La Presse (Tunis)

Tunisie: Pour une meilleure implication des services de soins

I.houari

20 Août 2005


Ignorés dans certains pays en développement de l'Afrique, les soins de santé sexuelle et reproductive contribuent, par leur absence, à augmenter le taux de mortalité auprès de la population féminine en âge d'enfanter.

Le manque d'information et d'orientation sur les maladies sexuellement transmissibles (MST), l'absence de soins pré et post-nataux exposent, en effet, les femmes à des maladies graves, poussant la Fédération internationale de planification familiale (Ippf) à tirer la sonnette d'alarme.

Afin de mettre en place des stratégies destinées à mieux organiser le secteur des soins de santé de base dans les pays où ils font défaut, cinq études, dont une touchant plusieurs régions du Maghreb et de l'Afrique (Algérie, Egypte, Djibouti, Libye, Mauritanie, Soudan, Somalie et Tunisie) ont été engagées pour identifier dans ces régions les besoins de la population en matière de soins de santé reproductive (SSR).

Le 15 août, des experts, des parlementaires et des représentants de la société civile de la région nord africaine se sont réunis en conclave à Tunis pendant deux jours, dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique. Et ce, pour discuter de la situation des Dssr dans les pays concernés et élaborer une série de recommandations qui serviront de base pour les ministères de la Santé, afin de les aider à élaborer leurs politiques de soins de santé reproductive.

Un document de référence vient d'ailleurs d'être élaboré comportant un panel de recommandations émises sur le thème des soins à apporter à la mère, des grossesses non désirées et de l'avortement à risque, de la mortalité maternelle, de la violence et des maladies sexuellement transmissibles. Signalons qu'à l'occasion de cette réunion sur "la santé reproductive et le Nepad", hommage a été rendu au Président Ben Ali par le directeur régional (monde arabe) de la Fédération internationale de planification familiale pour le soutien qu'il a apporté à l'installation chez nous du bureau régional de cette structure, et à la vie associative en général.

Le document recommande aux responsables de chaque région de mettre en place des services de santé reproductive, afin de dispenser des soins aux femmes de la naissance jusqu'à la ménopause. Par ailleurs, le document insiste sur le fait que des programmes de prévention des maladies sexuellement transmissibles, accouplés à des programmes de dépistage de certains cancers fréquents chez la femme, doivent être mis en place dans les services de soins de santé reproductive. Sans compter qu'un suivi systématique de la femme enceinte doit être assuré depuis le début de la grossesse jusqu'à la naissance pour dépister les malformations génétiques.

Des recommandations ont été également formulées sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes. Le document recommande d'impliquer les jeunes et de solliciter leur participation à l'élaboration des programmes de santé reproductive qui leur sont destinés. Il s'agit, par ailleurs, d'élaborer des programmes destinés à répondre à leurs besoins et de faciliter leur accès aux services d'information et d'orientation. Il s'agit enfin de renforcer les services destinés aux jeunes et d'améliorer la qualité des soins qui leur sont apportés en matière de santé sexuelle et reproductive, en pensant notamment à associer à cet effort les ONG, dont le rôle doit être centré sur l'éducation des jeunes.

Les experts ont, par ailleurs, inclus dans le document des recommandations sur les moyens permettant d'éviter les grossesses non désirées et le recours aux avortements à risque. Ils recommandent, dans le rapport soumis, de faciliter, pour les femmes, l'accès aux méthodes modernes de contraception, afin d'éviter les grossesses à risque et de généraliser les services de planification familiale.

Des études doivent, par ailleurs, identifier les causes des avortements et déterminer les conséquences sur la santé de la femme. Le rapport comporte, en outre, des recommandations relatives à la prévention des maladies sexuellement transmissibles (MST). Dans ce document, les experts recommandent notamment d'intégrer un programme de prévention des MST dans les unités de soins de santé sexuelle et reproductive. Des sessions de formation doivent être, en outre, organisées au profit des prestataires des services de planification familiale, comportant des modules s'articulant autour de la prévention et du dépistage de ces maladies et sur la manière de conseiller et d'orienter les personnes atteintes. Les pays doivent, d'un autre côté, intégrer dans leur politique de santé publique l'organisation de campagnes de sensibilisation sur les MST.

Enfin, le rapport a mis l'accent sur la nécessité de consolider le partenariat entre les gouvernements et les ONG qui doivent agir dans un effort commun pour garantir le succès et l'efficacité des programmes de planification familiale et de santé reproductive destinés notamment à améliorer la prise en charge sanitaire des femmes et des enfants.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2005 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Tunisie

Rubriques