Par Joseph Flavien KANKEU
8 Décembre 2005
Du matériel de dépistage a été distribué à l'issue du premier congrès panafricain sur l'hypertension, afin que des actions concrètes soient menées sur le terrain.
Les lampions se sont éteints le 5 décembre dernier au Djeuga hôtel de Yaoundé sur le premier congrès panafricain consacré à l'hypertension en Afrique. Cette rencontre organisée par l'international Forum for Hypertension control and prevention in Africa (Ifha), en partenariat avec les universités africaines, la Fédération mondiale du coeur (Whf) et la ligue mondiale contre l'hypertension a permis de mettre sur pied des stratégies permettant aux spécialistes d'être plus efficaces sur le terrain. Par la même occasion, de nombreux Camerounais se sont livrés au jeu du dépistage gratuit de l'hypertension artérielle, ce mal dont les principaux symptômes sont les maux de tête, les bourdonnements d'oreilles, les troubles visuels, les palpitations, l'essoufflement aux petits efforts, les insomnies Autrefois considérée comme la maladie des seules personnes aisées, l'hypertension frappe aujourd'hui plus de trente millions de personnes en Afrique, avec plus de 20 % au Cameroun. Des chiffres qui ont encouragé un groupe de spécialistes de la santé à créer en 2003 un regroupement panafricain ayant pour principale ambition de coordonner l'ensemble des efforts visant à faire reculer l'hypertension dans ce continent considéré comme le plus pauvre de la planète.
Mme Helen Alderson, la directrice du développement de la Fédération mondiale du coeur, une organisation dont l'objectif est la prévention et le contrôle des maladies cardiovasculaires avec une attention particulière portée sur les pays émergents et les pays en voie de développement étaient présents aux travaux de Yaoundé. Cette fédération se déploie sur le terrain à travers ses membres qui sont répartis dans deux réseaux sur le continent. Un premier réseau qui regroupe toutes les sociétés de cardiologie en Afrique, et un second réunissant toutes les fondations de coeur dans le même continent. " Nous travaillons avec eux pour essayer de développer les capacités locales afin de mener à bien des progrès au niveau de la prévention, et de la sensibilisation des gouvernements à mettre en place des actions contre le tabagisme. Lorsqu'on est membre d'une fondation, on reçoit des informations sur les questions de santé publique. On peut également participer aux actions de coeur entreprises à travers le pays. Des conseils pratiques sont également donnés aux membres. Il faut par exemple consommer beaucoup de fruits et de légume, éviter les aliments gras, faire des exercices physiques au moins trente minutes chaque jour et réduire la quantité de sel ", a expliqué Helen Alderson à l'issue de la rencontre. Des dispositions ont été prises à travers un paquet minimum offert aux participants, pour que dès le retour au bercail, les médecins africains initient un programme national de lutte et de sensibilisation contre l'hypertension. " Ce paquet minimum, indique Dr. Daniel Lemougoum le président exécutif du comité d'organisation du congrès, comporte un tensiomètre, un mètre ruban, un pèse personne, puisqu'il est important de connaître le poids pour faire les évaluations et un glucomètre pour évaluer le taux de la glycémie dans le sang. Nous avons expliqué aux médecins comment les utiliser en cas d'absence d'un spécialiste ".
Ce congrès aura aussi permis aux spécialistes de la cardiologie de montrer que le traitement de l'hypertension n'est pas la chasse gardée des seuls spécialistes. " Dans les pays développés, ce sont les médecins généralistes qui dépistent l'hypertension et la traitent. Nous avons pour faciliter la tâche aux infirmiers, produit trois types de documents dont un est adapté aux médecins généralistes le deuxième aux infirmiers, simple à comprendre et le troisième aux spécialistes ", ajoute le Dr. Lemougoum Daniel. Depuis le 6 décembre, et ce jusqu'au 9, un cours pratique sera dispensé à l'intention des infirmiers appelés à former leurs collègues dans les hôpitaux. Ils pourront ainsi encourager les uns et les autres à faire le dépistage de l'hypertension. Ainsi, lors du prochain congrès prévu à Abuja au Nigeria en 2007, une évaluation sera faite sur les actions menées entre temps.
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