Par Souley ONOHIOLO
7 Novembre 2005
Les vols des avions de la compagnie Cameroon Airlines vers le territoire français ont été réhabilités. Ignatus Sama Juma, le Dg de l'Autorité aéronautique, l'a fait savoir aux médias vendredi dernier, au cours d'un point de presse.
" Les actions urgentes liées au respect des normes de l'annexe 6 de l'Oaci, n'appelant plus de commentaires de ma part, j'ai l'honneur de vous annoncer que la direction du contrôle de la sécurité n'a pas d'objection technique à la reprise des vols des avions de la compagnie Cameroon Airlines vers la France. Je vous invite ainsi que la compagnie Cameroon Airlines, à vous rapprocher de la direction de la régulation économique, afin de traiter avec elle la question de l'approbation du programme d'exploitation ". Tel est l'essentiel du contenu du message adressé à Ignatus Sama Juma, le Dg de l'Autorité aéronautique, par Maxime Coffin, le directeur du contrôle de la sécurité, de la direction générale de l'aviation civile française (Dgac).
Pour explorer les contours de cette décision, et dégager les perspectives à venir, Ignatus Sama Juma, a convié les médias, et a solennellement annoncé ce qu'il convient d'appeler la fin des tensions et des turbulences de la Camair sur le ciel français. " Pendant plus d'un mois et demi, (rappelons que c'est le 16 septembre dernier, que la Dgac avait décidé d'arrêter les opérations de vol des avions et de suspendre les droits de trafic aériens à la Cameroon Airlines, pour des raisons de sécurité), nous avons accepté les audits prescrits. Je suis heureux de constater que les résultats nous donnent raison. Il n'y avait pas de problème de navigabilité, ni de problème de sécurité à nous reprocher. On ne se doutait pas un seul instant de ce que tout ce qui était dit autour, n'était pas fondé ", tranche le Dg de l'Autorité aéronautique.
La réaction d'Ignatus Sama Juma, n'est en fait qu'une redite.
Au moment où tel un poignard dans le dos de la compagnie camerounaise, retentissait la décision de la Dgac, on se souvient, que Ignatus Sama Juma, avait confié à la presse, que la partie française n'avait pas été flexible, en prenant une telle décision, qui visiblement faisait de nombreux frustrés dans la partie camerounaise. " Nous nous attendions, qu'ils fassent preuve de compréhension à notre égard, étant donné que nous avions décidé d'effectuer un audit, aussi bien sur les aspects techniques que sur ceux touchant aux opérations. Nous étions tout aussi pointilleux à garantir la sécurité des vols. L'audit n'a relevé aucun reproche. Même s'il y avait quelques carences, elles ne pouvaient pas mériter une interdiction ".
En s'accordant un mois et demi après, qu'il n'y avait pas une évidente zone d'ombres, et que des dysfonctionnements de l'ampleur à provoquer la grogne, la colère et l'interdiction du sol français aux vols de la Camair, relève de la mésintelligence commerciale, si ce n'est de la surenchère médiatique ; on est en droit de reconnaître qu'il y a eu trop de bruits pour rien. Les faits donnent raison au syndicat des techniciens Avion au sol (Syntas), et celui des pilotes et ingénieurs navigants du Cameroun (Spinac), qui dans un communiqué conjointement signé, parlaient d'une suspension bâtie sur " des raisons fausses et fantaisistes, visant en réalité, à favoriser Air France et à nuire au redécollage de Cameroon Airlines ".
Black-out sur le manque
à gagner
Les Camerounais qui ont ressenti tel un affront, ou une atteinte à la souveraineté nationale ce qui est arrivé à la Camair, portent un regard interrogateur vers les pouvoirs publics et les décideurs politiques. Face au complot à ciel ouvert, la fixation fait son lit, sur la réparation des torts, et le payement des dommages et intérêts en rapport au manque à gagner, durant toute la période de gel des vols. On se souvient du flou et des dysfonctionnements qui ont encerclé la recevabilité du rapport d'audit. Il est fort à parier que n'eut été la menace de grève à nouveau brandit par les syndicats, on en serait encore au statu quo. Toute chose qui commande que l'on s'attarde sur les connexions, la concurrence déloyale et la vaste campagne de décrédibilisation des compagnies aériennes africaines. En attendant la révision et l'approbation du programme d'exploitation, mais surtout du redéploiement des contacts entre les maisons d'assurance et la partie camerounaise, les Camerounais doivent rester vigilants et prêts à parer aux divers caprices et aux mouvements d'humeur de la Dgac.
" Comme vous le savez, des contrôles au sol pourront à nouveau avoir lieu, sur les aéronefs de la compagnie Cameroon Airlines, dans le cadre du programme européen Safa. Ces contrôles nous permettront de constater les effets des mesures prises sur la qualité de l'exploitation ", peut-on lire dans la correspondance de Maxime Coffin, le directeur du contrôle de la sécurité, de la direction générale de l'aviation civile française (Dgac). Un avertissement qui mérite bien qu'on s'y penche, car l'ouragan reste pendant. La menace d'une autre interdiction aussi.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2005 Le Messager. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.