Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Forêt : la certification, arme contre l'exploitation illégale

Le processus d'élaboration des normes à respecter par les exploitants forestiers était hier au centre d'un atelier à Yaoundé.

Certains bois provenant des pays tropicaux, en particulier du massif forestier du bassin du Congo, ont été récemment menacés de boycott par les acheteurs sur les marchés internationaux. Et pour cause ! Ceux qui s'attaquent à ces ressources estiment qu'elles sont issues de l'exploitation frauduleuse des forêts mal aménagées. D'où l'idée du certificat à attribuer désormais aux concessions forestières qui opèrent en respectant les lois en vigueur, contribuant ainsi à l'exploitation durable des ressources forestières. Le certificat est attribué sur la base des normes établies à cet effet. On parle alors des normes et standards de certification. La certification est par conséquent le processus qui atteste qu'un bois ou une ressource forestière qu'on trouve sur un marché provient d'une forêt qui a fait l'objet d'une exploitation socialement équitable (les communautés locales et les ouvriers ont partagé les bénéfices issus de l'exploitation de cette forêt), économiquement viable (on s'assure que la forêt va continuer d'exister et de produire des ressources pour le pays propriétaire et pour l'exploitant), et écologiquement acceptable ( l'exploitant doit protéger l'environnement afin que le patrimoine puisse être transmis aux générations futures).

Le Cameroun veut certifier ses forêts mais il faut au préalable élaborer des normes adaptées au contexte national. C'est dans cette optique que s'est tenu hier à Yaoundé, à l'initiative de Forest Steawardship Council (FSC), un atelier de formation des acteurs non étatiques impliqués dans la gestion durable des forêts, au triple plan social, économique et environnemental. Les participants ont été formés au système de certification FSC. Le FSC est un organisme spécialisé dans la certification des forêts à travers le monde. Il oeuvre au niveau international afin que les consommateurs n'achètent que du bois certifié. En Afrique, le FSC veut intervenir pour protéger le massif forestier du bassin du Congo. Le bureau régional FSC Afrique est basé au Ghana, mais le responsable des aspects sociaux, Marie Mbolo, se trouve au Cameroun. L'atelier d'hier a permis d'apprendre aux participants le processus de mise en place d'une initiative nationale FSC ou d'un groupe de travail. L'initiative nationale FSC est la structure qui va réfléchir sur l'élaboration des normes FSC adaptées au contexte national et local.

L'Etat n'ayant pas toujours les moyens de contrôler sur le terrain l'exploitation illégale des ressources forestières, Marie Mbolo déclare que les rapports d'audit FSC qui seront publiés pourront être exploités par les fonctionnaires dans leur travail, car parmi les normes et standards FSC, le respect de la loi sur la forêt occupe une place de choix.

Après les ONG hier, les représentants des pouvoirs publics et du corps diplomatique seront sensibilisés ce jour à l'hôtel Hilton sur les avantages des normes de certification FSC.

Bon à savoir, les normes contiennent généralement des principes, des critères et des indicateurs. On part du principe que pour qu'une forêt soit durablement gérée, il faut que l'exploitant respecte les lois en vigueur dans la pays où se trouve la forêt. Le critère quant à lui est par exemple le texte concernant la non exploitation de certaines essences sous forme de grumes. Enfin, l'indicateur est lié aux essences qui doivent être débitées localement.

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