Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Bassin du Congo - Gestion durable des ressources naturelles : défis et menaces

Kinshasa — Face à la dégradation de l'écosystème et des menaces sans cesse qui pèsent sur l'avenir de l'humanité, des voix s'élèvent de plus en plus pour la mise en place des mécanismes sur la gestion des ressources naturelles dans le bassin du Congo.

A l'issue des travaux de la Conférence intergouvernementale mondiale sur la survie des Grands singes qui s'est tenue dernièrement à Kinshasa, un rapport d'évaluation préliminaire a été rendu public sous la direction du Programme régional d'Afrique centrale pour l'environnement (Carpe) en collaboration avec le Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (Pfbc). Ce, rapport d'évaluation donne un aperçu des principaux défis et menaces pesant sur la gestion durable des ressources naturelles dans le bassin du Congo.

« Les dix prochaines années seront critiques pour la conservation et le développement en Afrique centrale. La croissance de la population, l'immigration et la nécessité d'augmenter le niveau de vie des populations du bassin du Congo va sans aucun doute accentuer les pressions sur les ressources naturelles. En même temps, les efforts de renforcement de capacité, de suivi et d'amélioration de la gouvernance vont offrir de nouvelles opportunités aux habitants d'Afrique centrale pour trouver les solutions nécessaires », souligne le rapport. Il note que dans beaucoup de cas, les menaces qui pèsent sur les forêts du bassin du Congo sont étroitement liées aux opportunités de développement économique dans la région. Toutefois, avec une bonne compréhension des menaces et des forces qu'elles cachent - et plus d'attention aux impacts écologiques potentiels, aux développements stratégies d'atténuation et des systèmes de compensation - un avenir durable pour les forêts du bassin du Congo peut devenir une réalité.

DES MENACES SUR LA FORET

Il convient de souligner que parmi les menaces directes figurent le braconnage et le commerce de viande. L'ampleur actuelle du commerce de viande de brousse est à la fois énorme et non durable. Ce commerce, dit-on, ne menace pas seulement la faune, mais aussi le niveau de vie des populations forestières traditionnelles qui dépendent encore largement de la faune pour leur subsistance. A ces menaces s'ajoutent les cultures agricoles. Il ressort du rapport que certaines zones de la région du bassin du Congo, particulièrement celles de la Rdc, du Cameroun, de la Guinée équatoriale, subissent à l'heure actuelle une pression locale sévère.

Ces zones comprennent des « points chauds » pour la biodiversité qui supportent de fortes densités humaines, notamment les forêts coutières, les forêts du rift Albertin et les forets proches du rift Albertin dans l'est de la Rdc.

L'exploitation minière cas du coltan (minerai vital dans la fabrication de téléphones cellulaires et d'autres appareils électroniques continue à attirer l'attention internationale à cause de la sévère dégradation environnementale qu'engendrent les pratiques actuelles), sans oublier l'exploitation du bois.

Parmi les causes indirectes figurent les troubles civils, la pauvreté extrême, le défrichement par l'agriculture, faiblesse des capacités de gestion des ressources et la faiblesse de la capacité institutionnelle.

En ce qui concerne les interventions essentielles, on peut noter le renforcement des capacités des organisations locales et du personnel des parcs, évaluation de la biodiversité et des besoins, élaboration de plan d'aménagement pour les aires protégées et zones communautaires, développement de sources alternatives durables et revenus, élaboration de mécanismes durables de financement

En plein coeur de l'Afrique, le bassin du Congo est un écosystème marin et forestier comprenant les territoires de la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Cameroun, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale et le Gabon.

BASSIN DU CONGO : UN RESERVOIR

Le bassin du Congo, considéré à juste titre comme le deuxième poumon de la terre après la forêt amazonienne, constitue un grand réservoir de biodiversité. Ses forêts sont victimes d'une exploitation abusive et ses espèces animalières souvent menacées d'extinction. La superficie du bassin du Congo est estimée à 520 millions d'hectares, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (Fao). La forêt représente à elle seule près de 200 millions d'hectares, soit 38,4 pour cent de la superficie du bassin. C'est donc 30 pour cent de la couverture végétale du continent africain qui s'y trouve et 19 pour cent des forêts tropicales du monde.

Ces forêts disposent de produits ligneux et non-ligneux. Dans ce gigantesque réservoir, 10.000 espèces végétales ont été identifiées, dont environ 3.000 sont endémiques. Le bassin du Congo représente également 440.000 hectares de plantations forestières dominées pour l'essentiel par des essences à croissance rapide telles les eucalyptus et les pins. De plus, il offre un potentiel de développement économique et écologique considérable. En terme de biodiversité, le Bassin du Congo est incontestablement l'espace le plus riche d'Afrique. Il possède, entre autres, de gigantesques provisions de carbone.

Par ailleurs, avec le fleuve Congo et ses affluents, le bassin contient une importante réserve d'eau douce. Actuellement, environ 100 millions de personnes - dont un peu plus de la moitié sont originaires de la Rdc - vivent dans le bassin.

La Rdc absente du projet Ecosystèmes forestiers d'Afrique centrale

Hebergeant plus de 40% des réserves forestières du bassin Congo, la Rdc se retrouve cependant absente du projet Ecofac (Ecosytèmes forestiers d'Afrique centrale), développé dans six pays de la sous-région. Acte de désintéressement ou d'inconscience, tout porte à croire que le gouvernement congolais est encore loin de saisir tous les enjeux autour de la forêt équatoriale qui balaie pourtant une vaste étendue de sa partie Nord.

Conscients du fait que la forêt reste une source de développement pour les communautés villageoises, les promoteurs du projet ont défini et lancé un programme de gestion qui combine la lutte contre le braconnage et la création d'activités autres que la chasse pour les populations riveraines, promouvant ainsi des actions qui préservent les objectifs de conservation de la biodiversité, de l'administration et des agences internationales.

Le projet Ecofac est un programme régional en Afrique centrale financé par le Fonds européen de développement (Fed). Il est actif dans six pays de l'Afrique centrale. Dans chaque pays, le programme participe dans l'aménagement et la gestion d'une aire protégée : Cameroun (réserve de Faune du Dja) ; Congo (parc national d'Odza) ; Gabon (réserve de la Lopé) ; Guinée (monte Alen) ; République centrafricaine (forêt de Ngotto) ; Sao Tomé (zone écologique de Sao Tomé).

Le projet s'est fixé comme objectif global de contribuer à la préservation de la biodiversité et à l'utilisation rationnelle et durable des écosystèmes en Afrique centrale, et en particulier des écosystèmes forestiers.

Ses objectifs spécifiques visent à contribuer à la gestion de sept zones protégées dans des sites parmi les plus riches en biodiversité de la région et développant autant que possible des liens fonctionnels avec l'ensemble de l'éco-région où les sites sont intégrés ; contribuer à une meilleure prise en considération du potentiel économique et scientifique des écosystèmes de l'Afrique centrale et de leur richesse biologique.

Cet objectif devrait mener à une meilleure articulation des stratégies nationales et régionales de développement avec les stratégies concernant la biodiversité et la conservation et utilisation durable des écosystèmes en général.

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