Abdelkrim Tazaroute
24 Août 2005
éditorial
La prochaine rentrée scolaire se singularise par la poursuite de la mise en oeuvre de la réforme du système éducatif et par la mise en conformité des écoles privées désormais soumises à obligation de respect des programmes officiels de l'éducation nationale et de dispenser leurs enseignements en langue arabe, sous peine de retrait d'agrément et de fermeture.
Si la poursuite de la mise en oeuvre de la réforme du système éducatif vise à améliorer la performance de l'école algérienne, le projet d'ordonnance fixant les principes fondamentaux régissant l'enseignement dans les établissements privés s'inscrit dans une perspective de recentrage de manière à faire fonctionner en synergie, dans un cadre de complémentarité, l'enseignement public et privé.
Le dossier de l'école demeure une première préoccupation des pouvoirs publics, et les engagements pris dans le sens d'une amélioration de la qualité de l'enseignement avec notamment un programme de formation des enseignants et autres mesures mises en oeuvre dans le cadre de la réforme du système éducatif ne peuvent constituer pour l'instant qu'une première étape du processus mis en place dans l'objectif d'une école performante.
Pour preuve, le taux de réussite aux différents examens reste faible. Lorsqu'un examen de passage au cycle moyen est sanctionné par un taux de réussite avoisinant à peine les 50%, il y a vraiment lieu de s'alarmer. En réalité, chaque examen devient une véritable épreuve pour les candidats et les parents qui se ruinent pour assurer des cours de soutien à leurs enfants. Le phénomène des cours de soutien a pris une ampleur telle qu'il se greffe actuellement en véritable école parallèle.
Il y a visiblement un problème dans la qualité de l'enseignement, et l'empressement à recourir au cours de soutien pour pallier le déficit est révélateur du désarroi à la fois des parents et des élèves. Le taux de déperdition scolaire reste encore très important et ne peut expliquer le seul paramètre de la paupérisation de la société algérienne.
Il y a assurément des efforts à accomplir pour remédier au phénomène de la déperdition scolaire. L'enseignant a une grande part de responsabilité mais les parents et les pouvoirs publics sont aussi concernés. La scolarité des élèves était perturbée par des mouvements de revendications socioprofessionnelles des syndicats des enseignants, ces dernières années.
Il est difficile, dans un contexte de crise cyclique, de s'attendre à une amélioration de la qualité de l'enseignement. Les responsables du secteur de l'éducation se doivent d'assainir la situation d'autant que, dans sa phase actuelle de mutation, l'école a besoin en premier d'un climat de sérénité et d'adhésion totale du corps enseignant.
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