B. Khalifa Ndiaye
10 Octobre 2005
DE miracle, il n'y eut point samedi, entre Dakar et Brazzaville. Chez eux, les « Lions » ont gagné, largement, face au Mali.
En déplacement, les « Eperviers » se sont imposés, difficilement au Congo. Et, ce qui se dessinait depuis le fameux nul-défaite du 18 juin dernier à L.S.Sengor, s'est confirmé. L'équipe qui, dans ce Groupe 1, mérite assurément d'aller au Mondial, c'est le Togo.
Ce n'est peut-être pas, intrinsèquement et en valeur absolue, la meilleure équipe. Mais, c'est la plus constante et la plus déterminée. Le Sénégal, grand favori au soir du tirage au sort, ne doit s'en prendre qu'à lui-même. Car, sur ses deux derniers matches, avant-hier face au Mali (éliminé et peut-être inconsciemment démobilisé), mais surtout le mois dernier à Chililabombwe, contre une Zambie gonflée à bloc et imprenable sur ses terres, il a prouvé qu'il méritait mieux que de suivre le prochain Mondial à la télé.
Cependant, pour avoir coincé le jour où il ne fallait justement pas (cet inoubliable 18 juin), les « Lions » avaient raté le virage décisif. En fait, il est, dans ce genre de course, un moment M, fugace et important, où tout se saisit ou se perd. Sur le chemin du Mondial 2002, c'était un certain 24 février 2001 en déplacement face à Maroc. Derrière ce nul vierge (qui aurait même pu être une victoire si l'arbitre avait bien jugé l'action sur la tête rageuse de Ferdinand Coly), était née une équipe du Sénégal qui allait monter crescendo pour finalement se retrouver dans le « Grand huit » planétaire, en Asie.
Cette fois, le Togo s'est découvert une nouvelle dimension après son inattendu succès à Lomé (3 buts à 1), sur les « Lions », le 20 juin 2004. Presqu'un an jour pour jour après, le moment M était venu pour le Sénégal, à domicile, de remettre les choses à leur place. Ce qu'il n'avait pu faire. Les « Eperviers » avaient raison, ce 18 juin-là, de danser le « Kamou » à L.S. Senghor. Ils avaient fait le plus difficile et bien négocié ce moment M.
Dès lors, seul un miracle eût pu qualifier les « Lions » à un second Mondial. Mais, il était illusoire d'y croire, tant les Togolais, eux, ... croyaient en leur bonne étoile. Les voici donc, à tire-d'aile qui font cap sur l'Allemagne ; alors que les « Lions » se contenteront ... de la CAN. Ce qui n'est pas rien pour une équipe qui n'a strictement rien gagné.
C'est, au bout du compte, ce qu'ils méritent. Ce qui est rassurant et positif, c'est qu'ils semblent avoir retrouvé leur allant et leur aplomb depuis 2 matches (voire 3 si l'on y ajoute la rencontre amicale du 17 août dernier à Londres contre le Ghana, nul vierge). Il s'agit donc, désormais, de cultiver cet équilibre retrouvé afin que « Egypte 2006 » soit la revanche par procuration de la CAN 86 de triste mémoire, déjà sur les bords du Nil, où l'on avait parlé de « gâchis », après l'élimination dès le premier tour des Bocandé, Cheikh Seck, Guèye Sène, Roger Mendy et autres Locotte.
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