Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Dakar-Rufisque : un vrai parcours du combattant

Issa Niang

1 Septembre 2005


Plus d'une semaine et le calvaire continue. Au même titre que les opérations de relogement des sinistrés, l'inondation de la nationale 1 à hauteur du km 16 fait vivre le calvaire aux usagers du trajet Dakar-Rufisque. Et si cela perdure, les travailleurs qui empruntent quotidiennement ce trajet pour aller au travail, risquent d'avoir des ennuis avec leurs employeurs.

Calvaire. Mot ne peut être plus approprié pour qualifier les souffrances des habitants de Diamaguène, Sicap Mbao, Fass Mbao, Keur Massar, Keur Mbaye Fall, Mbao, Rufisque et Bargny. Depuis les 183 millimètres de pluies tombées au cours du week end du 20 et 21 août, la banlieue souffre. En effet, avec les inondations que ces pluies diluviennes ont engendrées sur la nationale 1, à hauteur du kilomètre 16 (Arrêt Tableau Tivaouane), le trajet Dakar-Rufisque est devenu un véritable parcours du combattant. Les usagers de la route n'en peuvent plus. Tellement, ils éprouvent des difficultés à joindre leur lieu de travail et, le soir, à rentrer chez eux. Une double peine que ces populations encourent. Et au rythme où les pluies continuent de tomber sur la capitale, le calvaire est loin d'être terminé.

Les embouteillages, jadis goulot d'étranglement des usagers du trajet-Dakar-Rufisque, sont devenus plus pénibles. Là où on mettait presque une heure pour faire le trajet Diamagueune-Poste Thiaroye - une distance de moins de 5 km - on en fait maintenant plus de deux heures. Dans les cars "Ndiaga Ndiaye", la chaleur, la fumée qui s'échappe des pots d'échappement des véhicules viennent alourdir l'atmosphère.

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Le drame sur ce trajet de Dakar-Rufisque, c'est le refus des chauffeurs de "Ndiaga Ndiaye" de traverser la partie de la route inondée de peur de mettre en péril les vieux moteurs de leurs véhicules. Conséquence, la destination la plus lointaine des cars "ndiaga ndiaye", c'est Sicap Mbao, Fass Mbao. A défaut de pouvoir prendre le car pour rendre sur leur lieu de travail, les clients se résignent à braver le trajet, quel qu'en soit le prix. Ceux qui disposent d'une santé financière cèdent aux spéculations des apprentis qui font monter les tarifs. Ainsi, au lieu de débourser au maximum 200 F pour le trajet habituel, on est obligé de casquer 500 à 600 F. Les usagers qui refusent de payer plus cher que d'habitude descendent à Sicap Mbao. D'où ils prennent leur courage à deux mains. Et c'est parti pour "la longue marche" jusqu'à la hauteur des inondations : les femmes retroussent leur pagne pendant que les hommes en font de même avec leur pantalon, s'ils ne l'enlèvent pas tout simplement et se mettre en caleçon. Puisque l'eau arrive jusqu'au niveau des cuisses. Une fois finie la traversée, les usagers se servent des sachets d'eau vendus à 10 francs, non plus pour se désaltérer, mais pour se laver les pieds. Et leur calvaire est loin d'être terminé puisqu'ils devront marcher sur un kilomètre pour pouvoir trouver un car transport en commun pour joindre son lieu de travail ou son domicile.

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