Dorine Ekwè
9 Décembre 2005
Accusés par leurs membres de ne s'intéresser qu'aux bénéfices générés par les badges, les présidents de syndicats déroulent leurs plans d'action.
A bord de son taxi, David Zanga Mvondo est plutôt aimable et affable. A chacun des clients qu'il embarque entre le carrefour Abbia et l'université de Yaoundé, il trouve le mot juste pour faire sourire. Un sourire que, malheureusement, il perd dès qu'on ose lui parler de la situation des chauffeurs de taxi dans la ville de Yaoundé et à travers le Cameroun. Pour le jeune homme en effet, "Tous ces responsables de syndicats ne sont pas conséquents. Tout ce qu'ils savent faire, c'est se faire de l'argent. Dans les problèmes concrets des membres de leurs syndicats respectifs, on ne les voit pas. Pour la visite technique dernièrement, nous sommes passés de 2000 Fcfa à, 4.900Fcfa et personne n'a réagi."
Des déclarations qui irritent fortement Patrice Samen, le président du Syndicat national des chauffeurs du transport urbain et inter-urbain du Cameroun (Synactuicam) par ailleurs président du regroupement des syndicats des transports terrestres du Cameroun. "C'est choquant d'entendre de pareilles déclarations. Nous sommes des personnes responsables et nous savons ce que nous voulons. Il y a des gens qui viennent vers nous uniquement pour se faire établir des badges. Le reste ne les intéresse pas. Ce sont eux qui peuvent se retrouver face à pareille situation. Quand ils ont confrontés à des problèmes ensuite, ils ne savent pas vers qui se tourner." Il poursuit :"d'ailleurs, la confection des badges n'est pas notre unique activité. En fait, on peut considérer cet aspect là comme un marché que nous avons gagné puisque de toute façon, nous les confectionnons et allons les remettra au ministère des transports qui doit les homologuer."
Pour illustrer les actions entreprises par leurs syndicats respectifs, le secrétaire général du Synactuicam précise : "mercredi, 7 décembre dernier, c'est grâce à la diligence des présidents de syndicats qu'un mouvement a été évité de justesse. Des taximen, membres de notre syndicat et d'autres, se sont faits interpellés par la police qui leur demandait des licences d'exploitation que ne réclament que les contrôleurs du ministère des Finances. Les gars étaient prêts à bloquer le transport. Heureusement, ils ont contacté leurs syndicats respectifs et c'est comme cela que nous avons pu joindre les responsables de la police qui ont rappelé leurs éléments à l'ordre." Ainsi donc, pour les responsables syndicaux leur action va au-delà des revendications qui ont souvent cours ici et là. Pour exemple, ils évoquent la campagne de lutte contre les agressions et le transport clandestins qui devrait débuter dans les jours prochains.
"Les syndicalistes ne font pas de la revendication juste pour la faire. A chaque fois que nous avons fait des grèves que ce soit en 2000 ou en octobre dernier, c'était pour l'amélioration des conditions de travail des taximen", confie le président du Sn-Chautac, Tchoumi Colince. Par ailleurs, l'élaboration de la convention collective des taximen est également évoquée avec fierté par les responsables syndicaux. D'après ceux-ci en effet, " lorsque nous l'aurons harmonisée selon les recommandations des autorités présentent à la concertation, et qu'elle aura été adoptée, les chauffeurs qui disent qu'on ne fait rien pour eux verront bien qu'ils se trompent. Notre combat n'est pas personnel, il est collectif." Ceci, malgré le grand nombre de syndicats actuellement présents sur le terrain.
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