DAOUDA MANÉ (Envoyé Spécial)
9 Novembre 2005
Niamey (Niger). Le choix des biotechnologies dans les politiques agricoles est devenu un fait dans le monde, notamment dans les pays en voie de développement. Pour une meilleure compréhension de cette nouvelle technologie, l'Institut international de recherche sur les cultures des zones semi arides (Icristat, l'International Service for Acquisition of Agri-Biotech Applications (Isaaa) et l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et le Culture (Unesco) offrent une formation à des journalistes de la sous-région.
Plus d'une trentaine (33 plus exactement) de journalistes venus de 5 pays de l'Afrique de l'Ouest (Burkina Fafo, Côte d'Ivoire, Mali, Niger, Sénégal) ainsi que le personnel cadre des instituts nationaux de recherche agronomique qui participent à cette formation dont le thème est « La couverture médiatique de la biotechnologie agricole : contraintes et opportunités pour la presse en Afrique de l'Ouest ». En effet, pour les organisateurs, dans un débat entre 2 positions si tranchées, il appartient à la presse « de clarifier le débat ». Pour gens favorables aux biotechnologies, les semences génétiquement transformées, par exemple, sont nécessaires pour vaincre la faim, c'est-à-dire améliorer la production agricole et satisfaire les besoins futurs tout en préservant l'environnement, notamment contre l'utilisation dangereuse des pesticides.
Cependant, pour les opposants à la biotechnologie, il est essentiel de comprendre que la plupart des innovations en la matière ont été dictées par le profit plutôt que par les besoins. Ce n'est donc point l'augmentation de la production, mais pour générer des bénéfices. Pire, ce sont des technologies qui répondent aux besoins des firmes biotechnologiques d'accroître la dépendance des agriculteurs envers les semences protégées par des « prétendus droits de propriété », incompatibles avec les droits des paysans à reproduire, partager et conserver les semences. D'où cette levée de bouclier pour la protection du « patrimoine génétique ».
Dans un tel contexte, « la presse a un rôle primordial à jouer », pensent les organisateurs. Il s'agit d'abord, au cours de cette formation, d'amener les journalistes à « traiter la biotechnologie en leur expliquant les concepts et son processus, d'autant qu'elle peut être une source intarissable pour les journalistes « . En outre, il faut changer les stratégies pour « transcender les obstacles se dressant sur le reportage de la biotechnologie ». Les enjeux sont en fait énormes. Ils sont à la fois, politiques, économiques, culturels, sociaux, etc. En somme, les raisons des uns et des autres doivent être comprises.
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