Moustapha Sene
18 Août 2005
En présidant, au nom du Ministre de la Santé et de la prévention médicale, l'ouverture officielle, hier à l'hôtel Méridien Président de Dakar, de la session internationale de formation et graduation de la Cohorte 11 du programme Lead Afrique francophone, le Dr Boubacar Dankoko, Conseiller technique n° 1 de ce département, a expliqué tout l'intérêt porté sur « l'Approche Ecosystémique de la Santé Humaine » (thématique centrale de la session) par le gouvernement du Sénégal qui , dans la dynamique impulsée par le Sommet de la planète terre, tenu en 1992 à Rio de Janeiro, a élaboré et applique tous les cadres stratégiques indispensables à la mise en oeuvre du développement durable.
« La prise en compte de la dimension environnementale, dans le cadre de la planification macro-économique, est confirmée par les options qui sous-tendent le plan d'orientation de développement économique et social à promouvoir un développement humain durable » a indiqué le Dr Dankoko pour qui « La volonté de traduire en actes les engagements pris, lors des rencontres internationales consacrées à la santé, a conduit le gouvernement du Sénégal à mieux prendre en compte la dimension environnementale dans les politiques sanitaires »
Si la problématique de l'approche « Eco-santé » suscite dans ce pays autant d'attention , c'est parce que les autorités qui en ont eu la charge sont, depuis longtemps, acquises à l'idée que la dégradation de l'environnement y est un des déterminants majeurs des problèmes de santé publique, a expliqué le représentant du ministre de la santé qui cite, parmi ces problèmes, les exemples précis de forte mortalité infanto-juvénile qui résulte, selon lui, de la prévalence du paludisme , des maladies diarrhéiques, de la malnutrition et des infections respiratoires aiguës favorisées par la pollution atmosphérique.
L'homme de l'art qu'est le médecin étant sur ce plan en osmose parfaite de vues avec les orateurs qui l'ont précédé à la tribune parmi lesquels l'homme de lettres et président de l'organisation internationale non gouvernementale Enda-Tiers Monde, M. Cheikh Hamidou Kâne, qui a mis en exergue, en la magnifiant, l'initiative qui a consisté à impliquer de façon pleine et entière plusieurs programmes de son organisation dans la réflexion sur la thématique de la session qui a bénéficié de l'important appui conceptuel et financier des partenaires canadiens que sont l'ACDI et le CRDI
Selon. M. Kane : « un tel choix traduit la volonté de Lead Afrique francophone d'articuler le discussions autour d'une thématique émergente qui met en relief l'impact de l'environnement sur le processus de développement économique et social ».
« Dans la logique du programme Lead, l'interférence de l'environnement dans le processus du développement résulte du fait que les sociétés, par leurs capacités productives et technologiques détiennent un pouvoir d'intervention leur permettant d'améliorer les conditions d'existence des populations ; mais aussi de modifier négativement leur environnement proche voire de porter atteinte aux équilibres fondamentaux , base de la vie sur terre ; » devait indiquer ensuite l'auteur du célèbre classique de la littérature africaine L'aventure ambiguë
Messieurs Mass Lô et Simon Lester, respectivement Directeur du Programme Lead Afrique francophone et Directeur exécutif de Lead international, avaient auparavant parlé des enjeux pour les pays émergeants du continent et reste du monde conviés à ces assises, du rôle de leur organisation dont la finalité consiste à faire émerger dans le monde un nouveau leadership plus sensible et ouvert aux exigences du développement durable. C'est à dire plus spécifiquement de renforcer les capacités de jeunes cadres du secteur privé, des institutions publiques, des organisations non gouvernementales, des instituts de recherche, des media, etc., de façon à les rendre plus aptes à résoudre les problèmes complexes que posent les choix des orientations et des modalités d'application des politiques de développement durable.
Dans l'exposé introductif au premier panel qui a suivi la plénière inaugurale, M. Guy Forget, expert canadien en la matière a fait d'éclairants développements sur l'approche écosystémique de la santé humaine qui, à la différence des méthodes classiques de gestion des problèmes de santé publique, encourage une gestion rationnelle de l'environnement, en vue d'améliorer le bien-être et la santé des populations. Autrement dit, une telle approche repose sur l'idée selon laquelle la bonne santé des populations dépend en grande partie de la qualité de leur environnement.
Les objectifs de la session, rappelons-le s'articulent autour de quatre axes majeurs. Il s'agit tout d'abord, d'envisager les multiples dimensions de la santé humaine en s'appuyant sur l'approche Eco-santé ; d'examiner la complexité des problématiques et des thématiques liées à la santé d'une part et, d'autre part identifier les défis et les opportunités en matière d'amélioration de la santé grâce à une gestion holistique de l'environnement (études de cas réalisées au niveau de communautés de base au Sénégal). De renforcer ensuite, les capacités des jeunes leaders en matière de prise de décisions correctes d'un point de vue éthique et d'analyse au travers de la préparation d'un compte rendu de la session ; Et d'élargir enfin le réseau d'échanges avec des partenaires dans différentes régions du monde.
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