Matshi
29 Août 2005
Kinshasa — La République du Soudan va organiser, en janvier 2006 à Khartoum, le premier congrès des universités africaines, en vue de rassembler des savants et intellectuels africains et ceux qui s'intéressent aux affaires de l'Afrique, au sein et à l'extérieur du continent, pour débattre des problèmes et des sujets pressants qui ont des impacts sur des peuples africains. L'objectif est d'envisager et mettre en place des plans et des programmes de redressement des problèmes du Continent noir.
Le Soudan va vivre, en janvier 2006, un triple événement : le 50ème anniversaire de l'accession du pays à l'indépendance, la tenue du sommet de l'Union africaine et aussi la tenue du Congrès des universités africaines. Une rencontre savante. S'agissant du dernier événement, environ 600 invités, représentant une soixantaine d'universités d'Afrique, des chercheurs de multiples disciplines et des penseurs et des étudiants vont prendre part à ce colloque de quelques jours qu'organise l'Université internationale d'Afrique basée à Khartoum, sous le haut patronage du gouvernement soudanais.
Dans un entretien avec la presse samedi au Grand Hôtel Kinshasa, le recteur de l'Université internationale d'Afrique, le professeur docteur Hassan Mekki, en mission dans la capitale congolaise pour prendre des contacts avec le milieu universitaire, notamment l'Université de Kinshasa, les autorités gouvernementales et d'autres responsables pour préparer la participation congolaise à ce premier grand rendez-vous africain du donner, du recevoir et du partage du savoir, en a expliqué les objectifs.
LES OBJECTIFS DU COLLOQUE
Il s'agit, en premier lieu, d'une occasion pour les intellectuels africains de se connaître. Dr. Hassan estime, en effet, que les peuples des pays africains colonisés connaissent peut-être mieux les pays qui les ont colonisés que leurs voisins africains. « Les Congolais ont les yeux tournés vers la Belgique, les Soudanais vers Londres, etc . Alors que Congolais et Soudanais sont des voisins et leurs cultures se chevauchent parfois. Mais ils ignorent réciproquement les progrès réalisés chez l'un comme chez l'autre qui, pourtant, auraient pu les aider mutuellement à se développer ». Ce colloque, estime Hassan Mekki, sera donc une occasion pour des médecins congolais, par exemple, d'échanger avec les médecins soudanais et ceux d'ailleurs en Afrique, des professeurs pour imaginer un système d'éducation unique qui produirait des diplômes acceptés dans toute l'Afrique notamment. « C'est ambitieux, mais faisable ; il faut rêver », a-t-il dit.
Bref, il s'agit de mettre en relief l'intercommunication spirituelle, intellectuelle, politique et sociale, de rehausser la conscience de la réalité africaine, et échanger des expériences, afin de créer une vision commune pour résoudre les problèmes du continent. En un mot comme en mille, de créer une sorte d'Unité africaine intellectuelle et sociale en appui à l'Union africaine politique et dont Khartoum pose la première pierre.
Le docteur Hassan Mekki croit, cependant, que les guerres interethniques, avec comme corollaire la non stabilité des pays et les mutations (déplacés de guerre), la corruption et l'imitation des systèmes importés qui ne cadrent pas avec les réalités africaines sont à la base de la léthargie que connaît le continent noir. A cela s'ajoute le système sécuritaire conçu plus pour protéger des individus que pour assurer le développement des pays et du continent. D'où, a-t-il dit, la nécessité d'une intégration régionale, d'un plan de développement à mettre progressivement en place et visant le développement. Ce dont le colloque devra débattre. Il s'agit, en fait, de produire des idées forces que les dirigeants politiques pourront exploiter, citant l'exemple de l'ancien Premier ministre congolais Patrice Emery Lumumba, qui est aimé dans toute l'Afrique à cause de ses idées.
Dr. Hassan Mekki pense qu'avec un brin de lumière qui s'aperçoit aujourd'hui, les intellectuels ont la responsabilité de lancer un appel au changement et au travail pour réussir une nouvelle Afrique. « Il y a une grande chance pour avoir une culture africaine, parce que les problèmes qui se posent aux pays africains sont presque les mêmes », a-t-il dit, ajoutant que le congrès qui se tiendra en janvier à Khartoum, a l'ambition d'apporter un plus à l'Union africaine qui, a-t-il encore dit, a joué un rôle important dans l'instauration de la paix au Soudan. Il a fait allusion à l'accord de paix signé le 9 juillet et qui a permis l'entente de tous les Soudans, en dehors de quelques problèmes au Darfour et qui trouveront une solution. Car ni la religion qui unit tous à Dieu, ni les désaccords mineurs ne doivent plus avoir droit de cité au Soudan, appelé à présenter une nouvelle image au monde, et où le dialogue entre tous, musulmans et chrétiens, est désormais la règle.
Il croit qu'il y a beaucoup à faire dans les pays africains, «notamment en République démocratique du Congo, un grand pays avec un sol miraculeux contenant de l'or, du diamant et d'autres minerais tant convoités ».
LES THEMES CENTRAUX
Concernant les thèmes du congrès sur lesquels tout intellectuel africain peut intervenir en proposant son sujet à l'Université internationale africaine, soit par E-mail (iuacongrès@iua.edu.sd), soit par Fax (83223852-83223841) ou encore P.O : 2469 Khartoum-Soudan, on peut citer, entre autres, l'histoire africaine, les religions et la pensée spirituelle, la langue, la littérature et l'art, la politique en Afrique, l'économie en Afrique, les ressources et les richesses en Afrique, les maladies (sida, malaria, etc.), les désastres, le refuge et le déplacement en Afrique, auxquels s'ajoutent les activités estudiantines et sportives.
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