Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Risques d'épidémies dans les zones inondées : plus de 6.000 personnes déplacées à partir d'aujourd'hui

La situation qui prévaut, dans les zones inondées des départements de Pikine et Guédiawaye, a poussé les autorités à prendre d'importantes mesures. Le ministre de l'Intérieur, Me Ousmane Ngom, qui a présidé hier un point de presse dans le cadre du plan Orsec, annonce l'urgence de déplacer les populations sinistrées. Ainsi, à partir de ce matin, 6.565 personnes sont-elles concernées par cette opération qui démarre aujourd'hui.

Faisant le tour d'horizon des mesures importantes prises depuis le déclenchement du plan Orsec, le Ministre de l'Intérieur, Ousmane Ngom, qui a à ses côtés ses collègues Bacar Dia, Abdou Fall et Mamadou Seck, a noté les résultats positifs dont la libération des axes stratégiques sous l'emprise des eaux de ruissellement. D'abord, il a cité la libération de la route nationale n°1 au Km 14 de la Route de Rufisque, grâce aux efforts conjugués des techniciens et des forces de sécurité, puis la zone de l'autoroute qui fait face à la zone de captage et à la cité « Belle vue » qui, elle aussi, est libérée.

Pour le Ministre de l'Intérieur, il reste beaucoup de choses à faire et la situation est préoccupante dans les quartiers de la banlieue de Dakar, malgré les efforts du gouvernement qui continue de mobiliser d'importants moyens matériels et financiers. « Les populations continuent encore à vivre avec les eaux jusque dans leurs chambres, et dans les rues ; les eaux ont commencé à prendre des couleurs. Une situation qui est assez grave avec des risques sur le plan sanitaire », insiste-t-il. Poursuivant, il indique : « L'Etat a décidé de prendre des mesures importantes quant à l'évacuation des populations de la banlieue de Dakar ». Pour Me Ousmane Ngom, « les sites d'accueil pour les populations ont été identifiés. Ils ont été viabilisés et il a été aménagé des tentes pour y accueillir les populations. En ce qui concerne l'entretien et la nourriture, le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer un bon séjour aux populations sinistrées ».

510 tentes pour plus 6.000 sinistrés

Les équipes sont à pied d'oeuvre depuis hier dans la matinée et elles ont travaillé pour l'aménagement et l'installation de ces sites où, déjà, 510 grandes tentes peuvent, selon Me Ousmane Ngom, accueillir au moins 6.000 personnes. Il s'agit des camps militaires de Thiaroye et de transmission de Yeumbeul et du Cices.

« Dans nos prévisions, nous pensons que le nombre de populations qui va se déplacer va se situer aux environs de 11.000 personnes et pourrait être revu à la hausse dans les prochains jours. Les populations sinistrées seront, dès ce jour, installées au niveau des sites par des bus et des camions de l'Armée », soutient le ministre de l'Intérieur.

Outre cette nouvelle mesure d'urgence, Me Ousmane Ngom a souligné la poursuite de l'assistance des populations à travers la sous-commission médico-sociale, qui continue de mobiliser les moyens pour répondre aux attentes des populations. La toute dernière mesure, évoquée par le ministre de l'Intérieur, est l'évacuation des eaux qui est gérée par les sapeurs pompiers, de l'Agence des travaux routiers (Atr), de l'Office national de l'assainissement du Sénégal (Onas) et d'autres partenaires privés : évacuer les eaux usées et polluées et éviter du coup les risques de catastrophes pour les populations. Pour Me Ousmane Ngom, ces équipes sont sur le terrain, sous la conduite des ministres de l'Equipement et de l'Assainissement.

Les facteurs de risques

Le ministre de la Santé et de la Prévention médicale, Abdou Fall, a, pour sa part, livré les risques encourus par les populations des zones sinistrées qu'il classe en quatre groupes.

Le premier danger est, selon lui, la survenue de maladies transmissibles dues à la pollution des eaux, notamment avec la remontée des fosses septiques et les risques de péril fécal dans les quartiers inondés. Le second facteur concerne les maladies liées à des transmissions vectorielles, comme le paludisme. Pour Abdou Fall, les gîtes larvaires naturels placent les populations dans un état de risque d'explosion ou de flambée du paludisme, de la fièvre jaune et autres maladies de la peau. Le troisième facteur concerne les risques de maladies liés aux cadavres éventuels de personnes ou d'animaux noyés. Il s'agit, surtout, d'infections gastro-intestinales à partir de la contamination de l'eau par les matières fécales émanant des cadavres. Le dernier facteur a trait aux risques sanitaires liés aux inondations, comme les troubles psychologiques à type de dépression, les noyades, les blessures et traumatismes divers...etc.

Pour Abdou Fall, toutes les structures de la Sous-commission médico-sociale sont en place, que ce soit le service d'hygiène, le dispositif de prévention en matière d'Iec et la mise en place de postes avancés, sur l'ensemble des sites, pour une bonne couverture sanitaire des populations.


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