Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Mme la présidente

Ben-Clet

14 Novembre 2005


Kinshasa — Au Libéria, la roue de la victoire électorale est en train de tourner. Non pas au bénéfice du premier favori «populaire», à savoir Georges Weah, le talentueux footballeur de renommée internationale. Mais plutôt en faveur d'une «vieille» dame, Ellen Johnson-Sirleaf, 67 ans, ancien fonctionnaire de la Banque mondiale et, de surcroît, ancienne ministre des Finances à Monrovia.

Les Libériens, notent les chroniqueurs, ont donc voté utile. Au 21ème siècle, ils ont privilégié le cursus éducatif, l'expérience, la façade diplomatique du candidat. L'Afrique pourrait, ainsi, s'offrir sa première dame «élue» présidente de la République. Et non «nommée».

L'Afrique de la présidente Ellen rejoint le peloton de tête qui a donné au monde moderne des femmes charismatiques. Citons, pour les besoins de la pédagogie, les vénérables Indira Gandhi, Golda Meir, Evita Perron, Corazon Aquino, Margaret Thatcher, Simone Veil, Aung Sa Sui de Birmanie. La liste n'est malheureusement pas longue. L'allusion à «Mme la présidente» n'est pas fortuite. Bien au contraire, elle est inspirée par le débat - ou la diversion - en cours. En effet, une poignée de Congolaises a levé les boucliers, pour mener une croisade zébrée bloquée aux allures d'un carnaval. Elle veut accéder au pouvoir sans combat, sans mérite. Mais par le biais des arrangements et des compromissions peu orthodoxes. Attention ! Ne confondons pas la réflexion avec l'expression de la misogynie. Il s'agit plutôt d'un appel au pragmatisme, à la lucidité. Bien sûr, personne n'a le droit d'empêcher l'Etat de promouvoir la parité entre les sexes quant à l'accès aux emplois publics. On reste tous conscient que la ratio n'est l'apanage ni des hommes ni des femmes.

Que les divorcées, les saintes Catherine et les veuves s'intéressent au pouvoir politique ainsi qu'à ses privilèges, sans d'abord avoir l'honnêteté de décliner leur expérience passée, c'est vilain. Pour rattraper son retard, après des décennies de faillite, la Rdc n'a pas besoin de stagiaires «nommées» pour gérer ses institutions.

Pourquoi l'Europe, les Usa, voire l'Onu, ne pratiquent-ils pas du zébré bloqué? Mesdames, sachez que les illustres monuments cités au paragraphe trois ci-dessus ont mérité de leurs contemporains. Elles sont ou ont été des battantes, servies en outre par un background authentique et authentifiable. Bref, des femmes de tête plutôt que de coeur.

Voilà où réside la différence qui les distingue des Congolaises en quête des «nominations zébrées».

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