Abdou Diao, envoyé spécial
27 Septembre 2005
En ce dimanche de fin septembre2005, dans l'enceinte de la vaste Université Abdou Moumi, ce sont des familles entières qui s'attèlent a la récolte de leurs périmètres de Niébé et de mil souna arrivés a maturité.
Ces superficies servent à l'expérimentation pour les étudiants d'agronomie qui ont déjà repris le chemin de l'amphithéâtre. Les employés de l'Université ne se font pas prier pour exploiter ces surfaces. Cette période des récoltes était fortement attendue pour cette année où des régions entières souffrent de la famine, pardon du 'déficit alimentaire' pour parler comme les officiels. Ici, comme sous nos tropiques, le gouvernement distrait les populations en refusant d'admettre la thèse de la famine pour des gens qui ne trouvent plus de quoi se nourrir, où des enfants et de vielles personnes meurent, le ventre vide, loin des bruits de la ville.
La presse rapporte la souffrance des populations des zones de Tera, Oualam, Filingué... où les criquets avaient tout détruit, où manger est devenu un luxe inaccessible pour l'écrasante majorité des habitants. Loin du débat des hommes aux ventres bedonnants sur la thése de la famine ou du déficit alimentaire, ici on ne souhaite que trouver à se nourrir pour ne pas voir toute une famille disparaître. Les Ong et autres structures de Bienfaisance ont compris et ne s'attèlent qu'au soulagement de cette population éparpillée dans le vaste désert de ce grand pays aux ressources naturelles inexistantes. Le boom de l'uranium est déjà oublié. Dans cette partie coupée en deux par le fleuve Niger, Niamey offre le visage d'une ville calme, et rares sont les embouteillages partageant avec Dakar cette horde de mendiants à la recherche de pitance. Des familles entières se retrouvent à la porte de certains hôtels et autres carrefours pour tendre la main, en marmonnant des phrases à peine audibles.
Niamey est le prototype de ces villes sahéliennes où les gros immeubles côtoient les bidonvilles avec ses maisons en banco. Un habitat précaire dominant dans les quartiers de l'intérieur. Niamey, c'est aussi des chantiers en béton dans les différents hôtels et villas pour préparer les Jeux de la francophonie prévus en décembre prochain. A côté des hôtels, près de 140 villas sont prévus pour accueillir les hôtes. Dans ce contraste qui saute aux yeux, il y a de l'animation dès le vendredi soir dans la capitale nigérienne, les maquis de la ville sont pris d'assaut par les jeunes qui narguent les « Barbus », visibles un peu partout dans les rues de Niamey.
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