qui commande à la genèse et à la multiplication cellulaire. "

Au-delà de la pathologie et des facteurs à risque que je viens d'évoquer, j'aimerais attirer l'attention des femmes quant à leur sein et leur appareil génital. Les seins des femmes exposées à des radiations ionisantes (un exemple, le fer à repasser) courent un risque élevé, ainsi que celles qui sont en contact avec les produits chimiques toxiques (le tabac en est un exemple). Les femmes mariées avec un fumeur sont également exposées au cancer du sein. En effet, la fumée de cigarette contient du goudron constitué de plus 4.000 produits chimiques dont 43 sont réputés cancérigènes. Parmi ces produits, on trouve le cyanure, le benzène, le méthanol et l'acétylène (qui sert aussi de carburant pour les lampes). La fumée contient également de l'oxyde d'azote et du monoxyde de carbone, deux gaz toxiques. Son composant actif principal est la nicotine, une drogue qui crée une forte dépendance.

Nous savons que la majorité des cancers du poumon sont dus au tabac et la majorité des cancers de la peau aux rayons ultraviolets du soleil. Le cancer du sein quant à lui ne semble pas avoir une cause unique. Mais quand l'homme fume, une partie des produits toxiques se dépose sur la langue, les lèvres, dans la bouche, au pharynx, Lors de la copulation ou des préliminaires amoureux, celui-ci suce les bouts des seins de sa femme et, d'une manière insidieuse, ces produits cancérigènes pénètrent les pores des seins et y déposent ces substances cancérigènes. Et là, tout peut arriver.

Le risque pour un Camerounais d'attraper le cancer est-il si important ? Si oui quels sont les actes qu'en posant au quotidien quelqu'un peut devenir une victime du cancer ?

Si le risque d'attraper un cancer n'est pas aussi important que celui d'attraper le paludisme, la fièvre jaune ou le sida, il faut dire qu'il devient plus important aujourd'hui. Cela est dû, entre autres, au changement d'habitudes alimentaires. Vous constaterez que beaucoup de gens abandonnent un régime alimentaire pauvre en graisse, pour un régime riche en graisse. Les Camerounais sont des buveurs de boissons fortes et fumeurs de cigarettes. On constate en effet que le pourcentage des personnes atteintes du cancer du sein ou du foie est de plus en plus élevé dans notre pays.

N'oublions pas aussi que les Camerounais se livrent à des relations sexuelles précoces ; des rapports sans protection, avec partenaires masculins nombreux ; des rapports avec un partenaire qui a lui-même plusieurs partenaires. Tout cela contribuerait à une infection à papillomavirus humains (Hph) pouvant entraîner un cancer du col de l'utérus chez la femme et, chez l'homme, l'apparition des verrues au niveau génital sous forme de tumeur génitale appelée condylomes acuminés. Bien qu'il existe plusieurs types d'infection à papillomavirus humains, quelques-uns peuvent être cancérigènes c'est-à-dire causer un cancer.

Ainsi les Camerounais sont si exposés au cancer qu'il devient très urgent de renforcer le dispositif national de sensibilisation des populations dans les domaines nutritionnels, environnementaux, psychologiques ainsi que dans les habitudes des plaisirs, pour prévenir cette maladie.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2005 Le Messager. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Cameroun

Rubriques