Sihem Bounabi
15 Décembre 2005
Les master-class enrichissent le répertoire des étudiants
La direction de l'Institut supérieur de musique (ISM) d'Alger oeuvre de plus en plus à établir des contacts en vue de tisser des relations et nouer des liens avec les artistes étrangers de renom afin de faire bénéficier les élèves d'un enseignement qui leur permettrait d'élargir leurs connaissances grâce aux échanges culturels. C'est dans cet esprit que, récemment, les percussionnistes Michel Seba de Walonnie-Bruxelles et Moustapha Faye du Sénégal ont animé, en compagnie des membres du groupe Gaada Diwan de Béchar, des rencontres, durant trois jours, avec les étudiants de l'ISM. Ces rencontres se sont clôturées par la participation, sur scène, de six étudiants au spectacle du groupe et des deux percussionnistes étrangers organisé par la délégation de la Commission européenne en Algérie à la salle Ibn Zeydoun.
Mokrane Seti, directrice de l'ISM, explique que «c'est lors du déroulement du festival culturel de l'Union européenne en Algérie que des contacts sont établis avec les différents artistes qui viennent se produire dans notre pays. La direction de l'Institut profite de cette présence pour les inviter à animer des master-class pour les élèves de l'ISM». Elle souligne que «les artistes acceptent spontanément et avec beaucoup de sympathie l'invitation.
C'est bénévolement qu'ils viennent faire bénéficier de leurs connaissances les étudiants. Les rencontres se passent dans une ambiance très chaleureuse».
Concernant l'apport et l'impact de ces rencontres, elle déclare que, en termes d'enseignement, «c'est un apport considérable pour les étudiants. En plus, cela leur permet également d'évaluer et de situer leur niveau par rapport à celui de professionnels. Après un petit concert, des cours pratiques sont donnés. Souvent, il en résulte que des étudiants montent sur scène pour se produire avec les musiciens
professionnels» avec lesquels ils avaient travaillé, comme ce fut le cas avec Gaada Diwan de Béchar. C'est ainsi que des étudiants ont pu monter sur scène lors du passage du talentueux pianiste canadien, Alain Lefèvre, au mois de mai dernier en Algérie. L'artiste avait animé des cours à Alger et à Oran. Durant son concert à Alger, il a tenu à faire jouer deux jeunes musiciens, un pianiste oranais et un violoncelliste algérois, remarqués pendant les classes de maître organisées dans les conservatoires des deux villes.
La directrice a précisé qu'au-delà du mois du Festival culturel européen, d'autres échanges sont établis tout au long de l'année. A titre d'exemple, au moins d'octobre dernier, en partenariat avec la Wallonie-Bruxelle, les étudiants ont assisté à des master-class avec un groupe de musiciens de jazz venus animer un concert en hommage à Jacques Brel. Il y a eu également la rencontre avec le guitariste français Pierre Laniau qui s'était produit pour la première fois en Algérie au cours de ce même mois. C'est en partenariat avec le Centre culturel français et l'ambassade de France qu'un grand nombre d'étudiants ont participé à des classes animées par le virtuose et l'ont même accompagné lors de son concert.
La directrice cite également d'autres partenariats tels que ceux avec la musicienne indienne Sumitra Guha qui a dirigé des cours de maîtrise de ghandarva veda, l'une des formes de musique érudite les plus anciennes au monde et qui puise son inspiration dans la tradition védique indienne.
D'un point de vue pédagogique, Radjai Tahar, sous-directeur des affaires pédagogiques de l'ISM, explique le concept des master-class comme étant «des cours qui sont donnés, par des professeurs ou des artistes étrangers confirmés dans leurs domaines musicaux, sous forme de conférences, souvent accompagnées d'une séance de travaux pratique». Il ajoute que «les rencontres se déroulent dans une grande salle, et tous les étudiants sont invités à y assister. Ils participent activement par des questions ou par des applications. Ainsi, un véritable dialogue s'installe. Souvent, il en résulte une fusion, fruit de l'expérience partagée avec les étudiants. C'est cela aussi un master-class, c'est une expérience enrichissante pour les étudiants de l'institut mais aussi pour les artistes étrangers».
Concernant les autres formes de partenariat, le responsable pédagogique souligne qu'il y a deux années, des étudiants ont bénéficié de bourses d'études en Chine et en Tchécoslovaquie.
Il est à noter que les bourses à l'étranger sont offertes par des pays donateurs. Elles sont proposées au ministère des Affaires étrangères. Ce dernier informe le ministère de la Culture qui transmet à la direction de l'ISM. L'institut se chargera, quant à lui, de sélectionner les élèves devant bénéficier de ces bourses.
En ce qui concerne les futurs master-class qui se dérouleront au sein de l'ISM, d'autres projets sont en cours de réalisation afin d'élargir au maximum les contacts pour que les élèves puissent avoir une plus ample connaissance du répertoire musical universel.
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