La première action dans une tentative de putsch, après l'attaque du palais du gouvernement évidemment, est l'invasion des stations de télévision et de radio. Cela montre l'importance aux yeux des gouvernants de ces deux institutions qui ont investi tous les foyers, ou presque.
Car dans certains pays, les citoyens ne sont pas tous téléspectateurs ou auditeurs pour la simple raison qu'ils n'arrivent pas à capter les chaînes nationales. Ce problème de couverture a grandement contribué à la création des radios locales : tournez le bouton et vous aurez toutes les informations -ou presque, locales, nationales et internationales, de la musique et des émissions qui vous interpelleront et vous concerneront directement, voire personnellement. C'est ce qu'a apporté la radio locale à tous ces habitants des régions d'Algérie qui, il y a quelques années encore, se sentaient coupés non du monde mais, pis, de leur propre pays.
Pour peu que les chaînes nationales aient du mal à traverser l'éther, il ne restait en effet que les chaînes étrangères équipées de puissants émetteurs pour distraire et informer ou, pour certaines, désinformer et manipuler l'Algérien sur ce qui se passe dans le monde et dans son propre pays ! Faute de bien capter l'une des trois chaînes nationales, on écoutera la radio bilingue Méditerranée internationale (Médi-In) émettant du Maroc ou RMC, France Inter, Europe I émettant de France. Quant aux informations locales, le bouche-à-oreille s'en charge, avec les retards, les déperditions ou les rajouts qu'induit une transmission orale.
Mais les radios locales ne participent pas seulement à renforcer la cohésion sociale et le sentiment d'appartenance à une entité, une société, un pays. Elles jouent, en effet, un rôle déterminant dans le renforcement du lien social à l'échelle locale, le rapprochement entre les citoyens et le pouvoir local ainsi que le développement économique et culturel de la région et, par conséquent, du pays.
Evidemment, la couverture de ces radios n'est pas exempte de défauts inhérents à leur statut qui ne les autorise pas à tout dire, mais aussi à leur mission de service public qui les astreint à privilégier les sujets d'intérêt général. Ce qui ne serait pas le cas d'une radio de quartier, associative, communautaire En clair, une radio privée. C'est là une autre question et un autre débat qui, pour l'heure, sont évacués, mais que beaucoup espèrent voir un jour, et le plus tôt sera le mieux, aborder, avec, évidemment, un résultat positif et concret.

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