Omar Diouf
10 Octobre 2005
Un tour de l'Afrique de l'Ouest en musique, c'est ce qu'a tenté de faire un rappeur suisse. Jonas, originaire de Genève a, entre 2003 et 2005, côtoyé des instrumentistes et chanteurs du Sénégal, du Mali et du Burkina Faso pour sortir une cassette de huit titres intitulée "Bagages".
Il a parcouru le Sénégal, le Mali et Burkina Faso à la recherche de sonorités africaines. Ã- 26 ans, Jonas étudiant genevois a pourtant sa Maîtrise en Sciences de l'Education à préparer. Mais le goût pour les instruments traditionnels africains l'a mis durant trois ans sur les routes, à la rencontre des maîtres de balafon mandingue, de flûte peule, de tama et de musiciens chanteurs. Des rencontres qui ont donné "Bagages", une cassette de huit titres que Jonas a sorti, il y a deux semaines à Dakar au label "Origines Sa".
En expliquant son penchant pour les sonorités africaines, Jonas explique qu'il a "répondu à un appel" après une découverte de la sagesse de l'écrivain Hamadou Hampâté Bâ et le talent du joueur de balafon malien Kélétigui Diabaté. Ensuite le rappeur genevois viendra en 2001 à Dakar, dans le cadre de la Fête de la Musique. Il fera la connaissance du groupe médinois Black Thiossane avec lequel il a eu un déclic dans sa quête de sonorités africaines. Ensemble, avec Mame Fall et Nourou Sané de Black Thiossane, ils seront rejoints en studio par d'autres musiciens sénégalais pour faire les titres "Jogna" et "Inchalla". Un morceau qui passe actuellement en clip à la télévision.
Bonne qualité du rap en langue ouolof
Jonas en fera de même à Ouagadougou et à Bamako où il est entré en studio avec des instrumentistes comme le célèbre balafoniste Kélétigui Diabaté, Djéli Madou Koné, ainsi qu'avec des artistes chanteurs tels les rappeurs burkinabè de Yeleen, etc. Au finish, le jeune rappeur genevois a obtenu des sons originaux sortant des sentiers du hip-hop. Il est vrai que, les instruments traditionnels sont, un créneau déjà investi par certains rappeurs de la place, mais juste dans un ou deux titres de leur cassette. Tandis que Jonas qui apprend encore à connaître le rap dakarois, introduit quasiment le tama, la flûte, le balafon, etc. dans les différents morceaux réalisés dans les trois pays visités. "Je suis étonné par la qualité, le niveau du rap en langue wolof. Même si auparavant que je n'avais eu d'échos que de deux ou trois trucs comme le titre "Ataya" du PBS..." Ã- travers les titres "Afrique", "Inchalla", "Jogna" et autres, le jeune rappeur genevois explique sa vision de l'Afrique. Il la décrit et lance un message aux jeunes Africains pour leur dire qu'ils peuvent s'en sortir à force de persévérance.
Prêt à renouveler l'expérience dans l'avenir, Jonas, qui revendique la participation à des compilations et quelques albums avec le groupe D.U.O en Suisse romande, est encore au Sénégal pour la promotion de sa cassette "Bagages" produite avec des moyens personnels. Il est aussi à la recherche de label pour le distribuer en albums Cd en Suisse. Une manière de partager ses découvertes musicales avec un grand nombre de mélomanes.
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