Altervision (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Guillaume Soro nomme des Généraux.

10 Août 2005


Au moment où Agboville et Anyaman (banlieue de la capitale économique ivoirienne) étaient attaquées par des assaillants, le Secrétaire Général des Forces nouvelles, Soro Guillaume, présidait, comme un Chef d'Etat à Bouaké (son fief), une cérémonie de remise de grades aux Officiers de son armée.

Ainsi, "au nom du peuple", il a élevé au grade de Général de Brigade, les Colonels Soumaila Bagayoko, Chef d'Etat Major et Geu Michel, Ministre des Sports ; tous les membres des Forces armées des Forces Nouvelles ont été élevés au grade supérieur ; les engagés volontaires ont été faits caporaux.

Cette large promotion met les éléments des Forces Armées des Forces Nouvelles au même niveau de grade que leurs homologues du Sud. La refondation prévue de l'armée nationale ne serait pas étrangère à cette mesure de Guillaume Soro.

Les attaques, par un groupe d'assaillants non identifiés, des localités d'Anyaman et d'Agboville, avaient causé sept morts dont cinq gendarmes, un militaire et un agent des eaux et forêts, des Forces de Défense et de Sécurité.

Les Forces de Défense et de Sécurité qui ont repris le contrôle de ces localités, ont enregistré deux blessés, tué "plusieurs assaillants" et faits prisonniers 19 autres.

Un communiqué diffusé le lundi de l'Etat Major des FANCI (Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire) indique en outre que trois véhicules des assaillants ont été détruits et que plusieurs armes, ainsi que des munitions et tenues militaires saisis.

A Ayaman, ce sont le Commissariat de police et la Brigade de Gendarmerie qui ont été attaqués simultanément.

Les assaillants, arrivés à bord de deux mini cars de transport en commun et de deux taxis, ont emporté, après l'attaque des deux services de sécurité, des Kalachnikov, des appareils de communication, des munitions et des tenues militaires, après avoir saccagé les bureaux et détruit des documents.

Apparemment, ce serait le même groupe d'assaillants, empruntant des chemins de brousse pour sortir d'Ayaman et éviter les corridors de contrôle sur les axes bitumés, qui aurait attaqué Dimanche matin, la ville d'Agboville pour l'occuper pendant quelques heures avant d'en être délogé par les Forces de Défense et de Sécurité.

Les assaillants ont pu libérer quelques 200 prisonniers, mais, selon plusieurs témoignages, ils n'auraient pas bénéficié du soutien des populations ; ce qui aurait grandement facilité la tâche des Forces de Défense dans cette zone réputée acquise au FPI, le parti du Président Gbagbo.

Ces événements surviennent à quelques jours du début du processus de désarmement.

Les attaques des communes d'Ayaman et d'Agboville ont été attribuées par Charles Blé Goudé, leader des Jeunes Patriotes à "ceux qui ne veulent pas des élections", le G7 qui regroupe les partis de l'opposition et les Forces Nouvelles..

"A partir de cet instant, moi, Charles Blé Goudé, Ministre de la Rue, j'interdis toutes les manifestations du G7 dans la zone gouvernementale", avait-t-il déclaré.

Déjà, après l'attaque meurtrière de Duékoué, en Juin dernier, et qui a entraîné des dégâts matériels et humains (environ 100 morts, tous civils : femmes, nourrissons, enfants, adultes, vieillards), l'émoi et l'exaspération étaient à leur comble tant en Côte d'Ivoire, qu'à l'étranger ; ce qui avait conduit le Président Gbagbo à nommer des Gouverneurs et des Préfets militaires.

Selon lui, ce nouveau dispositif des soldats, "permettra de mieux sécuriser le territoire sous contrôle gouvernemental et de préserver la vie des personnes et leurs biens".

C'est ainsi que, pour la ville d'Abidjan, un décret présidentiel est venu créer un Centre de Commandement des Opérations de Sécurité, en abrégé CCOS, avec, à sa tête le Colonel de gendarmerie Djé Bi Poin ; il a pour Adjoint le Commissaire de Police, Brédou Siméon.

Le district d' Abidjan a été divisé en 5 secteurs qui sont : Secteur 1 : YOPOUGON, comprenant les communes de Yopougon, Locodjro, Abobodoumé ; Secteur 2 : ABOBO, comprenant, les communes d'Abobo, Anyama et le quartier la Djibi ; Secteur 3 : ABIDJAN CENTRE, englobant les communes d'Adjamé, Attécoubé et Plateau ; Secteur 4 : COCODY englobant la commune de Cocody avec ses démembrements que sont les quartiers d'Attoban, Riviera, Deux -Plateaux, et la commune de Bingerville.

Secteur 5 : Abidjan Sud, comprenant les communes de Treichville, Marcory , Koumassi, Port Bouet et le quartier de Vridi.

Pour l'intérieur du pays, ce sont au total, 4 Préfets (des Officiers supérieurs) et 13 Sous-Préfets (des Officiers subalternes) qui ont été nommés dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, zone qui enregistre le plus de combats et de massacres de populations civiles.

Cette nouvelle approche sécuritaire ne rassure pas l'opposition ivoirienne qui voit dans cette militarisation de la ville d'Abidjan et des régions, une façon pour le pouvoir de verrouiller le processus électoral d'Octobre prochain en intimidant, aussi bien les candidats que les populations.

La Cote d'Ivoire, naguère havre de paix et de richesse pour toute l'Afrique de l'Ouest, traverse, depuis décembre 1999, une zone de haute turbulence politique ; avec, en plus, la partition du pays en deux, après le déclenchement de la guerre civile en Septembre 2002.

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