Grégoire B. Bazie
2 Novembre 2005
La Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B) a effectué le 29 octobre dernier, jour de son 17e anniversaire, sa rentrée syndicale à Ouagadougou. Placée sous le signe de la lutte contre la cherté de la vie et pour la justice dans un contexte électoral, la rencontre a été une occasion pour les structures syndicales d'affirmer leur engagement dans la vie politique, en vue d'obtenir une amélioration des conditions de vie des travailleurs.
La rentrée syndicale de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), le 29 octobre 2005 à Ouagadougou, lui a permis de faire l'état de la situation sociale, de la lutte des travailleurs et de dresser des perspectives.
Au niveau de la situation nationale, Richard Tiendrébéogo, secrétaire général adjoint de la CGT-B, représentant Tolé Sagnon, SG du mouvement, absent pour raison de santé, a évoqué un certain nombre de préoccupations des travailleurs. Il s'agit du renchérissement continu des prix des produits de grande consommation (eau, électricité, essence, etc.), la privatisation des secteurs de l'éducation et de la santé, les problèmes de justice et l'accroissement du chômage dans le pays. Des difficultés qui ont amené les organisations syndicales à engager des actions de revendication auprès des autorités.
Au titre de la lutte syndicale, M. Tiendrébéogo a fait cas des différentes initiatives des syndicats depuis 2004. Il a entre autres, rappelé aux participants la marche du 18 décembre 2004, la grève du 4 février 2005 et celle récente des 26 et 27 octobre dernier. Mais le SG adjoint de la CGT-B a déploré "la mauvaise volonté et la mauvaise foi manifestes du gouvernement" qui se traduisent selon lui, dans l'exécution des décisions de justice relatives au règlement des droits des travailleurs licenciés.
Au chapitre des perspectives, tout en appelant à une mobilisation générale pour une lutte de longue haleine, le représentant de Tolé Sagnon a exprimé la décision des syndicats de s'impliquer davantage dans la vie politique. Loin d'être des structures d'apatrides comme tentent de le faire croire leurs détracteurs, "il s'agit plutôt, a martelé Richard Tiendrébéogo, pour les organisations syndicales de notre pays, d'affirmer qu'elles aussi ont le droit de faire la politique, de montrer qu'elles ne font que jouer ainsi leur rôle". Du reste, a-t-il poursuivi, "l'expérience politique internationale, africaine et même nationale montre que les syndicats se sont toujours intéressés à la politique".
Pour ce faire, elles entendent marquer à leur manière la présente campagne électorale dans un cadre unitaire pour éviter de se laisser divertir et détourner des véritables problèmes des travailleurs burkinabè. Elles en veulent pour preuve la lutte unitaire des 26 et 27 octobre 2005. C'est pourquoi une décision a été prise de remettre à chaque candidat à l'élection présidentielle du 13 novembre prochain, une lettre retraçant leurs préoccupations actuelles.
Les structures syndicales attendent de chacun des 12 présidentiables une réponse. Pour elles, toute ambition de diriger le pays doit passer par une volonté et un engagement à résoudre les difficultés des travailleurs.
Par ailleurs, la rentrée syndicale de la CGT-B a été une occasion pour les différents intervenants de saluer l'apport inestimable de l'organisation dans la défense des intérêts des salariés depuis sa création en 1988, et de souligner la nécessité de l'unité d'action syndicale au Burkina, gage de succès dans la lutte.
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