Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Le restaurateurs affirment «servir des mets délicieux»

Fl. Nl-Ns

12 Août 2005


Kinshasa — Les restaurateurs de la ville de Kinshasa sont soucieux de l'avenir de leurs enfants.

C'est pourquoi ils estiment que la profession de restaurateur ne doit pas disparaître parce qu'elle contribue à la reconstruction préconisée par le gouvernement. Ils se déclarent en règle avec les différents services de l'Etat impliqués dans la gestion de ce secteur et dégagent leurs responsabilités quant à l'insalubrité de la capitale.

Les restaurants populaires poussent comme des champignons dans la ville de Kinshasa. Beaucoup de communes, si pas toutes, sont envahies par cette catégorie de restaurants. Il y a une vingtaine d'années, ce phénomène était inconnu dans la capitale. Mais, depuis environ huit ans, il a fait une entrée en force et remarquable dans les moeurs de nombreux Kinois. Leur clientèle se recrute aussi bien parmi les hommes que les femmes. Mais, c'est surtout la gent masculine qui est la plus nombreuse en ces lieux.

MME BOKETSU : « C'EST DEPUIS 1986 QUE JE SUIS DANS CE METIER »

Mme Boketsu tient un restaurant populaire depuis 1986. Celui-ci est situé dans la commune de la Gombe, précisément derrière le building administratif de l'Office national des transports (Onatra), où elle loue un emplacement sur un terrain appartenant à cette entreprise d'Etat. Entièrement réservée aux activités commerciales, cette parcelle abrite également d'autres restaurants populaires et des débits de boissons.

A ce jour, elle totalise dix-neuf ans de métier de restauration. Comment ont été ses débuts ? Elle explique : « Dieu a créé chaque personne en le dotant d'un don. Il y a beaucoup de métiers, comme on peut s'en rendre compte; c'est ainsi que vous trouverez des femmes qui ont choisi celui de vendeuse de braises. Ou encore celui de vendeuse de pains. Mais moi, j'ai opté pour le métier de restaurateur. Et ce, depuis mon enfance ». Mme Boketsu sert des mets prisés par beaucoup de Kinois, à savoir le haricot, le chinchard communément appelé « Thomson », les feuilles de manioc, le riz, les poissons fumés, le « mfumbwa », etc.

La majorité de ses clients lui est fidèle depuis qu'elle a ouvert son restaurant. Mais d'autres y viennent simplement par curiosité, c'est-à-dire quand ils ont faim et qu'ils veulent se restaurer. « Les mets que je prépare sont délicieux au point d'attirer une clientèle de plus en plus nombreuse chaque jour », confie-t-elle, satisfaite de son travail. Elle prend à témoin les reporters du journal Le Potentiel présents sur le lieu pour une enquête sur les activités des restaurants populaires. Le plat de viande accompagné de deux boules de « fufu » coûte 500 Fc, celui de poisson chat communément appelé « nzombo » et deux boules de « fufu » coûte 600 Fc, les haricots au riz coûtent 200 Fc, etc. « Si mes mets n'étaient pas délicieux et rendaient les clients malades comme le prétendent certaines personnes, je n'aurais plus aujourd'hui une clientèle nombreuse et sûrement j'aurais déjà mis la clef sous le paillasson », poursuit-elle.

Très à cheval sur les règles d'hygiène, la restauratrice fait remarquer que les marmites contenant la nourriture portent tout le temps des couvercles. « C'est seulement lorsque le client se présente sur lieu et qu'il manifeste l'envie de manger que les couvercles des marmites sont momentanément enlevés pour lui permettre de faire le choix des mets et ils sont immédiatement remis à leur place aussitôt que le client est servi », a soutenu Mme Boketsu.

Par ailleurs, cette dame s'est dit fière de tirer profit de son commerce. « Je nourris mes enfants et certains d'entre eux ont pu terminer leurs études grâce à mon travail », explique-t-elle. Avant de déclarer que tant que sa santé le lui permettra, elle continuera à exercer ce métier.

LA RESTAURATION A CREDIT SUPPRIMEE

Sous la deuxième République, cette dame avait instauré un service de restauration à crédit. C'est-à-dire que le client pouvait se restaurer et payer plus tard. Mais, généralement, la plupart des clients payaient comptant. « Pendant cette époque, je réalisais de bonnes recettes qui me permettaient de subvenir à tous mes besoins. Mais, cette époque est maintenant révolue. Ce n'est plus qu'un lointain souvenir. Aujourd'hui, les choses ont changé, les temps sont devenus durs. Mais comme je ne sais pas faire autre chose que la restauration, je suis restée dans le secteur par amour pour le métier », raconte-t-elle avec nostalgie.

Autre temps, autres moeurs, dit un adage. Selon ses confidences, Mme Boketsu déplore le fait que depuis quelque temps, certains clients qui mangent à crédit disparaissent dans la nature. Causant ainsi un préjudice énorme au restaurant. « C'est pour cette raisons que nous avons décidé de mettre fin au système de crédit afin d'éviter que nous mettions un jour la clé sous le paillasson », nous a expliqué cette dame.

Pour exercer ce commerce, Mme Boketsu estime que 10.000 francs congolais suffisent. Mais, la personne qui a envie d'exercer ce métier doit être armée de courage et surtout de volonté. Car, cette entreprise est souvent périlleuse. Car, on peut acheter de la marchandise pour 20.000 francs congolais et ne pas rentrer dans ses frais. « Mais cela ne doit pas être un motif de découragement », conseille-t-elle. Et d'ajouter : « Au contraire, on doit persévérer et attendre les meilleurs jours pour prétendre faire de bonnes recettes et vivre de son métier».

LOCATAIRES DE L'ONATRA

Tous ceux qui exercent des activités dans cette parcelle sont tous des locataires de l'Onatra. Avec cette entreprise d'Etat, chacun d'eux a signé un contrat aux termes duquel le loyer est payé mensuellement et le taux est fixé en fonction de l'importance des activités exercées. Ainsi, certains restaurateurs paient mensuellement 10 dollars américains, mais ceux qui combinent restaurant et débit de boissons payent 50 dollars Us, et d'autres encore comme, les vendeuses de « thomson », poisson salé et autres denrées alimentaires payent, 4 dollars Us.

Autre fait relevé : les services de l'Etat de la commune de la Gombe, notamment ceux de l'hygiène et de l'environnement, ne sont jamais descendus sur les lieux. Cela fait évidemment l'affaire des restaurateurs et autres exploitants de débits de boissons. Non seulement qu'ils ne paient pas les taxes dues à l'Etat mais ils sont dispensés du contrôle médical exigé par la loi lorsqu'on exerce ce type d'activités.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2005 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Congo-Kinshasa

Rubriques