Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: RDC: processus électoral piégé

Docteur En Sciences Politiques De L'ucl Analyste Spécialisé Des Questions Politiques Du Congo

18 Août 2005


opinion

Kinshasa — Que fait ce « D » entre le « R » et le « C » ? Quelle est la part de la réalité « démocratique » du Congo d'aujourd'hui?

Il y a plus d'un an que nous aurions entrepris la formule « 1 + 4 = 0 »... mais nous sommes aujourd'hui dépassés par la réalité, qui nous impose son « moins que rien » !

En effet, ce gouvernement à prétendue finalité «démocratique» n'a pourtant pas hésité à tuer. Ses victimes ne sont pas des membres de bandes armées qui écumeraient le pays... Il n'a en réalité tué que des citoyens « manifestant simplement » pour la même « démocratie » : quatre morts à Mbuji-Mayi, dix à Kinshasa, et on parle d'étudiants tués à Kisangani. Tous ces morts sont le travail d'égarement de ceux dont la mission affichée est de défendre le peuple.

Il semble stupéfiant, par ailleurs, que des femmes et des enfants aient été brûlés vifs au Kivu par des groupes déchaînés d'hommes en arme,... Vivons-nous donc dans un pays dont les seuls centres moteurs sont ceux de la corruption, de la violence et du totalitarisme?

Voilà ce qu'est devenu, malgré le CIAT et la MONUC, l'un des pays potentiellement le plus riche du monde et dans lequel pourtant, le peuple continue à craindre de mourir de faim.., ou sous les balles...

La réponse vient confirmer la détermination dictatoriale de ceux qui prétendent s'appeler un « gouvernement de transition ».

Encore une fois, l'on tient à créer un climat de chaos, pour justifier apparemment demain, la non tenue des élections, pourtant souhaitées par la Communauté internationale, au plus tard pour le mois de juin 2006.

Dans une prolongation d'un tel marasme de la gestion de l'Etat, il est évident que l'unité du Congo cessera d'exister et que chaque province s'érigera en Etat autonome.

En foi de quoi, pour permettre aux générations futures de survivre, il y a nécessité de reprendre compte de certains préalables indispensables pour sortir ce pays malade de son chaos actuel.

Il faut d'urgence changer les choses: il faut pour cela que les hommes politiques du pays montent au créneau, qu'ils exigent un autre pouvoir, une autre organisation de l'Etat. Nous, résidents à l'extérieur, nous sommes prêts à rentrer au pays pour fournir notre expérience et notre participation.

Que l'Union européenne, l'Union africaine, ainsi que les dirigeants de l'actuelle transition cessent de faire croire au peuple congolais que l'avenir réside dans des élections qui ne seront, à l'évidence que truquées, malgré la vigilance théorique de la Communauté internationale. Cessons de nous laisser berner par des promesses sans arrêt reportées.

Les solutions ne sont pas simples à mettre en application immédiate, mais elles sont pourtant des plus évidentes.

L'action concrète se propose comme suit: 1. désarmement total des bandes armées, 2. payement des soldes des soldats légalement enregistrés, 3. protection efficace des populations civiles (surtout en milieu rural) par une police assermentée, afin d'éviter pillages, viols et massacres de civils innocents.

Vient dès lors la possibilité de restructuration de l'Etat en mettant en place un nouveau «gouvernement provisoire » animé par des technocrates non issus des composantes.

Cet « organe » provisoire de l'Etat doit être capable 1. de mettre en route un processus électoral crédible et démocratique 2. de garantir pour ce faire, une véritable liberté d'expression 3, de garantir la sécurité physique de « tous » les citoyens de la République.

Il est urgent que les Communautés religieuses du pays, les chefs coutumiers, les sages, les experts en gestion des affaires publiques reprennent les choses en main, puisque la Transition n'a servi à rien.

Il est urgent que les parlementaires de la Troisième République se penchent sur le choix d'une fédéralisation du pays.

Il est urgent enfin qu'une commission d'experts en économie et en diplomatie se penche sur des accords économiques avec ses voisins de Brazzaville, du Rwanda et du Burundi, afin de reconstituer un embryon de la Communauté économique des pays des Grands Lacs. Notre avenir commun en dépend.

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Par ailleurs, il est très nécessaire de créer une banque des micro-crédits pour permettre aux petites communautés locales de se reconstruire et de survivre.

Il est enfin très évident qu'il faut, sans plus tarder, restaurer les voies de communication dans l'ensemble du pays.

Malencontreusement pourtant, la crise actuelle continue à profiter à ceux qui, pour des raisons inavouées, planifient des stratégies de son possible maintien.

Il faut arrêter de « mendier» le respect ou l'honorabilité... Nous sommes finalement contraints de nous lever comme un seul homme!

Si nous savons l'exiger, le Congo pourra de nouveau sourire.

Congolais, levez-vous pour remettre en marche l'outil de production de votre immense territoire.

Bamba di Lelo

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