Freddy Monsa Iyaka Duku
17 Août 2005
Kinshasa — Réjouissances à fortes libations pour la nomination d'un mandataire. Réunion du parti pour rappeler aux nouveaux promus l' existence du parti politique qui les a propulsés au sein du Comité de gestion. Discours démagogique à la presse annonçant déjà des lendemains agités entre les Présidents des Conseils d'administration et les Administrateurs délégués généraux. Ce sont-là les premières manifestations enregistrées au lendemain du partage des responsabilités au sein des Entreprises publiques.
Des premières manifestations soulèvent des inquiétudes quant à la bonne gestion de ces sociétés d'Etat. Inquiétudes justifiées déjà par ces départs en cascade au sein des partis politiques pour n'avoir pas été retenu dans les nominations. Expression d'un manque total d'une idée exacte d'une entreprise publique en tant que bien de l' Etat, de la collectivité et non un bien privé pour des intérêts personnels et gloutons.
OBJECTIFS DU GOUVERNEMENT ET PRINCIPES DU MANAGEMENT
Les manifestations évoquées ci-dessus, si elles peuvent être tolérées, dans une moindre mesure, elles sont incompatibles avec les bonnes moeurs d'une bonne gestion. En effet, il ne faut pas du tout galvauder l'idée fondamentale de l' Accord global et inclusif. Nulle part, cet accord ne consacre la boulimie du pouvoir et de ses privilèges. Les mandataires, autant que les parlementaires, ont un mandat national. Une fois nommés, ils doivent privilégier les intérêts supérieurs de la Nation et non ceux de leur parti ou composante.
Dans le cas des Entreprises publiques, les mandataires n'appartiennent plus à leur parti, mais sont condamnés à obéir aux lignes maîtresses arrêtées dans le programme du gouvernement. Ils ne doivent point exceller en termes de popularité, même en cette période électorale, mais plutôt en termes de performances, qualitatives, pour l'excellence du travail, et quantitatives en ce qui concerne l'augmentation de la production. Au bout du tunnel, c'est bien sûr l'amélioration du niveau de vie de la population. Aussi, revient-il au gouvernement, en ces instants précis, à travers le ministère du Portefeuille, de rappeler ces principes aux nouveaux mandataires, de faire en sorte qu'ils se sentent liés par un «contrat-programme» en vue d'augmenter la Production nationale brute, Pnb, et par voie de fait améliorer le Produit intérieur brut ( Pib) per capita ( par habitant).
Autant le ministère du Portefeuille doit se mettre résolument au travail dans le contexte ci-évoqué, autant les différents Partis politiques doivent s'abstenir de prendre en otage les mandataires au travers des réunions et des discours politiciens. Certes, nous refusons de faire preuve de surdité et de cécité avec l' organisation des élections. Mais une fois de plus, la contribution tant attendue par les différents partis politiques ne s'obtiendra pas à coup de popularité, mais par un travail bien fait sanctionné par des performances économiques et sociales.
PAS UN LIEU ELECTORAL
Dans le même ordre d'idées, les mandataires ne doivent en aucun cas transformer les Entreprises publiques en un lieu électoral où ils brandiront, au début et à la fin de chaque journée, le drapeau de leur parti. C'est la chose la plus ignoble qu'ils auront fait, démontrant une fois de plus qu'ils ne savent pas justifier leur appartenance à un parti politique. Un parti politique, dans une définition élargie, est une seconde école de la vie, où se cultivent la loyauté, l'excellence à mettre au service du pays et de la population.
Comment expliquer cette précipitation à rendre toujours pléthorique le personnel de l'entreprise en imposant le recrutement des membres du clan familial et régional ? Les premières difficultés apparaissent quand on apprend que les nouveaux venus traînent derrière eux poulets, chèvres, canards qu' ils tiennent à tout prix à faire entrer dans la basse-cour. C'est la catastrophe. Tout simplement parce que les principes directeurs du management sont foulés aux pieds Une fois de plus, le pire est devant nous.
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