70% des hospitalisations en Algérie dues aux maladies cardio-vasculaires
Les maladies cardio-vasculaires sont aujourd'hui la première cause de mortalité dans le monde. L'Algérie n'est pas à l'abri de cette maladie.
Les chiffres en témoignent. L'infarctus du myocarde et l'hypertension artérielle (HTA) constituent 70% des hospitalisations dans les structures de cardiologie à l'échelle nationale. C'est ce qui a été révélé, hier, par des cardiologues au 9ème congrès international de cardiologie. «Ces deux maladies constituent le premier motif d'hospitalisation en Algérie, d'où l'impératif d'une stratégie préventive qui réduira le coût de la prise en charge très coûteuse aussi bien pour le patient que pour le Trésor public», soulignent les spécialistes réunis lors de ce congrès. Les maladies cardio-vasculaires sont des affections polyfactorielles, où l'environnement, les habitudes alimentaires et l'hygiène de vie jouent un rôle important en tant que facteurs de risque. Les maladies cardio-vasculaires sont, en fait, provoquées par le rétrécissement des vaisseaux sanguins. Le rétrécissement des artères coronaires (les artères qui forment une couronne autour du coeur) diminue le flux sanguin qui irrigue le coeur, et entraîne principalement une douleur dans la poitrine au cours d'un effort. Lorsque l'un ou plusieurs de ces vaisseaux se bouchent, la circulation sanguine est interrompue vers une partie du coeur, qui sera alors endommagée. On parle dans ce cas d'un infarctus.
Les spécialistes évoquent parmi les facteurs qui peuvent influencer l'apparition des maladies cardio-vasculaires, l'alimentation, le tabac et un manque d'activité physique.
C'est pourquoi, les cardiologues insistent sur une alimentation équilibrée, riche en légumes et fruits plutôt qu'en matières grasses et sucre, pour prévenir le HTA. La pratique de l'exercice physique est particulièrement préconisée par les cardiologues. Abondant dans ce sens, le Professeur Adghar Djamila, conseille la pratique de la marche, au moins une fois par semaine, et l'application de la règle dite de «trois»: 30 minutes d'activité physique trois fois par semaine. La prévention doit être «individuelle et globale et ne peut se concevoir sans une évaluation épidémiologique précise et objective devant aboutir à une stratégie nationale planifiée et durable», fait savoir le Pr Djamel Eddine Nibouche. Face à cette maladie et dans le but de mieux situer la place des affections cardio-vasculaires en Algérie, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, a mené une enquête nationale pour évaluer l'ampleur des maladies cardio-vasculaires chez les Algériens. L'enquête dévoile que dans les services des urgences, l'hypertension est la pathologie qui figure en tête avec un taux de 63,6%, suivie dans un moindre degré par l'infarctus du myocarde avec 39,6% et les accidents vasculaires cérébraux avec 2,7%.
Les autres pathologies cardio-vasculaires sont plus rares et correspondent à l'insuffisance cardiaque avec un taux de 2,6%. La région du centre du pays enregistre le taux le plus important du nombre des malades. Ils sont 34,4% dans le Centre, 25,3% à l'Est, 28,8% à l'Ouest et 11,4% au Sud. La majorité des malades utilisent leur propre moyen de transport pour se rendre aux urgences, seuls 4% ont été transportés par le SAMUet 2% par les ambulances.

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