Kinshasa — Témoignage d'une femme séropositive depuis 18 ans
Mme Philomène Wenge, assistante sociale, a témoigné publiquement, à visage découvert, le jeudi 1er décembre 2005, de son état sérologique devant les travailleurs de la Bralima de Kinshasa réunis au cercle sportif de cette entreprise avec leurs épouses, dans la commune de la Gombe. Le rencontre est à inscrire dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale Sida 2005.
«Je suis séropositive depuis 18 ans», raconte-t-elle sereine, ajoutant qu'elle a découvert son état de séropositivité le 15 juillet 1987, à l'issue d'un dépistage volontaire. Elle voulait s'enquérir de son état de santé après la mort de son mari.
«J'ai été traumatisée au départ», avoue-t-elle en indiquant ensuite qu'elle avait fini par s'accommoder de son état de séropositivité en s'armant de courage. «Jusqu'aujourd'hui, je ne prends pas d'anti-rétro viraux», précise-t-elle avant de mettre en garde l'assistance afin de se méfier de la bonne mine qu'elle affiche.
«Le Sida existe», insiste-t-elle en lançant un appel à chacun pour un dépistage volontaire du Vih. «Connaître son statut sérologique à temps, c'est savoir comment vivre», dit Philomène.
Soulignant le caractère important de cette journée, l'administrateur délégué de la Bralima, Hans Van Mameren, a, pour sa part, sensibilisé ses collaborateurs sur la lutte à mener contre cette pandémie. Il a ensuite épinglé les avancées de la science dans la lutte contre le Vih/Sida qui ont permis, a-t-il dit, la mise au point des médicaments destinés, jusque-là, à prolonger la vie des personnes vivant avec cette maladie.
Parlant de certains travailleurs de l'entreprise qui sont séropositifs, il a réaffirmé l'obligation pour la Bralima de ne pas leur tourner le dos - rejoignant ainsi le thème de la journée mondiale 2005 (Stop Sida. Ne tournez pas le dos au Sida. Tenez la promesse) - de les embrasser et de les encadrer jusqu'à leur retraite. «Mais, les travailleurs doivent, à leur tour, faire leur promesse, c'est-à-dire faire le dépistage volontaire du Vih, ne pas faire de discrimination envers leurs collègues et de parler du Vih/Sida à leurs enfants sans tabou», a-t-il recommandé.
C'est dans ce cadre qu'il a rappelé que l'entreprise a mis sur pied un programme de prévention contre le Sida jugé, selon lui, prometteur. Il a rappelé que depuis deux ans, l'entreprise n'a enregistré aucun cas de décès dû au Sida. «C'est encourageant !», s'est-il exclamé, encourageant ainsi les cadres qui traînent les pieds à emboîter le pas aux subalternes, plus nombreux au dépistage volontaire.
Enfin, l'administrateur délégué a révélé que son entreprise est pionnière en Rd Congo dans la lutte contre le Vih/Sida en milieu du travail et ce, grâce à l'application de son programme de soutien en matière de prévention et de santé. Selon lui, ce programme vise notamment à informer et éduquer, augmenter la disponibilité des préservatifs, la prévention et la gestion des maladies sexuellement transmissibles (Mst), offrir la possibilité de dépistage du Vih sur base volontaire, prévenir la transmission verticale du Vih de la mère à l'enfant. Cinq stands ont été érigés au cercle sportif à l'occasion de cette journée, couvrant chacun les activités contenues dans ce programme.
Une pièce de théâtre jouée par «Les Toges Noires» a clôturé cette journée. Une pièce qui donne du reste matière à réflexion, car elle tourne autour d'un procès opposant l'humanité au Sida. Un procès qui se déroule devant «Le tribunal du peuple».
Une journée analogue a été organisée le samedi 3 décembre dernier à l'intention des enfants des travailleurs avec à la clef la sensibilisation sur la lutte contre le Vih/Sida. A la différence du message livré à leurs parents, celui leur destiné était différent et tenait compte de leur âge.

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