Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Médecine traditionnelle : vers la réglementation de l'activité au Sénégal

BABACAR BACHIR SANÉ

2 Septembre 2005


Au Sénégal, 80 % de la population a recours à la médecine traditionnelle. De même, 25 % des médicaments sont à base de plantes traditionnelles. Deux raisons suffisantes pour réglementer l'exercice de cette activité.

C'est ainsi que le ministre de la Santé et de la Prévention médicale, Abdou Fall, a pris l'engagement de faire valider l'avant-projet de loi relative à l'exercice de la médecine traditionnelle.

La 3e Journée africaine de médecine traditionnelle a été célébrée le mercredi 31 août. Une occasion pour le ministre de la Santé et de la Prévention médicale, Abdou Fall, qui a présidé les travaux de prendre l'engagement de faire valider l'avant-projet de loi relative à l'exercice de la médecine traditionnelle. Cela au cours de la présente session de l'Assemblée nationale.

Cette décision répond ainsi aux préoccupations de tous ceux qui souhaitent que la médecine traditionnelle soit reconnue comme activité légale au Sénégal. Comme c'est le cas dans beaucoup de pays africains. D'ailleurs, c'est dans ce sens qu'il faut comprendre le plaidoyer du Dr Coly qui s'est exprimé devant le ministre au nom du représentant-résidant de l'Oms. Tout comme celui de la représentante de Prometra-Sénégal.

Ils invitent ainsi à la reconnaissance de la médecine traditionnelle. « La médecine traditionnelle, qui est aujourd'hui une demande sociale, exige une réponse sociale », affirment-ils. Avant de demander aux autorités de définir un cadre juridique de concertation et des rencontres rapprochées avec les autorités sanitaires, en vue de promulguer l'avant-projet de loi à l'Assemblée nationale et de sauver l'héritage des sociétés antérieures.

Le thème de la 3e édition de la Journée africaine de médecine traditionnelle porte cette année sur : « Contribution à la prévention des infections par le Vih ». Abdou Fall de rappeler que plus de la moitié des personnes vivant avec le Vih vit en Afrique subsaharienne. Au Sénégal, le taux de prévalence est passé à 0,7 %, selon les résultats de l'Enquête démographique et de santé (Eds 5) publiés récemment. Il a aussi cité les nombreuses actions menées dans le pays dans le cadre de la lutte contre la pandémie. Lesquelles ont contribué à une forte implication des communautés de base.

Le ministre de la Santé et de la Prévention médicale n'a pas également manqué de souligner la forte volonté politique affichée par l'Etat du Sénégal pour faire face au Sida. Le seul exemple de la gratuité des Arv (antirétroviraux) suffit, selon lui, pour étayer l'engagement du Sénégal qui veut barrer la route à la propagation du Sida.

Pour le ministre Abdou Fall, le tradipraticien doit être un membre de l'équipe de Santé au niveau local. Concernant la recherche, le ministre a souhaité qu'elle se fasse de façon complémentaire entre les deux médecines, afin de trouver des solutions pour les infections opportunistes, par exemple. Si la médecine traditionnelle est présentée par le ministre de la Santé et de la Prévention médicale comme une médecine de proximité, elle pourrait faire de larges avancées si elle est réglementée et organisée.

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