Fraternité Matin (Abidjan)
Moussa Toure
22 Août 2005
Abidjan — À Abidjan, les CHU produisent quotidiennement 647 kg de déchets biomédicaux. Mais ils ne disposent d'aucun équipement approprié, pour leur élimination.
Il faut, à la Côte d'Ivoire, un plan national de gestion de ses déchets biomédicaux. Un instrument d'autant plus indispensable qu'à ce jour, les différentes structures sanitaires publiques et privées d'Abidjan sont toutes dépourvues d'incinérateur. Un équipement technique, pourtant approprié à l'élimination des seringues, compresses, étuis, aiguilles déjà utilisés. Tout comme le sang contaminé ou souillé, de même que les organes et autres membres amputés sur les malades. Nos CHU, hôpitaux généraux et grandes cliniques n'ont pas de système d'évacuation des eaux usées non plus. Cet état de fait explique tout l'intérêt de l'atelier tenu les 17 et 18 août au Conseil économique et social. En vue de valider avec les techniciens des ministères de la Santé et de la Population, de la Lutte contre le sida et des experts en gestion des déchets du ministère de l'Environnement, l'ébauche du plan conçu à ce propos depuis 2002 par le ministère de la Lutte contre le sida. De par ce plan national de gestion des déchets, l'on devra parvenir à doter les structures sanitaires d'équipement, de collecte, d'élimination et de transport de déchets sanitaires. A opérer un éveil de conscience des acteurs directs et indirects sur les dangers d'une mauvaise gestion des déchets sanitaires et les risques de certaines habitudes et pratiques.
En effet, lorsque ces déchets demeurent longtemps au même endroit, ils deviennent des foyers de contamination, ou de développement pour les insectes et autres rongeurs. Plusieurs maladies et infections sont ainsi suscitées par la proximité des déchets biomédicaux.
Le plan national adopté va également favoriser le renforcement et le développement des capacités des acteurs à travers des programmes de formation. De sorte à améliorer les attitudes des acteurs, à modifier les pratiques et accroître les connaissances relatives aux déchets sanitaires. En outre, il rendra possible la mise en place d'une réglementation spécifique sur les déchets sanitaires. Ainsi que la constitution d'un cadre d'exécution, de concertation et de suivi.
A ce jour, révèle Mme Angèle Gnonsoa, ministre de l'Environnement " les statistiques de production des déchets biomédicaux, montrent que les structures sanitaires de l'ensemble du pays, produisent près de 8.750 kg de ces déchets par jour. Soit une production annuelle de 3.194 tonnes de déchets biomédicaux ". Et la capitale économique à elle seule produit 5.156 kg quotidiennement, que l'on peut ainsi répartir : pour les CHU, 647 kg par jour, les hôpitaux généraux 188 kg par jour, les Etablissements sanitaires de base sont à 641 kg au quotidien et structures privées à 3.823 kg chaque jour également. La préoccupation ici ne réside pas tant dans la production de ces déchets. Mais bien plus, dans les différentes pathologies qu'ils engendrent. Lesquelles peuvent être endémiques, épidémiques, émergentes comme le VIH/Sida ou re-émergentes telle que la tuberculose. Les facteurs de risques que le plan national de gestion doit pouvoir annihiler à tout prix.
Les 12 premiers POPS interdits
Aldrine :
Un pesticide utilisé sur les sols pour y détruire les termites, les sauterelles, les chrysomèles des racines du maïs et autres nuisibles. Chlordane :
Couramment utilisé pour lutter contre les termites et comme insecticide sur toutes sortes de cultures. DDT :
C'est probablement le mieux connu des POP. Le DDT a beaucoup servi pendant la Deuxième Guerre mondiale pour protéger soldats et civils du paludisme, du typhus et d'autres maladies transmises par des insectes. On s'en sert encore pour lutter contre les moustiques dans plusieurs pays afin de combattre le paludisme. Dieldrine :
Utilisée pour combattre les termites et les ravageurs des textiles, la dieldrine sert aussi à lutter contre les maladies dont des insectes sont les vecteurs et contre les insectes dans les sols agricoles. Dioxines :
Ce sont des substances chimiques produites involontairement en cas de combustion incomplète et aussi lors de la manufacture de certains pesticides et autres produits chimiques. Par ailleurs, le recyclage de certains métaux et le traitement de la pâte à papier peuvent aussi libérer des dioxines. On a aussi trouvé des dioxines dans les gaz d'échappement des voitures et les fumées émanant du tabac, du bois et du charbon. Endrine :
Cet insecticide est vaporisé sur les feuilles de coton et de céréales et sert aussi d'acaricide et de rodenticide notamment contre les souris et les campagnols.
Furannes :
Ces composés sont des sous-produits involontaires des mêmes procédés de fabrication que ceux qui libèrent des dioxines et que l'on trouve aussi dans les PCB produits pour le commerce. Heptachlore :
C'est un produit qui sert surtout à tuer les insectes et termites des sols, mais dont on se sert aussi couramment pour combattre les insectes infectant le coton, les sauterelles et autres nuisibles des cultures ainsi que les moustiques vecteurs du paludisme. Hexachlorobenzène (HCB)
L'hexachlorobenzène est utilisé comme fongicide pour les cultures alimentaires. C'est aussi un sous-produit de la manufacture de certaines substances chimiques et des mêmes procédés qui libèrent des dioxines et des furannes. Mirex-
Cet insecticide est surtout utilisé pour combattre les fourmis rouges, d'autres types de fourmis et les termites. On s'en est aussi servi d'ignifuge dans la production de plastiques, de caoutchouc et d'équipements électriques. PCB (Biphényles polychlorés)
Ces composés servent de fluides thermo-vecteurs dans l'industrie et sont utilisés dans les transformateurs et condensateurs électriques, ainsi que comme adjuvants pour les peintures, les papiers autocopiants, les enduits et les plastiques. Toxaphène :
Cet insecticide, également appelé camphechlore, est utilisé sur le coton, les céréales, les fruits, les noix et les légumes. On s'en sert aussi pour combattre les tiques et acariens du bétail.
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