Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Suivi médical : une maladie chronique

Les élèves sont assez mal assistés du point de vue sanitaire par les établissements scolaires et par leurs parents.

Nous sommes au Cetic de Ngoa-Ekellé. Il est 12h, et c'est la pause. Les élèves, nombreux dans la cour, s'adonnent à diverses activités de détente. L'infirmerie quant à elle, située en contre-bas non loin des salles d'atelier ne désemplit pas. Geneviève Mbuemi et Caroline Weladji Kande, les infirmières, ont fort à faire. Pas moins de dix enfants reçus successivement. Ici, c'est le jeune Ateba Appolinaire 17 ans, élève en 3e année de dessin-bâtiment qui a des douleurs aux côtes et au ventre depuis une semaine. Il n'a rien dit à ses parents. L'infirmière lui pose un tas de questions : " As-tu pris des médicaments contre les vers ? Est-ce la première fois ? Qu'est-ce que tu prends ? " " Après avoir mangé, j'ai envie de cracher ", répond l'enfant. L'infirmière lui prescrira du Flagyl pour les douleurs abdominales, du Vermox contre les vers et du Bactrim comme antibiotique. Là, c'est Onana Atangana Joseph qui souffre de vertiges. " Ça vient souvent ", affirme-t-il en râlant. Pour lui, ce sera quinine et Ibuprofène.

Selon Geneviève Mbuemi, les cas varient, entre 20 et 30 malades par jour sur les 2.000 élèves que compte l'établissement. Les maladies vont de l'asthme au paludisme, en passant par les douleurs dentaires et gastriques ou encore des céphalées. Pour cette dame qui travaille ici depuis 10 ans, on compte dans l'établissement 5 asthmatiques, 6 épileptiques et 3 cardiaques, parmi les malades les plus chroniques. " Nous avons conseillé aux asthmatiques de marcher avec leurs Ventoline et aux épileptiques leurs Deparquim. Les parents de ces enfants généralement savent que leur dossier médical est délicat ". Mais parfois-ceux-ci ne daignent pas venir lorsqu'ils sont convoqués pour un problème concernant leurs enfants. Geneviève Mbuemi : " Le directeur avait convoqué le père d'une élève épileptique. Il ne s'est jamais présenté. "

Pourtant, en début d'année, lors des inscriptions, un carnet médical est exigé aux enfants, mais la plupart , négligents, les laissent à la maison et le suivi devient inexistant. Au lycée Leclerc non loin de là, pourtant, on n'est pas aussi négligeant. Voici deux semaines que l'équipe du Dr Bidias, médecin chef de l'inspection médico-scolaire a fait des visites médicales systématiques aux 6.000 élèves de l'établissement. Le proviseur dans une campagne d'information avait exigé que chaque élève ait son carnet à l'occasion. Les choses se sont relativement bien passées et chacun est passé devant le médecin. De quoi espérer donc.


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