César Etou et Serikpa Benson
16 Août 2005
Hélas pour la Côte d'Ivoire ! La mort a eu raison de Jean Paul Dahili, le samedi 13 août dernier, à la Polyclinique internationale Sainte Anne Marie (PISAM) de Cocody-Corniche. Le "Lion" de la galaxie patriotique, comme l'appelaient affectueusement ses amis, s'est éteint à 14 h en ce deuxième samedi du mois d'août 2005.
La maladie a eu raison de ce solide gaillard qui, 15 jours durant, a sombré dans le coma suite à une délicate opération chirurgicale de sauvetage tentée par deux fois pour le sauver.
Seuls les médecins pourront mieux expliquer les circonstances exactes de ce décès. Mais, selon les informations obtenues, la maladie de Jean Paul Dahili s'est manifestée à la mi-novembre 2004 après les barbaries de l'armée française contre le peuple ivoirien. On se souvient que, le 6 novembre, Dahili a été contraint, par les circonstances, de reprendre les commandes de la Radiodiffusion Télévision ivoirienne (RTI) pour mobiliser les Ivoiriens et la communauté internationale. Objectif : faire barrage au plan diabolique des militaires français de la force Licorne qui, sur ordre de Jacques Chirac, avaient détruit la flotte ivoirienne et cherchait à attenter à la vie du président ivoirien, Laurent Gbagbo. L'objectif a été atteint, mais il a fallu plusieurs semaines d'insomnie et d'engagement sans calcul au "Lion" pour accomplir sa mission pour la liberté des Ivoiriens. Malheureusement, après cet effort hautement patriotique et républicain qui a contribué à faire échec à la tentative de déstabilisation du régime du président Laurent Ggagbo par la France chiraquienne, l'ex-secrétaire général de la RTI sous Georges Wenceslas Simbi Aboké a subi, le 7 janvier 2005, à la résidence du président de la République, une attaque cardio-vasculaire. Soldat infatigable de la lutte pour notre émancipation, Dahili était alors en entretien avec la Première Dame, Mme Simone Ehivet Gbagbo, qui recueillait son avis sur certains dossiers de l'heure. Evacué d'urgence à l'hôpital pour des soins intensifs, Dahili semblait se rétablir après cette crise, mais il rechutera le 19 juillet.
Les examens approfondies ont montré, en fin de compte, l'existence d'un caillot de sang dans son cerveau. L'opération comportait d'énormes risques. Mais, selon les informations, si le "sauvetage" n'est pas tenté, il restait de toutes les façons très peu de jours de vie au patient. Dahili n'était pas homme à attendre la mort sans réaction. Il a accepté de se sauver de cette situation désespérée.
L'opération crânienne effectuée le 19 juillet 2005 semblait avoir réussi, mais la santé de Jean Paul Dahili est restée fragile. Dix jours après, c'est-à-dire le 29 juillet, le combattant rechute. Il subit alors une deuxième opération crânienne. Celle de trop. Dahili ne sortira plus d'un coma dans lequel il reste plongé, pendant 15 jours, jusqu'à son décès le samedi 13 août dernier.
Ainsi donc, le combattant est tombé. Jean Paul Dahili ne rejoindra plus sa nouvelle fonction, celle de conseiller technique du président de la République. Il ne reprendra plus sa place au sein du conseil municipal de Cocody. Il ne siègera plus jamais au Comité central du Front populaire ivoirien (au pouvoir) et ne verra pas la réunification et la libération de la Côte d'Ivoire.
A présent, son épouse Yolande Dahili et leurs quatre enfants, sa famille et tout le canton Tigrou (Lakota), ses amis et tous les Patriotes ivoiriens n'auront de lui que le souvenir de son intégral engagement pour l'indépendance politique de la Côte d'Ivoire.
La rédaction de "Notre voie" adresse ses sincères condoléances à la famille éplorée.
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