Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: Insécurité : comment les gangsters se sont procurés des armes de guerre ?

Rd

6 Octobre 2005


Beaucoup d'écrits ont déjà été publiés dans les colonnes des journaux sur la provenance des armes de guerre utilisées par les bandits des grands chemins.

D'où viennent les armes de guerre utilisées par les gangsters, les dahalo et autres cambrioleurs? Une question qui, jusqu'à maintenant, reste toujours sans réponse. Les résultats d'une enquête que nous avons menée auprès de plusieurs responsables, ont levé quelques zones d'ombre. Plusieurs circuits ont été évoqués.

En premier lieu, il existe bel et bien des personnes qui louent différents types d'armes à des dahalo. En vogue, le fusil Baïkal. Les communiqués de presse émanant des forces de sécurité font souvent état de saisie de ce type de fusil surtout en milieu rural où les voleurs de boeufs font la loi. Et d'où viennent ces fusils loués à prix fort? Un circuit très classique mais jalousement gardé. A l'étranger, ce genre d'armement s'acquiert assez facilement. Si vous avez la chance d'aller à Paris, par exemple, et si vous cherchez à acheter un fusil de cette marque, le 14e arrondissement vous accueille à bras ouverts. Des sources sûres ont révélé que différentes catégories de personnes s'approvisionnent dans ce magasin connu de nombreux Malgaches. Il y a parmi elles paraît-il, des élus qui en mission extérieur, bénéficient d'un passeport diplomatique. Une facilité acquise d'avance pour faire entrer les armes dans le pays sans déclaration aucune.

D'autres circuits existent également. Lors des événements qui ont secoué le pays en 2002, des armes n'ont pu être récupérées et probablement ont « atterri » entre les mains des bandits.

Ces armes illégalement ou irrégulièrement détenues par des individus malintentionnés ont favorisé les actes de banditisme. Que ce soit en milieu rural ou en milieu urbain, l'on assiste ces derniers temps à un regain des attaques à main armée. Le pire est que des armes de guerre « tombent » même entre les mains des gangsters et des voleurs de zébu. Rien que depuis le début de cette année 2005 jusqu'à fin septembre, 16 armes ont été saisies par des éléments de la gendarmerie nationale. Et sur ce, on a dénombré trois kalachnikovs qui sont en fait des armes de guerre.

Elles sont saisies lors des accrochages entre les forces de l'ordre et les gangsters. Ces derniers, tombés sur le lieu des affrontements, sont parfois trouvés « les armes à la main ». Plusieurs exemples récemment rapportés dans nos colonnes illustrent bien ces cas. D'autres armes ont été récupérées, par suite des renseignements recueillis par les forces de l'ordre. C'est le cas du Kalachnikov trouvé par des éléments de la gendarmerie nationale à Ihosy, récemment.

Il y avait également un pistolet automatique à barillet, un mousqueton et six fusils de chasse. Le reste est constitué d'armes de fabrication artisanale, au nombre de

cinq. Pour les fusils de chasse, utilisés dans les actes de banditisme, les munitions ont été « truquées » pouvant s'avérer plus redoutables, nous a confié un officier supérieur.

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