Rachida Merkouche
30 Octobre 2005
Les associations heureuses de cette manne financière
Dans quelques jours, l'opérateur de téléphonie mobile OTA Orascom procédera à la comptabilisation des gains que devrait lui rapporter l'opération de solidarité lancée au début du mois de ramadhan. Une opération qui pourra être concrétisée une fois le montant de la cagnotte remis aux associations choisies par Djezzy. Celles-ci, au nombre de six, à savoir l'Association algérienne enfance et familles d'accueil bénévoles (AAEFAB), la Fédération des associations des handicapés moteurs (FAHM), la Fondation nationale pour la promotion et le développement de la recherche (FOREM), l'Association
nationale 3ème âge en détresse (IHCENE), l'Association El Amel et, enfin, le Croissant-Rouge algérien (CRA), se partageront à parts égales la somme qui sera récoltée de cette opération. Pour M. Ali Bahmane, directeur exécutif au sein de l'AAEFAB, qui affirme que cette dernière a été retenue sur la base d'une enquête, «cet argent vient à point nommé à cause des difficultés financières que connaît l'association, la subvention d'un million de dinar versée par la wilaya d'Alger suffisant à peine pour un fonctionnement de deux mois». Il indique que la quote-part qui sera versée par Djezzy ira à «la réhabilitation et à l'amélioration du fonctionnement» de l'association, à commencer par les pouponnières qui «sont dans un état de dégradation avancé. Nous procéderons à des travaux de peinture et d'étanchéité». Elle servira également à résoudre, dit-il, «un problème sérieux de véhicules par l'achat d'au moins une voiture, et à améliorer un peu les salaires des berceuses qui s'occupent des bébés 24 h/24 et qui sont payées au SMIG. Nous procéderons aussi à l'achat de matériels tels que lave-linge, sèche-linge, réfrigérateur. Il va de soi que cela dépend de l'importance de la somme», souligne M. Bahmane qui fait un clin d'oeil à cet opérateur pour une contribution pérenne. «Si Djezzy veut s'impliquer, nous construirions une pouponnière à l'intérieur du pays. Il faut savoir qu'il y a 5 000 abandons en moyenne par an et que nous prenons en charge 200 enfants abandonnés.
En dépit de l'existence de pouponnières, il y a un manque», précise notre interlocuteur qui assure que «la transparence» caractérisera toutes ces actions. «Nous inviterons les responsables de Djezzy à le constater par eux-mêmes lorsque les travaux de réhabilitation auront démarré.» Ce sont 21 associations, affiliées à la FAHM, qui pourront bénéficier de 10 fauteuils roulants chacune, apprend-on auprès de la présidente, Mme Atika El-Mamri. Cet argent permettra également, selon notre interlocutrice, de renouer avec les camps de vacances pour handicapés lourds, «ce qui n'a pas été fait depuis deux ans faute de subventions. Ce qui restera nous permettra de parer à beaucoup de choses, comme le paiement du loyer de notre siège pour lequel nous avons accumulé 5 ans de retard». Mme El-Mamri estime que «cette opération est extraordinaire parce que de petites contributions vont générer des sommes importantes qui permettront de réaliser de grands projets». Un petit calcul, sur la base de ce qui a été fait l'an dernier par le même opérateur -3 millions d'abonnés ont permis de récolter 3 millions de dinars- fait espérer à notre interlocutrice que, cette année, avec les
6 millions d'abonnés, ce sera un montant «colossal» d'un milliard de centimes qui reviendra à chacune des six associations. Une vraie manne pour la FAHM à laquelle «les pouvoirs publics ne reconnaissent pas l'utilité publique qui la placerait en tant que partenaire et lui permettrait d'être financée sur la base de ses activités», ce qui fait qu'elle possède «les mêmes préoccupations que les autres associations sans en avoir leurs moyens», selon sa présidente qui indique que c'est preuve à l'appui de son existence sur le terrain que la FAHM a été sélectionnée.
Pour la Fondation nationale pour la promotion et le développement de la recherche (FOREM) qui a été retenue avec deux objectifs, il s'agira d'abord de construire un siège pour l'Observatoire des droits de l'enfant (l'ODE), une priorité puisque la Commission européenne, qui en a financé le lancement ainsi que le fonctionnement pour une durée de deux ans, exige la pérennité de
cette réalisation. Le projet devrait aboutir puisque OTA Orascom s'est engagé à accompagner la FOREM jusqu'au bout, tout comme pour le second projet qui consiste en «l'équipement d'une petite imprimerie car nous sommes éditeurs. Nous imprimons des revues et des prospectus, nous avons des projets qui nécessitent des documents et nous imprimons pour des tiers», nous disent MM. Mekki et Boukhadar, respectivement directeur exécutif et chef des projets, qui relèvent que «c'est un budget important par rapport à la FOREM», tout en précisant que «c'est pour pérenniser cet observatoire, très important parce qu'il traite toutes les questions liées à l'enfant» et «premier objectif» de cette fondation. «OTA Orascom nous a demandé de continuer ensemble, il veut suivre ces projets et les voir se concrétiser.
Cet opérateur s'est même dit prêt à continuer à nous soutenir si l'argent qu'il nous donnera s'avère insuffisant», soulignent nos interlocuteurs qui estiment que «cette opération de solidarité est beaucoup plus qu'un marché commercial pour ses initiateurs puisqu'elle entre dans le cadre du développement durable et de la lutte contre la pauvreté». Ils regrettent que des entreprises algériennes «aux capitaux importants» ne s'y impliquent pas. «Il est temps que les opérateurs économiques algériens comprennent qu'il y a urgence en matière de lutte contre la pauvreté et de luttes névralgiques comme celle des enfants et des femmes», relèvent-ils.
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