Highway Africa News Agency (Grahamstown)

Afrique: Education et nouvelles technologies : sortir l'école des quatre murs

Ramata Soré

17 Novembre 2005


Geneva — Universitaires de la diaspora africaine venus de différents horizons, leur constat est unanime : l'Internet a révolutionné les techniques pédagogiques, bouleversé le système éducatif. La preuve, ont-ils souligné lors d'un panel sur l'éducation et communication du savoir organisé mardi, au Smsi de Tunis, on n'a plus besoin d'être à l'université pour apprendre. Les campus numériques et virtuels offrent désormais la possibilité de suivre des cours dispensés à des milliers de kilomètres de distance.

Basée à Dakar, l'Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes, dispense ainsi des cours à distance à plus de 100 étudiants de 17 pays africains, par l'intermédiaire d'Internet. Pour un de ses responsables, M. Thiam, la formule est gagnante sur plusieurs plans. Notamment au plan financier, avec des parents qui «n'ont plus acheter de billet d'avion, ou encore à supporter les frais d'existence d'enfants étudiants à l'étranger». L'acte d'apprendre, qui est aussi un partage du savoir, trouve donc dans la société de l'information un levier de premier plan.

Les universitaires comptent sur les résolutions finales de ce sommet de ce sommet de Tunis pour amener les décideurs à faire bouger les choses. Leur plaidoyer peut trouver écho dans les propos du secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications, Yoshio Utsumi, quand il soulignait à Genève, en 2003, que «le téléphone ne nourrira pas les populations défavorisées et l'ordinateur ne remplacera pas les manuels scolaires, mais les Tic peuvent constituer des outils efficaces pour résoudre des problèmes qui se posent au niveau mondial».

Les initiatives ne manquent pas en Afrique. Au Burkina Faso, deux jeunes ont ainsi mis en place un site permettant aux parents d'élèves d'accéder aux informations concernant les études de leurs enfants. Expérimenté depuis 2003, avec un lycée de Ouagadougou, le projet leur offre la possibilité de suivre l'assiduité de ces derniers, les programmes de cours, les devoirs, les activités culturelles et sportives, les délibérations de l'Association des parents d'élèves, etc. Ce qui permet une veille permanente sur les études de ses enfants au coût de 2000 F Cfa par élève.

Hier, au cours d'un panel sur les coûts et les bénéfices des investissements en Tic dans le domaine de l'éducation, plusieurs structures opérant dans ce domaine ont soulevé des préalables à prendre en charge afin de mettre l'éducation à l'heure des Tic. Pour SchoolnetAfrica et Africateenagers, par exemple, il importe de former les enseignants, d'intéresser les élèves, de mettre à disposition le matériel nécessaire, de connecter à l'Internet toutes les écoles, etc.

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