Notre Voie (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Après les déclarations tapageuses de l'ancien chef d'Etat-major des FANCI: La haute trahison du général Doué

Boga Sivori

22 Août 2005


L'actualité politique nationale a été dominée, en fin de semaine dernière, par des déclarations de guerre du général de division Mathias Doué, ancien chef d'Etat-major des FANCI limogé en son temps pour incompétence et suspicion légitime.

C'est d'abord sous la forme d'une lettre publiée par l'ensemble des journaux de la place que Doué s'est manifesté après huit mois de disparition de la scène nationale.

Dans cette lettre, l'ex-chef d'Etat-major des FANCI a révélé : "A la suite de l'échec prévisible de l'opération Dignité, j'ai été remplacé à la tête des armées de Côte d'Ivoire dans les fonctions de chef d'Etat-major général des armées officiellement pour raison d'Etat, officieusement pour d'autres raisons que l'histoire de la Côte d'Ivoire qui est en train de s'écrire vous révélera un jour".

De nombreux Ivoiriens avaient alors pensé à une plaisanterie de mauvais goût. Mais la surprise fut grande d'entendre le général Doué confirmer ces propos dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI).

En déclarant que l'échec de l'opération "Dignité" lancée par les Forces de défense et de sécurité nationale pour la libération du pays était "prévisible", le général Mathias Doué, qui en était le concepteur, s'est rendu coupable d'une haute trahison à l'endroit de la nation entière.

Or donc, en même temps qu'il préparait l'opération avec ses frères d'armes qui ne se doutaient de rien, Doué montait, avec les français, l'échec de cette opération. On peut donc dire aujourd'hui, que Mathias Doué est le véritable responsable des tueries perpétrées par la force Licorne sur les manifestants ivoiriens aux mains nues, les 6, 7, 8 et 9 novembre 2004.

Rappelons que ces tristes événements ont fait 64 morts et plus de 3000 blessés dans les rangs des ivoiriens.

En réalité, ces événements ont constitué la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Car Doué n'était pas à son premier acte de trahison. En effet, selon des informations dignes de foi, c'est bien le général Doué qui a fait échouer la libération de la ville de Bouaké. Le ministre d'Etat Lida Kouassi, alors en charge de la défense, avait déjà annoncé la libération de cette ville quand un curieux ordre avait été donné aux soldats pour sortir de la ville. Permettant ainsi aux rebelles de se repositionner.

Ces informations révèlent aussi que, pour la préparation de cette opération, le ministre d'Etat Lida Kouassi et le général Doué s'étaient rendus à Yamoussoukro à la maison des hôtes où les FDS avaient établi leur quartier général (QG). C'était le vendredi 6 octobre 2002. Pendant la réunion, et surtout dès que le plan d'attaque de Bouaké avait été élaboré, le Général Doué, sous prétexte qu'il se rendait aux toilettes, avait disparu de la scène. Ce n'est que plus tard, le lundi 9, qu'il avait été aperçu à Abidjan. Les officiers présents à la rencontre se demandent encore comment Mathias Doué avait pu rejoindre aussi rapidement Abidjan.

Mais ce n'est pas tout. les mêmes sources révèlent que c'est encore le général Doué qui a fait échouer, en son temps, l'opération d'Allangouassou, dans la région de M'Bahiakro, où les Français ont, en fin novembre 2003, arrêté l'avancée des FDS et brûlé un char de l'armée ivoirienne. C'est le général Doué qui avait donné toutes les informations sur les mouvements des FDS aux militaires français.

Lorsque ces événements sont survenus, le président Gbagbo s'est, en personne, rendu sur les lieux pour apporter son soutien aux FDS. Ce n'est que deux heures après son arrivée sur les lieux que le général Doué, alors chef d'Etat-major des FANCI, qui était donc censé être sur les fronts avant le chef de l'Etat, est arrivé à bord d'un hélicoptère de l'armée française.

Toujours selon nos sources, pendant tout le temps qu'il est resté en fonction pour gérer la guerre, le général Doué n'avait jamais signé un ordre d'opération. Il n'avait jamais été intéressé par la confection d'un plan de guerre. Ce qui était tout de même curieux pour un chef d'Etat -major dont l'armée est en guerre.

Les mêmes sources avancent que c'est la mobilisation des Ivoiriens qui a contraint Doué à mettre en place l'opération "Dignité".

Comme on le voit donc, depuis le début de la guerre, Doué était au coeur de la rébellion avec le lieutenant-colonel Yao Yao Jules. C'est d'eux que parlaient souvent les rebelles quand ils déclaraient avoir leurs hommes au plus haut niveau de la hiérarchie militaire. Mais si la Côte d'Ivoire est restée debout malgré tout, c'est grâce à la mobilisation sans pareille de ses filles et fils, et surtout par la grâce de Dieu, qui n'a jamais abandonné ce pays.

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