United States Department of State (Washington, DC)

Soudan: Tournée du député Chris Smith en Éthiopie et au Soudan

Jim Fisher-Thompson

12 Août 2005


Washington, DC — Ce promoteur des droits de l'homme préside la sous-commission de la Chambre sur l'Afrique.

M. Christopher Smith, député républicain du New Jersey et président de la sous-commission de la Chambre des représentants sur l'Afrique, les droits de l'homme dans le monde et les opérations internationales, entreprend le 14 août une tournée officielle d'une semaine en Afrique, qui le conduira en Éthiopie et au Soudan. Il s'est entretenu, le 11 août, avec le « Washington File » des objectifs de son voyage.

Militant de longue date en faveur des droits de l'homme, M. Smith entend appliquer à l'Afrique les enseignements qu'il a tirés de son action en faveur de la dignité humaine et de la liberté politique en divers endroits du monde, de la Birmanie au Salvador. Il s'est dit optimiste au sujet de l'avenir politique et économique de l'Afrique, tout en recommandant la patience étant donné qu'il n'y a « aucune garantie que la situation s'y améliorera rapidement ».

Les entretiens qu'aura le parlementaire américain en Éthiopie et au Soudan avec de hauts responsables de ces deux pays ainsi qu'avec des représentants d'organisations non gouvernementales et des chefs religieux porteront sur les droits de l'homme, le règlement des conflits et le processus électoral. Il visitera en outre en Éthiopie une clinique spécialisée dans le traitement des fistules obstétricales, source chez les femmes de grandes souffrances physiques et psychologiques : incontinence urinaire, stigmatisation, isolement du reste de la société. Les femmes atteintes de ce mal deviennent « de véritables lépreuses des temps modernes », a déploré M. Smith.

Naguère centrée sur l'Afrique, la sous-commission que préside ce dernier a élargi ses activités aux droits de l'homme dans le monde, ce qui s'explique logiquement par le fait que « la promotion des droits de l'homme et l'intérêt pour l'Afrique s'imbriquent naturellement. Les peuples africains méritent une démocratie dynamique, qui leur profitera sinon immédiatement, certainement à long terme. L'adhésion aux valeurs démocratiques leur apportera la prospérité dont bénéficient d'autres parties du monde. »

Le message important qu'il adresse aux Africains est le suivant, a-t-il dit : « Les Américains se soucient de l'Afrique et le gouvernement des États-Unis aidera ce continent à faire face à ses défis politiques et économiques. »

Dans ce contexte, a observé M. Smith, les Américains doivent se réjouir de la réaction rapide de leur pays à des situations catastrophiques telles que la pénurie alimentaire au Niger. L'aide d'urgence des États-Unis à ce pays a été plus importante que celle de tout autre pays, se montant jusqu'ici à 14,1 millions de dollars.

« Nous menons une politique soutenue d'aide à l'Afrique à tous les niveaux. Cependant, dans certains domaines, tels que l'aide aux réfugiés, l'Afrique ne reçoit pas une part suffisante. »

M. Smith a indiqué qu'il se rendrait d'abord, en compagnie du spécialiste de l'Afrique au sein de la sous-commission, M. Gregg Simpkins, en Éthiopie, où le premier ministre Meles Zenawi a conservé le pouvoir au terme d'élections tenues en mai dernier et dont les résultats ont été vigoureusement contestés par l'opposition politique. Ã- Addis-Abeba, les entretiens porteront sur ces élections, « en particulier sur la frustration croissante suscitée par des violations des droits de vote et qui risque de causer des problèmes sociaux qui dépasseront le cadre des protestations que nous avons vues jusqu'ici ».

Les manifestations organisées en juin contre le délai de publication des résultats officiels du scrutin ont fait plus de 35 morts chez les protestataires. M. Smith a dit qu'il entendait discuter de « l'impasse électorale » avec les organisateurs du scrutin ainsi qu'avec des représentants du parti au pouvoir et de l'opposition.

La protection des femmes et des enfants est un sujet qui intéresse particulièrement le parlementaire américain, qui visitera à Addis-Abeba un centre de soins spécialisé dans le traitement des fistules. « Les fistules obstétricales représentent l'une des principales causes de mortalité féminine dans le monde en développement (environ 8 % des décès liés à un accouchement), et notre centre en Éthiopie est un modèle que nous voudrions exporter ailleurs pour soigner les femmes qui souffrent terriblement de ce problème. »

M. Smith a récemment ajouté à la loi de finances relative aux relations étrangères une disposition prévoyant 12,5 millions de dollars pour financer des opérations de traitement de fistules obstétricales en Afrique.

Le président de la sous-commission se félicite également de l'adoption en 2000 d'une loi qu'il a parrainée en faveur des victimes de la traite des personnes et d'actes de violence, qui cible particulièrement les enlèvements d'enfants et l'esclavage international.

Au Soudan, où il se rend pour la première fois, l'esclavage se pratique encore, a déclaré M. Smith. « Depuis quelque temps, le Soudan est l'épicentre de la traite des personnes au plan mondial. Nous devons encourager et inciter les autorités et le peuple soudanais à faire disparaître ce fléau séculaire. »

M. Smith sera le premier responsable élu des États-Unis à être reçu à Khartoum par le président Omar al Bashir depuis l'instauration du nouveau gouvernement d'unité nationale au Soudan le 9 juillet, suivie de la mort de John Garang, nouveau premier vice-président et chef du Mouvement de libération du peuple soudanais, dans un accident d'hélicoptère.

En dépit de la mort de John Garang, « le peuple soudanais doit persévérer sur la voie de la paix et du progrès », a affirmé M. Smith. « Le vice-président John Garang a consacré une bonne partie de son existence à travailler à une vie meilleure pour ses compatriotes ; le seul moyen de progresser maintenant est de faire en sorte que ses efforts en faveur de la paix, de la stabilité et de la justice dans la région se poursuivent. »

M. Smith a indiqué qu'il comptait également se rendre dans des camps de réfugiés au Darfour, province où des milices soutenues par les autorités soudanaises ont mené une campagne d'épuration ethnique. « Bien que le nombre de morts ait diminué au Darfour ces mois derniers, les réfugiés continuent à souffrir et une planification efficace doit être mise en place afin d'aider ces gens à reprendre une vie normale », a-t-il déclaré.

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