Le Messager (Douala)

Cameroun: Université : la violence se poursuit à Yaoundé I

7 Décembre 2005


Des arrestations et affrontements se poursuivent. Le mouvement estudiantin appelle les cop's aux manifestations pacifiques

Depuis le 30 novembre dernier, des actes de violence sont perpétrés sur des étudiants au campus de l'Université de Yaoundé I. Avec pour conséquences l'arrestation jusqu'à ce jour des responsables de l'Association de défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec) parmi lesquels Mouafo Djontu, le président de ce mouvement, Linjuom Mbowou, le vice président et d'autres étudiants, " sans que ne leur soit formellement notifié un quelconque acte d'accusation ", comme le mentionne l'Addec qui interpelle " les avocats, les défenseurs des droits de l'homme sur les violations scandaleuses des libertés universitaires au campus de Yaoundé I autorisées par l'ex recteur de Buea madame Njeuma. "

Hier, de nouveaux affrontements ont eu lieu entre les milices postées en embuscade au campus et les membres de l'Addec. Ces derniers se sont rendus à l'Université pour distribuer et afficher des tracts aux autres étudiants avant de se faire molester. Suite à ces manifestations, ce mouvement estudiantin, décriant ces faits, prescrit la non violence. Dans une déclaration commise hier, l'Addec écrit : " Le conseil exécutif national de l'Addec rappelle que ses dispositions statutaires, article 6 alinéa 1 prévoient : l'observance de la non violence comme principe de mobilisation et d'action et de valorisation de la participation de masse à toutes les initiatives de formation, de sensibilisation et de prise de décision ". Selon l'Addec, " les violences observées depuis le 30 novembre 2005 sur le campus de Yaoundé I ne sauraient être le fait de son mode opératoire ". Le recours aux milices quant à lui étant qualifié d'acte de révolte " de la conscience universitaire et de déconstruction de toute forme de dialogue ". Cette association invite les autorités de l'université, la tutelle et le chef du gouvernement au " dialogue franc et sincère devant aboutir à des solutions viables et définitives pour la reprise des activités académiques ".

L'Addec espère que les intellectuels, enseignants et la communauté universitaire dénonceront les violences au sein du campus, ces actes étant " des crimes et une véritable profanation du lieu sacré de la science et la critique qu'est l'institution universitaire ". La déclaration sus évoquée relève que la crise actuelle procède du non respect des accords du 7 mai dernier entre le Minesup et l'Addec, d'où l'altération de la confiance entre les étudiants et les autorités universitaires. En attendant que les dirigeants de l'Université reviennent à des sentiments pacifiques, " l'Addec maintient son mot d'ordre d'arrêt des cours sur les campus " jusqu'au rétablissement des conditions d'études saines et après des clarifications sur l'état des leaders arrêtés depuis quelques jours. Car, selon ce mouvement estudiantin, " aucun apaisement ne sera possible en marge d'une consultation consensuelle alors même que sont détenus et inaccessibles les légitimes représentants d'étudiants ".

Par Christian LANG

Le 07-12-2005

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