Fraternité Matin (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Protection de la forêt ivoirienne : le programme national de reboisement entre en vigueur dès 2006

Abidjan — PARA-Conformément aux orientations stratégiques que les experts forestiers ivoiriens ont adoptées en novembre 2004 à Grand Bassam, pour remédier à la rapide disparition de notre forêt, un programme national de reboisement allant de 2006 à 2015, a été élaboré par le ministère des Eaux et Forêts en partenariat avec le BNETD (Bureau national d'études techniques et de développement).

L'objectif de ce programme national de reboisement est de parvenir à une réhabilitation durable du patrimoine forestier ivoirien.

Conformément aux orientations stratégiques que les experts forestiers ivoiriens ont adoptées en novembre 2004 à Grand Bassam, pour remédier à la rapide disparition de notre forêt, un programme national de reboisement allant de 2006 à 2015, a été élaboré par le ministère des Eaux et Forêts en partenariat avec le BNETD (Bureau national d'études techniques et de développement). Ce programme à la fois ambitieux et consistant a fait l'objet d'un atelier de validation, les 21 et 22 septembre dernier, à l'hôtel IBIS au Plateau.

Pour l'essentiel il est à retenir dans le plan d'action dudit programme trois phases essentielles. La première dite phase d'amorce, ou encore préparatoire, avec une durée de deux ans sera marquée par la réalisation des études techniques, le démarrage des activités de sensibilisation (acquisition des outils, mise en place des équipes, formation, etc). En outre, il y a la prise des textes réglementaires et autres dispositions juridiques, nécessaires à l'exécution des actions identifiées. Cette phase préparatoire porte également sur le montage des dossiers financiers relatifs aux projets.

La deuxième phase portant sur la mise en oeuvre durera cinq ans. Elle sera caractérisée par le renforcement des capacités des structures d'encadrement, la mise en oeuvre des projets ainsi que l'évaluation à mi- parcours. La troisième phase qui est celle de la consolidation s'étendra sur trois ans. Elle consistera à poursuivre la mise en oeuvre des projets, conformément aux résultats de l'évaluation.

L'objectif assigné à ce programme est celui de réussir une réhabilitation durable de la forêt ivoirienne. Ce qui passe par une gestion durable de reboisement. Tout au long des dix années que durera l'exécution du programme national de reboisement, ce sont 145080ha de reboisement qui seront réalisés. Soit 57500 ha dans le domaine forestier de l'Etat, par la Sodefor et 87580 ha dans le domaine rural pour le compte des populations villageoises et des exploitants forestiers. Plusieurs projets sont prévus qui bénéficieront d'un cadre légal et institutionnel approprié au développement de la foresterie d'un encadrement technique assuré par les structures spécialisées. Ces projets seront aussi appuyés par la recherche scientifique et technique qu'assurent les institutions de recherche dotées de moyens appropriés. Les opérations de reboisement bénéficieront de la protection des riverains formés ainsi que des structures administratives dont le renforcement des capacités est prévu. Il y aura également, un financement durable émanant essentiellement des opérateurs économiques locaux attributaires des projets de même que du comité de mobilisation des ressources à l'échelle internationale qui verra le jour. En vue d'assurer l'exécution efficiente du programme national de reboisement, un système de suivi et d'évaluation sera conçu.

Le programme estime à 63, 607milliards de F le coût des différents projets qui porteront sur l'intensification des opérations de reboisement. Ce qui représente 90% du coût total dudit programme. Ces projets sont essentiellement relatifs à la promotion des activités de reboisement de diverses vocations, ainsi qu'à la conception et la mise en oeuvre des programmes locaux de reboisement avec les différents acteurs dans le domaine rural, pour 34,76 milliards de F. Quant aux opérations de reboisement à entreprendre dans le domaine forestier de l'Etat, par la Sodefor ou sous l'autorité de celle-ci, elles sont évaluées à 28, 75 milliards de F.

S'agissant des activités et des projets qui devront être développés en vue d'obtenir un financement durable des actions de reboisement, ils nécessiteront 145 millions de F à consacrer essentiellement à l'élaboration d'une étude destinées à la mise en place d'un mécanisme de financement de ces actions d'une part et d'autre part, à la création d'un comité de mobilisation de l'aide publique en faveur du reboisement ainsi que du renforcement des capacités Au total c'est la somme de 70,51 milliards de F qu' il faudra débourser pour l'exécution pleine et entière du programme national de reboisement.

Un programme qui prévoit aussi des indicateurs permettant d'attester de l'atteinte des résultats et des objectifs tout comme leurs sources de vérification.

Cratères

Le FEM incite encore une fois

Encore une fois, le Fonds pour l'Environnement mondial (FEM) se préoccupe de la faiblesse numérique des projets nationaux ivoiriens relatifs à la résolution des problèmes environnementaux, et qui sont soumis à son financement. C'est bien ce qui a motivé la tenue de l'atelier qui a regroupé les 20 et 21 Septembre dernier, les différents acteurs des domaines de l'environnement dans lesquels intervient le FEM. Avec cette fois,une ouverture particulière faite à la dégradation des terres, que suscite la déforestation. Phénomène récurrent auquel la Côte d'Ivoire est confrontée depuis plusieurs décennies et pour lequel un programme national de reboisement a été élaboré. C'est dire que l'atelier en question portant sur la méthodologie d'élaboration des projets FEM, arrive à point nommé. Un atelier qui a également tenu à préciser les spécificités des projets relatifs à la dégradation des terres. Voilà donc une opportunité qu'offre le FEM aux acteurs du domaine, pour faire efficacement face aux graves menaces qui pèsent sur notre biosphère. Et il est à souhaiter que ceux qui en tirent véritablement le meilleur profit afin de parvenir à l'inversement de cette tendance, qui veut que nous soyons encore à un faible taux de participation au titre des projets soumis au financement. En fait depuis sa création, ce sont plus de 67 milliards de F. CFA que le FEM a mobilisés, dont 15milliards seulement soit 22% représentent les projets nationaux. Mais si l'on tient compte des contributions payées par la Côte d'Ivoire au FEM, s'élevant à 11milliards de F. CFA, il apparaît que beaucoup reste à faire par rapport à plusieurs autres pays. De 1997 à 2003, par exemple, l'Inde a obtenu le financement de 30 projets à 122,5 milliards de F. CFA. l'Afrique du Sud a obtenu pour 25 projets, 51, 5 milliards de F. CFA. Alors que la Côte d'Ivoire n'a reçu que 11,4 milliards de F. CFA pour 10 projets. Pendant que des pays non contributeurs comme le Ghana et le Burkina Faso, ont pour 14 et 13 projets, reçu 24, 4 milliards de F. CFA et 20 milliards de F. CFA. Une réalité qui donne d'autant plus à réfléchir que la majorité des financements destinés à la Côte d'Ivoire portent sur des projets régionaux, ne prenant donc pas pleinement en compte nos particularités nationales. Ce faisant nous osons croire que les 80 idées de projets nationaux qui avaient été identifiées lors du premier atelier organisé par le FEM en Février 2004, passeront effectivement à la phase d'élaboration au regard de la disponibilité des ressources prévues par le FEM.

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